Il est rapporté que ceux qui l’avaient tué revinrent et passèrent la nuit à boire du vin, tout en gardant sa tête auprès d’eux. Alors, un calame en fer surgit et traça sur le mur, avec du sang, ce vers :
« Une nation qui a tué Ḥusayn peut-elle espérer l’intercession de son grand-père le Jour du Jugement ? »
(1)
L’imam Aḥmad a dit : « ʿAbd ar-Raḥmān et ʿAffān nous ont rapporté, tous deux ayant reçu d’Hammād ibn Salama, lui-même rapportant de ʿAmmār ibn Abī ʿAmmār, d’après Ibn ʿAbbās qui a déclaré :
“J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) en rêve à la moitié de la journée, échevelé et couvert de poussière, tenant une fiole remplie de sang. Je lui ai dit : ‘Que ma mère et mon père te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu, qu’est-ce donc ?’ Il répondit : ‘C’est le sang de Ḥusayn et de ses compagnons ; je n’ai cessé de le recueillir depuis ce matin.’” ʿAmmār poursuit : “Nous avons calculé ce jour-là et constaté qu’il avait effectivement été tué ce jour même.””
Ce récit est propre à Aḥmad (3), et sa chaîne de transmission est solide.
Ibn Abī ad-Dunyā a dit : « ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Hāniʾ Abū ʿAbd ar-Raḥmān an-Naḥwī nous a rapporté, qui tenait lui-même de Maʿdī (4) ibn Sulaymān, qui le tenait dʿAlī ibn Zayd ibn Judʿān : Ibn ʿAbbās se réveilla de son sommeil et prononça la formule d’istirjāʿ (rappelant qu’on revient à Dieu), en disant : ‘Par Dieu, Ḥusayn a été tué.’ Ceux qui étaient à ses côtés lui demandèrent : ‘Pourquoi dis-tu cela, ô Ibn ʿAbbās ?’ Il répondit :
‘J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) tenant une bouteille remplie de sang. Il m’a dit : “Sais-tu ce que ma communauté a fait après moi ? Ils ont tué mon fils Ḥusayn, et voici son sang et celui de ses compagnons que j’élève vers Dieu.”’ On nota soigneusement le jour où il avait parlé ainsi et l’heure précise ; vingt-quatre jours à peine s’étaient écoulés que la nouvelle parvint à Médine, annonçant qu’il était effectivement tombé ce même jour, à cette même heure.
At-Tirmidhī (5) rapporta également, via Abū Saʿīd al-Ashajj, d’Abū Khālid al-Aḥmar, d’après Razīn, d’après Salmā, qui a dit : « Je suis entrée auprès de Umm Salama alors qu’elle pleurait. Je lui ai demandé : ‘Qu’est-ce qui te fait pleurer ?’ Elle répondit : ‘J’ai vu, en rêve, le Messager de Dieu (ﷺ) la tête et la barbe couvertes de poussière. Je lui ai dit : “Que t’arrive-t-il, ô Messager de Dieu ?” Et il m’a répondu : “Je viens d’assister au meurtre de Ḥusayn, à l’instant.”’ »
Muḥammad ibn Saʿd (6) a dit : « Muḥammad ibn ʿAbd Allāh al-Anṣārī nous a raconté, qui tenait de Qurrat ibn Khālid, lequel a informé qu’il avait entendu ʿĀmir ibn ʿAbd al-Wāḥid relater, d’après Shahr ibn Ḥawshab :
‘Nous nous trouvions auprès d’Umm Salama, l’épouse du Prophète (ﷺ), et nous avons entendu une personne pousser un grand cri. Cette personne s’approcha jusqu’à rejoindre Umm Salama et s’écria : “Ḥusayn a été tué !” Umm Salama s’exclama : “Ils ont donc osé ?! Que Dieu emplisse leurs tombes – ou leurs maisons – de feu !” Puis elle s’évanouit, et nous nous sommes levés.’ »