Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’elle se frotta à Qubā’(1) de son encolure (2), le massacre s’intensifia parmi le clan de ‘Abd al-Achal.

Nous avons tué le double du nombre de vos notables, et nous avons redressé l’inclinaison de Badr, si bien qu’elle s’est équilibrée (3).

Mujāhid déclara : « Il a agi avec hypocrisie à ce sujet, par Dieu. Il ne resta plus personne dans son armée sans qu’il ne l’abandonne. » C’est-à-dire qu’il le blâma et le décria.

Par la suite, les savants ont divergé au sujet de la tête d’al-Husayn : Ibn Ziyād l’a-t-il envoyée en Syrie à Yazīd ou non ? Deux avis existent à ce propos. Le plus probable est qu’il la lui ait envoyée, et de nombreux récits l’attestent. Dieu seul sait.

Abū Mikhnaf a rapporté, d’après Abū Ḥamza al-Thumālī, d’après ‘Abd Allāh al-Thumālī, d’après al-Qāsim ibn Bukhayt, que lorsque la tête d’al-Husayn fut déposée devant Yazīd ibn Mu‘āwiya, celui-ci se mit à la toucher du bout d’un bâton qu’il tenait à la main, au niveau de ses dents. Puis il cita ces vers de Ḥuṣayn ibn al-Ḥumām al-Murrī :
« Nous fêlons les crânes d’hommes forts, qui pourtant étaient encore plus perfides et injustes envers nous. »

Abū Barza al-Aslamī s’exclama alors : « Par Dieu, voilà que ton bâton prend des libertés ! J’ai pourtant vu le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) embrasser ces mêmes lèvres. » Puis il poursuivit : « Sache que celui-ci (al-Husayn) viendra au Jour de la Résurrection, et Muhammad sera son intercesseur. Quant à toi, tu viendras et ton intercesseur sera Ibn Ziyād. » Ensuite il se leva et s’en alla (4).

Ibn Abī al-Dunyā en a également fait le récit, d’après Abū al-Walīd, d’après Khālid ibn Yazīd ibn Asad, d’après ‘Ammār al-Dahnī, d’après Ja‘far : « Lorsque la tête d’al-Husayn fut apportée devant Yazīd en présence d’Abū Barza, Yazīd se mit à la frapper avec un bâton, et Abū Barza lui dit : “Ôte ce bâton, car j’ai vu le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) embrasser cette bouche.” »

Selon un autre texte transmis par Ibn Abī al-Dunyā, lui-même rapporté par Salama (5) ibn Shabīb, d’après al-Ḥumaydī, d’après Sufyān, ce dernier dit : « J’ai entendu Sālim ibn Abī Ḥafṣa rapporter qu’al-Ḥasan (6) affirma : Lorsque la tête d’al-Husayn fut apportée, Yazīd la toucha de son bâton. » Sufyān déclara : « On m’apprit qu’al-Ḥasan récita ensuite ce vers :
“Sumayya compte aujourd’hui une descendance aussi innombrable que les cailloux,
  tandis que la fille du Messager de Dieu est privée de lignée.” »

Quant aux autres membres de sa famille, ses femmes et son foyer, ‘Umar ibn Sa‘d leur confia des gardiens pour les protéger et veiller sur eux. Puis on les fit monter sur des montures équipées de litières. Lorsqu’ils passèrent par le lieu du combat et virent al-Husayn et ses compagnons gisants à cet endroit, les femmes se mirent à pleurer.

(1) Dans la version : « bifnāʼ » (disparition). (2) Le terme « al-Ashal » a été modifié dans les sources en « al-Asl ». « Wa ʿAbd al-Ashal » : Banu ʿAbd al-Ashhal, une tribu des Aws. (3) Les vers sont d’Abd Allāh b. az-Zubʿarā, ils sont cités et commentés dans son dīwān (p. 42), extraits d’un poème qu’il récita le jour d’Uḥud en défi à Ḥassān ibn Thābit et aux Khawārij. (4) At-Tārīkh d’al-Ṭabarī (5/465). (5) Dans la version, le mot a été modifié en « Muslimah ». (6) Dans la version, le terme a été modifié en « al-Ḥuṣayn ».
حينَ حكَّتْ بقُبَاءٍ (١) بَرْكَها … واسْتحرَّ القتلُ في عبد الأَشَلْ (٢) قد قَتَلْنا الضِّعفَ من أشرافكم … وعَدَلْنا مَيْلَ بَدْرٍ فاعْتَدَلْ (٣) قال مجاهد: نافق فيها واللَّه، ما بقي في جيشه أحد إلّا تركه؛ أي: ذمَّه وعابه. وقد اختلف العلماء بعدها في رأس الحسين: هل سيَّره ابن زياد إلى الشام إلى يزيد أم لا؟ على قولين: الأظهر منهما أنه سيَّره إليه، وقد ورد في ذلك آثار كثيرة، فاللَّه أعلم. وقال أبو مِخْنف: عن أبي حمزة الثُّمالي، عن عبد اللَّه الثُّمالي، عن القاسم بن بُخَيت قال: لما وضِع رأس الحسين بين يدي يزيد بن معاوية جعل ينكتُ بقضيب كان في يده في ثغره، ثم قال: إنَّ هذا وإيانا كما قال الحُصَين بن الحُمام المري: نُفَلِّقُ هامًا منْ رجالٍ أعزَّةٍ … عَلَينا وهمْ كانوا أَعَقَّ وأَظْلَما فقال أبو بَرْزة الأسلمي: أما واللَّه لقد أخذ قضيبُك هذا مأخذًا، لقد رأيت رسول اللَّه ﷺ يَرْشُفُه، ثم قال: ألا إنَّ هذا سيجيء يوم القيامة وشفيعُه محمد، وتجيء وشفيعُك ابن زياد. ثم قام فولَّى (٤) . وقد رواه ابن أبي الدنيا، عن أبي الوليد، عن خالد بن يزيد بن أسد، عن عمّار الدهني، عن جعفر قال: لما وضع رأس الحسين بين يدي يزيد وعنده أبو بَرْزة وجعل ينكت بالقضيب، فقال له: "ارفع قضيبَك، فلقد رأيت رسول اللَّه ﷺ يلثمُه" . قال ابن أبي الدنيا: وحدّثني سلَمة (٥) بن شَبِيب، عن الحميدي، عن سفيان: سمعت سالم بن أبي حَفْصة قال: قال الحسن: لما جيء برأس الحسين جعل يزيد يطعن بالقضيب. قال سفيان: وأُخبرت أن الحسن (٦) كان ينشد على إثر هذا: سُميَّةُ أمسى نَسْلُها عدَدَ الحَصى … وبنتُ رسولِ اللَّهِ ليس لها نَسْلُ وأما بقية أهله ونساؤه وحرمه فإن عمر بن سعد وكَّلَ بهم من يحرسهم ويكلؤهم، ثم أركبوهم على الرواحل في الهوادج، فلما مروا بمكان المعركة ورأوا الحسين وأصحابه مطَّرحين هنالك بكت النساء
(١) في ط: بفناء. (٢) تحرفت الأشل في الأصول إلى: الأسل. "وعبد الأشل": بنو عبد الأشهل، من الأوس. (٣) الأبيات لعبد اللَّه بن الزبعرى، وهي مخرجة ومشروحة في ديوانه (ص ٤٢) من قصيدة قالها يوم أحد معرضًا بحسان ابن ثابت والخزرج. (٤) تاريخ الطبري (٥/ ٤٦٥). (٥) تحرف في ط، ب إلى: مسلمة. (٦) تحرف في ط إلى: الحصين.

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