« J’ai tué l’homme qui avait la meilleure mère et le meilleur père parmi les gens… et le meilleur d’entre eux au regard de la généalogie. »
Il dit : « On l’envoya alors à Yazid ibn Mu‘awiya, et on déposa sa tête devant lui, alors qu’Abou Barza al-Aslami se trouvait auprès de lui. Yazid se mit à taper ses lèvres du bâton et déclama :
“Nous fendons des crânes d’hommes éminents pour nous…
Eux qui se montrèrent plus ingrats et plus injustes.”
Abou Barza lui dit : “Ôte ton bâton ! Par Dieu, j’ai maintes fois vu l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) poser ses lèvres sur celles (de cette tête) et les embrasser.” »
Il dit : « ‘Omar ibn Sa‘d envoya ensuite ses femmes et ses enfants à Ibn Ziyad. Il ne restait des gens de la famille de Hussein qu’un jeune garçon, malade et resté avec les femmes. Ibn Ziyad ordonna qu’on le tue. C’est alors que Zaynab se jeta sur lui en disant : “Par Dieu, vous ne le tuerez pas avant de me tuer moi-même !” Il fut ému et s’abstint de l’exécuter. »
Il dit : « Ibn Ziyad les envoya alors à Yazid, qui rassembla ceux qui se trouvaient auprès de lui parmi les gens de Syrie. Ils entrèrent auprès de lui et le félicitèrent pour cette victoire. Un homme parmi eux, rouge de visage et aux yeux bleus, remarqua une jeune servante des filles (du groupe) et s’écria : “Ô Commandeur des croyants ! Fais-moi don de celle-ci !”
Zaynab répondit : “Non ! Tu n’auras ni faveur, ni honneur, ni pour toi ni pour lui, tant que vous ne vous êtes pas écartés de la religion de Dieu.”
L’homme bleu-rouge répéta sa demande, alors Yazid lui dit : “Abstiens-toi de cela.” Puis, il (Yazid) les fit entrer auprès des siennes (de femmes), puis les envoya à Médine. Lorsque le convoi parvint à Médine, une femme de Banou ‘Abd al-Muttalib sortit à leur rencontre, la chevelure dénouée, posant sa manche sur sa tête, tout en pleurant et disant :
“Que répondrez-vous au Prophète s’il vous dit…
Qu’avez-vous fait, vous qui êtes les derniers de ma communauté ?
À ma descendance, à ma famille, après que je fus perdu…
Les voici prisonniers et tués, couverts de leur sang.
Serait-ce donc la récompense de mes conseils, pour que…
Vous laissiez ma parenté subir pareil traitement ?” (1)
Abou Mikhnaf a rapporté, d’après Soulayman ibn Abi Rachid, d’après ‘Abd al-Rahman ibn ‘Oubayd Abou al-Kanoud, que c’est la fille d’Aqil qui récita ces vers. De même, az-Zoubeir ibn Bakkar rapporte que Zaynab la Jeune, fille d’Aqil ibn Abi Talib, en est l’auteure lorsqu’elle s’adressa aux gens à l’arrivée de la famille de Hussein dans la ville du Prophète. Abou Bakr ibn al-Anbari transmet, par une chaîne de rapporteurs, que Zaynab bint ‘Ali ibn Abi Talib, fille de Fatima – épouse de ‘Abdallah ibn Ja‘far et mère de ses enfants – souleva la tenture de sa tente le jour de Karbala, quand Hussein fut tué, et prononça ces vers (2). Dieu sait mieux. »