Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Elles poussèrent alors de grands cris, et Zaynab se lamenta pour son frère al-Husayn et les siens en disant, tout en pleurant : « Ô Muhammad ! Ô Muhammad ! Que Dieu et les anges du Ciel prient sur toi. Voici al-Husayn étendu au grand air, enveloppé de son propre sang, avec les membres mutilés ! Ô Muhammad ! Tes filles sont captives, ta descendance est massacrée, et le vent souffle sa poussière sur elles ! » Il est dit : « Par Dieu, elle fit pleurer tout ennemi comme tout ami. » (1)

Qarra ibn Qays rapporta : « Lorsque les femmes passèrent devant les corps des morts, elles poussèrent des cris et se tapaient les joues. Je n’avais jamais vu chez des femmes un spectacle plus émouvant que celui que je vis ce jour-là. Par Dieu, elles étaient encore plus belles que des biches qui élèvent leurs petits. » Il mentionna le récit comme déjà rapporté.

Puis ils les firent partir de Karbala jusqu’à leur entrée dans Koufa. Ibn Ziyad les traita alors avec égard et leur accorda dépenses et habillements, entre autres.

On raconte que Zaynab, fille de Fâtima, se présenta vêtue de ses habits les plus simples, s’étant dissimulée, entourée de ses servantes. Lorsqu’elle entra auprès de ‘Ubayd Allâh ibn Ziyad, il demanda : « Qui est-ce ? » Elle ne lui parla pas. L’une de ses servantes répondit : « C’est Zaynab, la fille de Fâtima. » Il dit : « Louange à Dieu qui vous a exposés, qui vous a tués et qui a démenti vos prétentions. » Elle répliqua : « Au contraire, louange à Dieu qui nous a honorés par Muhammad et nous a purifiés d’une purification parfaite, contrairement à ce que tu dis. En effet, c’est le dévoyé qui s’expose et le menteur qui se trouve démenti. » Il demanda : « Comment as-tu trouvé ce que Dieu a fait à votre famille ? » Elle répondit : « Il était décrété qu’ils fussent tués, alors ils sont sortis vers leurs lieux de repos. Dieu te réunira avec eux, et ils plaideront contre toi devant Lui. » Ibn Ziyad se mit en colère et s’emporta. ‘Amr ibn Hurayth lui dit : « Qu’Allâh améliore la condition de l’émir ! Ce n’est qu’une femme : pourquoi donc prendre en compte ses propos ? On ne châtie pas une femme pour ses paroles, et on ne la blâme pas si elle se méprend. »

Abû Mikhnaf rapporta d’après al-Mujâlid ibn Sa‘îd qu’au moment où Ibn Ziyad vit ‘Alî ibn al-Husayn (Zayn al-‘Âbidîn), il dit à un de ses gardes : « Vois si ce jeune a atteint l’âge de puberté ; s’il en est ainsi, emmenez-le et tranchez-lui la tête. » Le garde écarta son vêtement et répondit : « Oui, il est majeur. » Ibn Ziyad s’écria : « Emmenez-le et exécutez-le ! » Alors ‘Alî ibn al-Husayn lui dit : « S’il existe une parenté entre toi et ces femmes, envoie plutôt un homme pour les protéger. » Ibn Ziyad répliqua : « Toi, approche ! » Puis il l’envoya avec elles.

Abû Mikhnaf raconta également, d’après Sulaymân ibn Abî Râshid, que Humayd ibn Muslim dit : « J’étais présent auprès d’Ibn Ziyad quand ‘Alî ibn al-Husayn fut amené devant lui. Ibn Ziyad lui demanda : “Quel est ton nom ?” Il répondit : “Je m’appelle ‘Alî ibn al-Husayn.” Ibn Ziyad dit alors : “Dieu n’a-t-Il pas tué un ‘Alî ibn al-Husayn ?” Le jeune homme garda le silence ; Ibn Ziyad lui redemanda pourquoi il ne répondait pas. Il dit : “J’avais un frère qui portait aussi le nom de ‘Alî ; les gens l’ont tué.” Ibn Ziyad répliqua : “Dieu l’a tué !” Il resta silencieux. Ibn Ziyad l’interrogea à nouveau : “Pourquoi ne réponds-tu pas ?” Il dit : “(Dieu reçoit les âmes au moment de leur mort) (az-Zumar : 42) et (Nulle âme ne saurait mourir qu’avec la permission de Dieu) (Âl ‘Imrân : 145).” L’autre s’écria : “Par Dieu ! Je te tiens pour un homme fait ! Voyez donc s’il est majeur.” Al-Murî ibn Mu‘âdh al-Ahmarî le découvrit et annonça : “Oui, il est majeur.” Ibn Ziyad déclara : “Tuez-le !” Alors ‘Alî ibn al-Husayn demanda : “Qui, dans ce cas, se chargera de ces femmes ?” Zaynab se cramponna à lui… »

(1) Taʾrīkh al-Ṭabarī, vol. 5, p. 456.
وصرخن، وندبت زينب أخاها الحسين وأهلَها فقالت وهي تبكي: يا محمداه! يا محمداه! صلى عليك اللَّه وملك السماء، هذا حسين بالعراء، مزمَّل بالدماء، مقطَّع الأعضاء، يا محمداه! وبناتك سبايا، وذريتك مقتَّلة، تَسْفي عليها الصَّبا! قال: فأبكت -واللَّه- كلَّ عدو وصديق (١) . قال قرَّة بن قيس: لما مرَّت النسوة بالقتلى صحنَ ولطمنَ خدودهنّ. قال: فما رأيت من منظر من نسو قطُّ أحسن من منظر رأيته منهن ذلك اليوم، واللَّه إنهنَّ لأحسن من مَهَا يَبْرين. وذكر الحديث كما تقدم. قال: ثم ساروا بهم من كربلاء حتى دخلوا الكوفة، فأكرمهم ابن زياد وأجرى عليهم النفقات والكساوى وغيرها. [قال: ودخلت زينب ابنة فاطمة في أرذل ثيابها قد تنكَّرت وحفَّت بها إماؤها، فلما دخلت على عبيد اللَّه بن زياد قال: من هذه؟ فلم تكلِّمه، فقال بعض إمائها: هذه زينب بنت فاطمة، فقال: الحمد للَّه الذي فضحكم وقتلكم وكذَّب أُحدوثتكم. فقالت: بل الحمد للَّه الذي اكرمنا بمحمد وطهَّرنا تطهيرًا، لا كما تقول، وإنما يفتضح الفاسق ويكذَّب الفاجر. قال: كيف رأيتِ صنع اللَّه بأهل بيتكم؟ فقالت: كُتب عليهم القتل، فبرزوا إلى مضاجعهم، وسيجمع اللَّه بينك وبينهم فيحاجُّونك إلى اللَّه. فغضب ابن زياد واستشاط، فقال له عمرو بن حُريث: أصلح اللَّه الأمير! إنما هي امرأة، وهل تؤاخذ المرأة بشيء من منطقها؟ إنها لا تؤاخذ بما تقول، ولا تُلام على خَطَل. وقال أبو مِخْنف: عن المجالد بن سعيد: إن ابن زياد لمّا نظر إلى علي بن الحسين (زين العابدين) قال لشرطي: انظر أأدرك هذا الغلام؟ فإن كان أدرك فانطلِقوا به فاضرِبوا عنقَه. فكشف إزاره عنه، فقال: نعم! فقال: اذهب به فاضرِب عنقه. فقال له علي بن الحسين: إن كان بينك وبين هؤلاء النسوة قرابة فابعث معهنَّ رجلًا يحافظ عليهن. فقال له ابن زياد: تعال أنت، فبعثه معهنّ. قال أبو مِخْنف: وأما سليمان بن أبي راشد، فحدّثني عن حُميد بن مسلم قال: إني لقائم عند ابن زياد حين عُرض عليه علي بن الحسين، فقال له: ما اسمُك؟ قال: أنا علي بن الحسين، قال: أولم يقتل اللَّهُ عليَّ بن الحسين؟ فسكت، فقال له ابن زياد: مالك لا تتكلَّم؟ قال: كان لي أخ يقال له عليٌّ أيضًا، قتله الناس. قال: إن اللَّه قتله، فسكت، فقال: مالك لا تتكلَّم؟ فقال: ﴿اللَّهُ يَتَوَفَّى الْأَنْفُسَ حِينَ مَوْتِهَا﴾ [الزمر: ٤٢] ﴿وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَنْ تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ﴾ [آل عمران: ١٤٥] قال: أنت واللَّه منهم، ويحك! انظروا هذا أَدرك؟ واللَّه إني لأحسبُه رجلًا، فكشف عنه مُري بن معاذ الأحمريّ، فقال: نعم قد أدرك، فقال: اقتُلْه، فقال علي بن الحسين: من يوكَّل بهذه النسوة؟ وتعلقتْ به زينب
(١) تاريخ الطبري (٥/ ٤٥٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies