Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les larmes coulaient sur sa barbe, et il détourna son visage d’elle. Plus personne n’osait s’avancer pour le tuer, jusqu’à ce que Chimr ibn Dhi l-Jawchan s’écrie : « Malheur à vous ! Qu’attendez-vous de cet homme ? Tuez-le, que vos mères vous soient en deuil ! » Alors des hommes se ruèrent de toutes parts sur al-Husayn. Zur‘ah ibn Charîk at-Tamîmî le frappa à l’épaule gauche, puis il reçut un autre coup sur l’omoplate, avant qu’ils ne s’éloignent de lui tandis qu’il chancelait et s’affaissait. Ensuite, Sinân ibn Anas an-Nakha‘î(1) s’approcha, le transperça de sa lance et il tomba. Il descendit alors, l’égorgea, lui trancha la tête, puis la remit à Khawli ibn Yazîd.

On rapporte également que celui qui le tua fut Chimr ibn Dhi l-Jawchan, ou un homme de Madhhij, ou encore ‘Umar ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs, mais cette dernière version n’est pas reconnue ; ‘Umar n’était que le commandant de la troupe qui tua al-Husayn. La première opinion est la plus répandue.

[Selon ‘Abd Allâh ibn ‘Ammâr] : « J’ai vu al-Husayn alors qu’ils étaient tous rassemblés contre lui. Il chargeait ceux qui se trouvaient à sa droite, si bien qu’ils se dispersaient(2) (et la même chose se produisait à sa gauche)(3). Par Dieu, je n’ai jamais vu de ma vie quelqu’un d’aussi peu soutenu — après que ses enfants et ses compagnons eurent été tués — plus ferme ni plus courageux que lui. Par Dieu, je n’ai jamais rencontré un homme comme lui avant ou après lui. » Il poursuivit : « Puis ‘Umar ibn Sa‘d s’approcha de lui, et Zaynab s’écria : “Ô ‘Umar ! Vas-tu laisser Abû ‘Abd Allâh se faire tuer sous tes yeux ?” ‘Umar se mit à pleurer et détourna son visage loin d’elle. »

Abû Mikhnaf a rapporté, selon as-Saq‘ab ibn Zuhayr, d’après Humayd ibn Muslim : « Al-Husayn chargeait les soldats en disant : “Vous encouragez-vous réellement les uns les autres à me tuer(5) ? Par Dieu, vous ne tuerez pas après moi un serviteur d’Allah dont la mort suscitera contre vous un plus grand courroux divin que la mienne. Par Dieu, j’espère qu’Allah m’honorera par votre humiliation, puis qu’Il se vengera de vous à votre insu. Et par Dieu, si vous me tuez, Il déchaînera Sa violence sur vous, fera couler votre sang, et ne s’en contentera pas : Il vous infligera un double châtiment douloureux.” »

Il ajouta : « Al-Husayn résista ainsi une bonne partie de la journée. Les gens auraient pu le tuer plus tôt s’ils l’avaient voulu, (mais chacun s’efforçait d’éviter de verser son sang directement, espérant que d’autres s’en chargeraient)(6) jusqu’à ce que Chimr ibn Dhi l-Jawchan s’écrie : “Qu’attendez-vous pour le tuer ?” C’est alors que Zur‘ah ibn Charîk at-Tamîmî s’avança vers lui et le frappa de son épée à l’épaule, puis Sinân ibn Anas ibn ‘Amr an-Nakha‘î l’atteignit de sa lance, mit pied à terre, lui trancha la tête et la remit à Khawli.(7) »

(1) Les manuscrits divergent concernant Sinnān ibn Anas, mais il est validé comme dans l'histoire de Ṭabarī (5/453), les combats des Ṭālibiyya (p. 79) et Ibn al-Athīr (4/78). (2) « Ibdaʿarū » : ils se dispersèrent. Dans l'édition imprimée, c'est « Andhaʿarū » qui apparaît. (3) Ce qui est entre parenthèses ne figure pas dans l'édition imprimée. (4) « al-Makthūr » : celui contre qui ses ennemis sont nombreux. (5) Ce terme apparaît dans A : taḥārabūn, et dans T : taḥābūn, et dans ce qui est certifié de l'histoire de Ṭabarī (5/452). (6) Ce qui est entre parenthèses a été omis de A. (7) Ce qui est entre deux crochets a été omis de B.
الدموع على لحيته، وصرف وجهه عنها. ثم جعل لا يُقدم أحد على قتله حتى نادى شَمِر بن ذي الجَوْشن: ويحكم! ماذا تنتظرون بالرجل؟ فاقتُلوه ثكلتْكم أمهاتكم. فحملت الرجال من كل جانب على الحسين، وضربه زُرْعة بن شَريك التميمي على كتفه اليسرى، وضُرب على عاتقه، ثم انصرفوا عنه وهو ينوء ويكبو. ثم جاء إليه سنان بن أنس (١) النَّخَعي، فطعنه بالرمح فوقع، ثم نزل فذبحه وحزَّ رأسه، ثم دفع رأسه إلى خَولي بن يزيد. وقيل: إن الذي قتله شَمِر بن ذي الجَوْشن. وقيل: رجل من مَذْحج. وقيل: عمر بن سعد بن أبي وقاص، وليس بشيء، وإنما كان عمر أمير السريَّة التي قتلت الحسين فقط. والأول أشهر. [وقال عبد اللَّه بن عمّار: رأيت الحسين حين اجتمعوا عليه يحمل على مَن عن يمينه حتى ابذعرُّوا (٢) عنه (وعلى مَن عن شماله حتى ابذعرُّوا عنه) (٣) ، فواللَّه ما رأيت مكثورًا (٤) قطُّ قد قُتل أولاده وأصحابه أربط جأشًا منه ولا أمضى جَنانًا منه. واللَّه ما رأيت قبلَه ولا بعدَه مثلَه. قال: ودنا عمر بن سعد من الحسين، فقالت له زينب: يا عمر! أيُقتل أيو عبد اللَّه وأنت تنظر؟ فبكى وصرف وجهه عنها. وقال أبو مِخْنف: حدّثني الصَّقْعب بن زهير، عن حُميد بن مسلم قال: جعل الحسين يشدُّ على الرجال وهو يقول: أعلى قتلي تَحاثُّون (٥) ؟ أما واللَّه لا تقتلون بعدي عبدًا من عباد اللَّهِ اللَّهُ أسخط عليكم بقتله مني، وايمُ اللَّهِ إني لأرجو أن يكرمني اللَّه بهوانكم ثم ينتقم اللَّه لي منكم من حيث لا تشعرون، أما واللَّه لو قد قتلتموني لقد ألقى اللَّه بأسَكم بينكم، وسفك دماءكم، ثم لا يرضى لكم بذلك حتى يضاعف لكم العذاب الأليم. قال: ولقد مكث طويلًا من النهار ولو شاء الناس أن يقتلوه (لفعلوا، ولكن كان يتقي بعضهم ببعض دمه، ويحب هؤلاء أن يكفيهم هؤلاء مؤنة قتله) (٦) حتى نادى شَمِر بن ذي الجَوْشن: ماذا تنتظرون بقتله؟ فتقدَّم إليه زُرْعة بن شَريك التميمي، فضربه بالسيف على عاتقه، ثم طعنه سنان بن أنس بن عمرو النخعي بالرمح، ثم نزل فاحتزَّ رأسه ودفعه إلى خَولي] (٧) .
(١) اضطربت النسخ في سنان بن أنس وأثبته كما في تاريخ الطبري (٥/ ٤٥٣) ومقاتل الطالبيين (ص ٧٩) وابن الأثير (٤/ ٧٨). (٢) "ابذعروا": تفرقوا. وقعت في المطبوع: أنذعروا. (٣) ما بين قوسين ليس في ط. (٤) "المكثور": مَن كثر عليه أعداءه. (٥) وردت هذه اللفظة في أ: تحاربون، وفي ط: تحابون، وما أثبته من تاريخ الطبري (٥/ ٤٥٢). (٦) ما بين قوسين سقط من أ. (٧) ما بين حاصرتين سقط من ب.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies