Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Quatre-vingts ans, voilà deux transmissions rapportées d’Al-Hasan. On a également dit : trente-cinq ans, d’après Qatâda. Quant à Muhammad ibn Ishâq, il rapporte qu’ils évoquaient une absence de dix-huit ans. Il ajoute que les Gens du Livre prétendent qu’il s’agit de quarante ans.

Le sens apparent du récit invite à estimer la durée de façon approximative. En effet, la femme l’a sollicité alors qu’il était un jeune homme de dix-sept ans, selon l’avis de plusieurs. Il refusa et se retrouva en prison quelques années, estimées à sept selon ‘Ikrima et d’autres. Il fut ensuite libéré, et vinrent alors les sept années d’abondance. Puis, lorsque survint la disette durant les sept années restantes, ses frères vinrent se ravitailler : la première année seuls, la deuxième année accompagnés de leur frère Benjamin, puis la troisième année, il se fit reconnaître d’eux et leur ordonna d’amener toute leur famille. Ils arrivèrent donc tous ensemble : « Lorsqu’ils entrèrent auprès de Yûsuf, il installa près de lui son père et sa mère » (Coran 12:99). Il se réunit avec ses parents en privé, à l’écart de ses frères, et dit : « Entrez en Égypte, si Dieu le veut, en toute sécurité » (Coran 12:99).

On rapporte qu’il s’agirait d’une formulation inversée, dont le sens est : « Entrez en Égypte » et il rapprocha de lui ses parents. Ibn Jarîr a jugé cette interprétation faible, et cela peut se comprendre. D’autres disent qu’il les accueillit d’abord dans une demeure de tentes, puis, quand ils approchèrent de la porte de l’Égypte, il leur dit : « Entrez en Égypte, si Dieu le veut, en toute sécurité », selon as-Suddî. D’aucuns estiment de surcroît que cette mise en contexte n’était même pas nécessaire et qu’en disant « Entrez », il impliquait « Habitez et demeurez-y en sécurité, si Dieu le veut », ce qui reste une explication valable et claire.

Selon les Gens du Livre, lorsque Ya‘qûb parvint dans la région de “Gâshar”, correspondant à la terre de “Belbéis”, Yûsuf sortit à sa rencontre. Ya‘qûb avait alors envoyé en avant son fils Juda pour annoncer son arrivée. Toujours selon eux, le roi mit à leur disposition la terre de “Gâshar” afin qu’ils y demeurent et y fassent paître leurs troupeaux.

Plusieurs exégètes rapportent que, lorsque le Prophète de Dieu Ya‘qûb (Israël) approcha, Yûsuf voulut sortir pour l’accueillir, accompagné du roi et de ses armées, en honneur pour Yûsuf et par déférence pour le Prophète de Dieu Israël. Ya‘qûb pria en faveur du roi, et Dieu dissipa pour les Égyptiens le reste des années de disette grâce à la bénédiction de sa venue. Dieu est plus savant.

Le nombre total des personnes venues avec Ya‘qûb — ses fils et leurs descendants — s’élevait, selon Abû Ishâq as-Sabi‘î, qui le tenait de Abû ‘Ubayda, lui-même le tenant d’Ibn Mas‘ûd, à soixante-trois. Mûsâ ibn ‘Ubayda rapporte, par Muhammad ibn Ka‘b et ‘Abd Allâh ibn Shaddâd, qu’ils étaient quatre-vingt-trois. Tandis qu’Abû Ishâq, selon Masrûq, évoque trois cent quatre-vingt-dix personnes. Ils ajoutent qu’ils sortirent ensuite d’Égypte avec Mûsâ, et dépassèrent alors six cent mille combattants.

Dans le texte des Gens du Livre, leur nombre était de soixante-dix âmes, et ils les ont nommément énumérées. Dieu — Exalté soit-Il — a dit : « Et il éleva ses père et mère sur le trône » (Coran 12:100). On a dit que la mère de Yûsuf était morte, selon l’avis des spécialistes de la Torah. Certains exégètes affirment que Dieu l’a ressuscitée. D’autres estiment qu’il s’agissait plutôt de sa tante Laylâ, laquelle occupe le rang de la mère. Ibn Jarîr et d’autres soutiennent, quant à eux, que l’apparence du texte coranique indique que sa mère était encore vivante à ce moment-là ; dès lors, il ne convient pas de s’appuyer sur la transmission des Gens du Livre lorsqu’elle la contredit. C’est une position solide, et Dieu sait mieux la vérité.

(1) Voir l’interprétation de Ṭabarī (7/302).
وثمانون سنة، وهما روايتان عن الحسن. وقيل: خمس وثلاثون سنة، قاله قتادة. وقال محمد بن إسحاق: ذكروا أنه غابَ عنه ثماني عشرة سنة. قال: وأهلُ الكتاب يزعمون أنه غاب عنه أربعين سنة. وظاهر سياق القصة يُرشد إلى تحديد المدة تقريبًا، فإن المرأة راودتْه وهو شابٌّ ابن سبع عشرة فيما قاله غير واحد، فامتنع فكان في السجن بضع سنين، وهي سبع عند عكرمة وغيره. ثم أُخرج فكانت سنواتُ الخِصْب السبع، ثم لما أمحل النَاسُ في السبع البواقي، جاء إخوتُه يمتارون في السنة الأولى وحدَهم، وفي الثانية ومعهم أخوه بنيامين، وفي الثالثة تعرَّف إليهم وأمرَهم بإحضار أهلهم أجمعين، فجاؤوا كلُّهم ﴿فَلَمَّا دَخَلُوا عَلَى يُوسُفَ آوَى إِلَيْهِ أَبَوَيْهِ﴾ اجتمع بهما خصوصًا وحدَهما دون إخوته ﴿وَقَالَ ادْخُلُوا مِصْرَ إِنْ شَاءَ اللَّهُ آمِنِينَ﴾ قيل هذا من المقدَّم والمؤخَّر، تقديرُه: ادخلوا مصرَ وآوى إليه أبويه. وضعفه ابن جرير، وهو معذور. قيل: تلقَّاهما وآواهما في منزل الخيام، ثم لما اقتربوا من باب مصر ﴿وَقَالَ ادْخُلُوا مِصْرَ إِنْ شَاءَ اللَّهُ آمِنِينَ﴾ قاله السُّدِّي. ولو قيل: إن الأمرَ لا يحتاجُ إلى هذا أيضًا، وإنه ضمَّن قوله ادخلوا معنى اسكنوا وأقيموا بها ﴿إِنْ شَاءَ اللَّهُ آمِنِينَ﴾ لكان صحيحًا مليحًا أيضًا. وعند أهل الكتاب: أن يعقوبَ لما وصلَ إلى أرض "جاشر" وهي أرض "بلبيس" خرج يوسف لتلقِّيه، وكان يعقوبُ قد بعثَ ابنه يهوذا بين يديه مُبشِّرًا بقدومه. وعندهم: أنَّ الملك أطلقَ لهم أرضَ "جاشر" يكونون فيها، ويقيمون بها بنعَمهم ومواشيهم. وقد ذكرَ جماعةٌ من المفسِّرين أنه لما أزفَ قدومُ نبيِّ الله يعقوب وهو إسرائيل، أرادَ يوسفُ أن يخرجَ لتلقِّيه، فركبَ معه الملكُ وجنودُه خدمةً ليوسف، وتعظيمًا لنبيِّ الله إسرائيل، وأنه دعا للملك، وأنَّ الله رفعَ عن أهل مصرَ بقيَّة سنيّ الجَدْب ببركة قدومه إليهم، فالله أعلم. وكان جملة منْ قدم مع يعقوب من بنيه وأولادهم، فيما قاله أبو إسحاق السبيعي عن أبي عبيدة عن ابن مسعود: ثلاثة وستين إنسانًا. وقال موسى بن عبيدة: عن محمد بن كعب، عن عبد الله بن شدَّاد، كانوا ثلاثة وثمانين إنسانًا. وقال أبو إسحاق، عن مسروق: دخلوا وهم ثلثمائة وتسعون إنسانًا. قالوا: وخرجوا مع موسى وهم أزيد من ستمئة ألف مقاتل. وفي نص أهل الكتاب: أنَّهم كانوا سبعين نفسًا، وسمَّوهم. قال الله تعالى: ﴿وَرَفَعَ أَبَوَيْهِ عَلَى الْعَرْشِ﴾ قيل: كانت أُمه قد ماتت، كما هو عند علماء التوراة. وقال بعض المفسرين: فأحياها الله تعالى. وقال آخرون: بل كانت خالتُه ليلى، والخالةُ بمنزل الأم. وقال ابن جرير (١) وآخرون: بل ظاهر القرآن يقتضي بقاء حياة أمِّه إلى يومئذ، فلا يُعوَّل على نقل أهل الكتاب فيما خالفَه، وهذا قوي، والله أعلم.
(١) انظر تفسير الطبري (٧/ ٣٠٢).

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