Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et en supposant qu’un groupe d’ignorants ait fait une interprétation erronée à son égard et l’ait tué, alors qu’ils n’auraient pas dû le faire, ils devaient plutôt accéder à ce qu’il demandait au sujet de ces trois choses précédemment mentionnées. Lorsque l’on blâme un groupe de tyrans, cela ne signifie pas que l’ensemble de la communauté soit décrié ni accusé à propos de son Prophète ﷺ. Il n’en est pas comme ils l’ont prétendu ni comme ils l’ont entrepris. Au contraire, la plupart des imams anciens et modernes ont désapprouvé ce qui est arrivé, à savoir son meurtre et celui de ses partisans, à l’exception d’une minorité réduite parmi les gens de Koufa – qu’Allah les enlaidisse – dont la plupart avaient écrit à Al-Husayn pour qu’il leur serve de moyen d’atteindre leurs intérêts et objectifs corrompus.

[Lorsque Ibn Ziyad l’apprit, il leur offrit ce qu’ils désiraient de ce bas monde, puis les y contraignit par la menace et la promesse de biens. Ils se détournèrent alors d’Al-Husayn, le délaissèrent, puis le tuèrent] (1). Or, tout ce groupe militaire n’était pas unanimement satisfait du meurtre qu’ils commirent, pas plus que Yazid ibn Mou‘awiya ne se réjouit en apparence de cette exécution – et Allah est plus savant. Il n’en montra ni regret ni désaveu formel. Pourtant, il est presque certain que si Yazid avait eu la possibilité de s’emparer de lui avant qu’il ne soit tué, il lui aurait pardonné, comme son père le lui recommanda et comme il l’a lui-même exprimé, en le déclarant ouvertement.

[D’ailleurs, il maudit Ibn Ziyad pour son acte et l’insulta publiquement, mais ne le démit pas pour autant de ses fonctions, ne le punit pas et n’envoya personne pour le réprimander. Allah est plus savant] (2).

Tout musulman se doit d’être peiné par son meurtre – qu’Allah l’agrée –, car il fait partie des nobles parmi les musulmans, compte au nombre des savants parmi les Compagnons, et c’est le fils de la fille du Messager d’Allah ﷺ, la meilleure de ses filles. De plus, Al-Husayn était un homme pieux, courageux et généreux. Cependant, il n’est pas juste de faire ce que certains affichent, entre autres signes de tristesse et lamentations, dont la plupart relèvent probablement de l’hypocrisie et de l’ostentation. Son père, qui était meilleur que lui, fut tué, mais on ne consacre pas le jour de sa mort en « cérémonie de deuil » comme ils le font pour le jour de la mort d’Al-Husayn. En effet, son père fut tué un vendredi, alors qu’il sortait pour prier l’aube, le dix-septième jour du mois de Ramadan de l’an quarante de l’Hégire.

De même, ‘Othmân – qui est considéré meilleur qu’Ali selon les gens de la Sunna et de la Communauté – fut tué alors qu’il se trouvait assiégé dans sa maison, durant les jours de Tashrîq du mois de Dhou l-Hijja, en l’an trente-six ; il fut égorgé d’une veine à l’autre sans que les gens n’instituent un jour de deuil pour sa mort. Il en va de même pour ‘Omar ibn al-Khattâb, supérieur à ‘Othmân et Ali, qui fut tué alors qu’il priait debout à l’aube, dans le mihrab, lisant le Coran ; les gens n’ont pas adopté un jour de deuil pour sa mort. Abou Bakr as-Siddîq était lui aussi meilleur qu’eux, et les gens n’ont pas non plus institué une journée de deuil pour le jour de sa disparition. Quant au Messager d’Allah ﷺ, le maître des fils d’Adam en ce monde et dans l’au-delà, Allah l’a rappelé à Lui, comme Il l’a fait pour les prophètes avant lui, et personne n’a instauré pour eux un « jour de deuil » où se pratiqueraient les mêmes actes que ceux de ces ignorants parmi les Râfidites, lors du martyre d’Al-Husayn.

Par ailleurs, personne n’a rapporté qu’il serait apparu au jour de leur mort, ou avant eux, quelque phénomène de ceux que ces gens prétendent être survenus le jour du meurtre d’Al-Husayn, tels que l’éclipse du soleil ou l’apparition de rougeurs dans le ciel, ou tout autre phénomène du même genre. La meilleure chose à dire lorsqu’on évoque de tels désastres, ou ce qui leur ressemble, est celle que rapporte Al-Husayn ibn ‘Ali (3) de son grand-père, le Messager d’Allah ﷺ, qui a dit : « Aucun musulman n’est affligé d’un malheur, puis s’en souvient – même longtemps après – et renouvelle sa résignation en disant : “Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons” sans que… »

(1) Entre deux parenthèses, il n'y a rien dans B. (2) Entre deux parenthèses, il n'y a rien dans B. (3) Dans A, il y a : « Ali ibn al-Husayn », ce qui est une erreur.
عليه. وبتقدير أن تكون طائفة من الجهلة قد تأوَّلوا عليه وقتلوه، ولم يكن لهم قتلُه، بل كان يجب عليهم إجابتُه إلى ما سأل من تلك الخصال الثلاث المتقدم ذكرُها. فإذا ذمت طائفة من الجبارين لم تذم الأمة بكمالها وتتهم على نبيها ﷺ ، فليس الأمر كما ذهبوا إليه، ولا كما سلكوه، بل أكثر الأئمة -قديمًا وحديثًا- كارهٌ لما وقع من قتله وقتل أصحابه، سوى شرذمةٍ قليلة من أهل الكوفة قبَّحهم اللَّه، وأكثرُهم كانوا قد كاتَبُوه ليتوصَّلوا به إلى أغراضهم ومقاصدهم الفاسدة. [فلما علم ابن زياد منهم بلَّغهم ما يريدون من الدنيا، وأخذهم على ذلك وحملَهم عليه بالرغبة والرهبة، فانكفوا عن الحسين وخذلوه ثم قتلوه] (١) . وليس كل ذلك الجيش كان راضيًا بما وقع من قتله، بل ولا يزيد بن معاوية رضي بذلك -واللَّه أعلم- ولا كرهه، والذي يكاد يغلب على الظن أنَّ يزيد لو قَدر عليه قبل أن يُقتل لعفا عنه كما أوصاه بذلك أبوه، وكما صرَّح هو به مُخبرًا عن نفسه بذلك. [وقد لَعَن ابن زياد على فعله ذلك وشتَمَه فيما يظهر ويبدو، ولكن لم يعزله على ذلك، ولا عاقبَه، ولا أرسل يَعيب عليه ذلك، واللَّه أعلم] (٢) . فكل مسلم ينبغي له أن يُحزنه قتلُه (رضي الله عنه) ، فإنه من سادات المسلمين وعلماء الصحابة، وابن بنت رسول اللَّه ﷺ التي هي أفضل بناته، وقد كان عابدًا وشجاعًا وسخيًا. ولكن لا يحسن ما يفعلُه هؤلاء من إظهار الجزع والحزن الذي لعل أكثره تصنُّع ورياء، وقد كان أبوه أفضل منه فقُتل، وهم لا يتَّخذون مقتلَه مأتمًا كيوم مقتل الحسين، فإنَّ أباه قُتل يوم الجمعة وهو خارج إلى صلاة الفجر في السابع عشر من رمضان سنة أربعين. وكذلك عثمان كان أفضل من علي عند أهل السُّنة والجماعة، وقد قُتل وهو محصور في داره في أيام التشريق من شهر ذي الحجة سنة ست وثلاثين، وقد ذُبح من الوريد إلى الوريد، ولم يتخذ الناس يوم قتله مأتمًا. وكذلك عمر بن الخطاب وهو أفضل من عثمان وعلي، قُتل وهو قائم يصلِّي في المحراب صلاة الفجر ويقرأ القرآن، ولم يتَّخذ الناس يوم قتله مأتمًا، وكذلك الصدِّيق كان أفضل منهم، ولم يتَّخذ الناس يوم وفاته مأتمًا. ورسول اللَّه ﷺ سيِّد ولد آدم في الدنيا والآخرة، وقد قبضه اللَّه إليه كما مات الأنبياء قبلَه، ولم يتَّخذ أحد يوم موتهم مأتمًا يفعلون فيه ما يفعله هؤلاء الجهلة من الرافضة يوم مصرع الحسين. ولا ذكر أحدٌ أنه ظهر يوم موتهم وقبلهم شيء مما ادعاه هؤلاء يوم مقتل الحسين من الأمور المتقدمة مثل: كسوف الشمس، والحمرة التي تطلع في السماء، وغير ذلك. وأحسن ما يقال عند ذكر هذه المصائب وأمثالها ما رواه الحسين بن علي (٣) عن جدِّه رسول اللَّه ﷺ أنه قال: "ما مِنْ مسلمٍ يُصابُ بمصيبةٍ فيتذكَّرُها -وإن تقادم عهدُها- فيُحْدث لها استرجاعًا إلَّا
(١) ما بين حاصرتين ليس في ب. (٢) ما بين حاصرتين ليس في ب. (٣) في أ، ط: علي بن الحسين وهو خطأ.

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