‘Ubayd ibn ‘Umayr (1) a dit : « Al-Husayn ibn ‘Alî a accompli vingt-cinq pèlerinages à pied, tandis que ses montures étaient menées devant lui. »
Abû Nu‘aym al-Fadl ibn Dukayn nous a rapporté – Hafs ibn Ghayyâth nous a rapporté d’après Ja‘far ibn Muhammad, d’après son père – que « Al-Husayn ibn ‘Alî a fait le pèlerinage à pied et que ses montures étaient guidées derrière lui. »
L’avis correct est toutefois que cela concerne plutôt son frère, Al-Hasan, ainsi que l’a mentionné Al-Bukhârî (2).
Al-Madâ’inî a relaté qu’il survint un différend entre Al-Hasan et Al-Husayn, au point qu’ils cessèrent de se parler. Quelque temps plus tard, Al-Hasan vint trouver Al-Husayn, se pencha sur sa tête et l’embrassa. Alors Al-Husayn se leva et fit de même, en disant : « Ce qui m’a empêché de prendre les devants à ton égard, c’est que je te considère plus méritant que moi ; je répugnais à te disputer un honneur que tu es plus en droit de revendiquer que moi. »
Al-A sma‘î a rapporté, d’après Ibn ‘Awn, qu’Al-Hasan avait écrit à Al-Husayn pour lui reprocher ses largesses envers les poètes. Al-Husayn répondit : « Le plus louable des biens est celui qui préserve l’honneur. »
At-Tabarânî a de son côté rapporté que Abû Hanîfa Muhammad ibn Hanîfa al-Wâsitî nous a transmis, qui le tenait de Yazîd ibn al-Barâ’ ibn ‘Amr ibn al-Barâ’ al-Ghanawî, qui le tenait de Sulaymân ibn al-Haytham, l’anecdote suivante : « Al-Husayn ibn ‘Alî tournait autour de la Ka‘ba. Lorsqu’il voulut toucher la Pierre (3), les gens s’écartèrent pour lui laisser la place. Quelqu’un demanda alors : “Ô Abû Frâs, qui est cet homme ?” Al-Farazdaq répondit :
“Voici celui dont la plaine de la Mecque reconnaît la foulée,
Et la Maison sacrée, le lieu autorisé et le Sanctuaire, le connaissent.
C’est le fils du meilleur de tous les serviteurs de Dieu,
C’est l’homme pieux, pur, le noble étendard.
On dirait que, reconnaissant sa paume, l’angle du Hatîm le retient
Quand il se présente pour l’embrasser.
Lorsque Quraysh le voit, on dit : ‘C’est chez lui que la munificence atteint son sommet.’
Il baisse les yeux par modestie, et l’on s’incline devant sa majesté :
On ne lui adresse la parole que lorsqu’il sourit.
Dans sa main, un bâton de roseau, qui exhale un parfum suave,
Tenue par un brave, à la noble arête du nez.
Sa lignée est issue du Messager de Dieu,
Ses éléments, son caractère et ses vertus sont purs.
Jamais un homme généreux n’atteindra son envergure,
Ni un peuple, fût-il noble, ne pourra l’égaler.
Quiconque connaît Dieu connaît l’antériorité de cet homme :
C’est de sa famille que les nations ont reçu la religion.
Quelle tribu existe-t-il dont les cous ne se soient inclinés
Devant la primauté de ce personnage, ou ne lui soient redevables ?”»