Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ô Seigneur, si Tu nous as privé de la victoire céleste, fais que cela soit pour un bien, et venge-nous des injustes.

Abd Allâh ibn ‘Uqba al-Ghanawî décocha une flèche contre Abû Bakr ibn al-Husayn et le tua également.

Ensuite, ‘Abd Allâh, al-‘Abbâs, ‘Uthmân, Ja‘far et Muhammad, fils de ‘Alî ibn Abî Tâlib – frères d’al-Husayn – furent tués.

La soif d’al-Husayn devint alors intense. Il s’efforça de parvenir à l’eau de l’Euphrate pour s’y abreuver, mais on l’en empêcha. Il réussit néanmoins à prendre une gorgée, lorsqu’un homme appelé Husayn ibn Tamîm lui décocha une flèche qui l’atteignit à la mâchoire. Al-Husayn l’en arracha, faisant jaillir le sang. Il recueillit ce sang dans ses mains, puis leva celles-ci vers le ciel, toutes deux remplies de sang.

Ensuite, il le projeta vers le ciel en disant : «Ô Dieu, compte-les parfaitement, extermine-les, et ne laisse aucun d’entre eux sur terre.» Il invoqua alors contre eux avec des paroles éloquentes.

(Le narrateur) rapporte : «Par Dieu, l’homme qui avait tiré la flèche ne tarda pas à être frappé d’une soif inextinguible. Il ne parvenait plus à se désaltérer, même en buvant de l’eau rafraîchie. Tantôt on lui rafraîchissait le lait et l’eau ensemble, on lui en donnait à boire, mais il ne retrouvait pas la satiété et criait : “Malheur à vous, abreuvez-moi ! La soif me tue !” Par Dieu, il ne vécut pas longtemps avant que son ventre ne se fende, à la manière du ventre d’un chameau.»

Puis Shimr ibn Dhî al-Jawshan s’avança avec une dizaine de fantassins de Kûfa, en direction de l’endroit où se trouvaient les affaires et la famille d’al-Husayn. Il se mit en marche vers eux, et ils s’interposèrent entre lui et les siens. Al-Husayn leur dit : «Malheur à vous ! Si vous n’avez pas de religion et ne craignez pas le Jour de la rétribution, soyez au moins des hommes libres dans votre vie d’ici-bas, et agissez en gens d’honneur : préservez mes femmes et mon camp de vos tyrans et de vos ignorants.»

Ibn Dhî al-Jawshan lui répondit : «C’est accordé pour toi, fils de Fâtima.» Ils l’encerclèrent ensuite, et Shimr les incitait à le tuer. Abû al-Janûb lui dit : «Pourquoi toi-même ne l’attaques-tu pas ?» Shimr répliqua : «C’est à moi que tu parles ainsi ?» Abû al-Janûb s’emporta et s’exclama : «Et c’est toi qui me parles ainsi ?» Ils s’insultèrent un moment, puis Abû al-Janûb – qui était courageux – lui lança : «Par Dieu, j’ai bien envie de plonger la pointe de cette lance dans ton œil !» Shimr s’éloigna alors de lui.

Plus tard, Shimr revint accompagné d’un groupe de guerriers et encerclèrent al-Husayn près de sa tente. Il ne restait plus personne pour s’interposer. C’est alors qu’un jeune garçon sortit du camp, semblable à la pleine lune, portant deux perles à ses oreilles. Zaynab bint ‘Alî voulut le retenir, mais il se dégagea et se précipita pour protéger son oncle. L’un d’eux le frappa de son sabre, et il para le coup de la main, qui fut presque entièrement tranchée. Il s’écria : «Ô mon père !» Al-Husayn lui dit : «Mon fils, je prie Dieu qu’Il te récompense. Tu vas rejoindre tes pieux ancêtres.»

Ensuite, les hommes l’assaillirent de tous côtés, tandis qu’il combattait avec son sabre, à droite et à gauche, les dispersant comme un troupeau de chèvres devant un fauve. Sa sœur, Zaynab bint Fâtima, sortit vers lui et s’écria : «Que le ciel s’abatte sur la terre !» Elle alla trouver ‘Umar ibn Sa‘d, en lui disant : «Ô ‘Umar ! Es-tu satisfait de voir Abû ‘Abd Allâh se faire tuer sous tes yeux ?!» Et ses larmes coulaient

(1) Entre parenthèses, la lettre « b » est tombée. (2) Al-Ṭabarī, Tārīkh al-Rusul wa al-Mulūk, vol. 5, p. 451.
ربٍّ إن تك قد حبستَ عنا النصر من السماء فاجعله لما هو خير، وانتقم لنا من الظالمين. ورمى عبدُ اللَّه بن عقبة الغَنَوي أبا بكر بن الحسين بسهم فقتله أيضًا. ثم قُتل عبد اللَّه والعباس وعثمان وجعفر ومحمد بنو علي بن أبي طالب - إخوة الحسين. وقد اشتدَّ عطش الحسين، فحاول أن يصل إلى أن يشرب من ماء الفرات فما قدر، بل مانعوه عنه، فخلص إلى شَرْبة منه، فرماه رجل -يقال له حصين بن تميم- بسهم في حنكه فأثبته، فانتزعه الحسين من حنكه، ففار الدم، فتلقَّاه بيديه، ثم رفعهما إلى السماء وهما مملوءتان دمًا، ثم رمى به إلى السماء وقال: اللهم أَحصِهم عددًا، واقتُلْهم بددًا، ولا تذر على الأرض منهم أحدًا. ودعا عليهم دعاءً بليغًا. [قال: فواللَّه إنْ مكث الرجل الرامي له إلَّا يسيرًا حتى صب اللَّه عليه الظمأ، فجعل لا يَرْوَى ويُسقى الماء مبرَّدًا، وتارة يبرَّد له اللبن والماء جميعًا، ويُسقى فلا يَرْوَى بل يقول: ويلكم اسقوني قتلَني الظمأ. قال: فواللَّه ما لبث إلَّا يسيرًا حتى انقدَّ بطنُه انفداد بطن البعير. ثم إن شَمِر بن ذي الجَوْشن أقبل في نحو من عشرة من رَجّالة الكوفة قِبَل منزل الحسين الذي فيه ثقلُه وعيالُه، فمشى نحوهم، فحالوا بينه وبين رَحْله، فقال لهم الحسين: ويلكم! إن لم يكن لكم دِين وكنتم لا تخافون يوم المعاد فكونوا في دنياكم أحرارًا وذوي أحساب، امنعوا رَحْلي وأهلي من طغاتكم وجهّالكم. فقال ابن ذي الجَوْشن: ذلك لك يابن فاطمة. ثم أحاطوا به، فجعل شَمر يحرِّضهم على قتله، فقال له أبو الجَنوب: وما يمنعك أنست من قتله؟ فقال له شَمِر: ألي تقول هذا؟ ! فقال أبو الجنوب: وأنت لى تقول هذا؟! فاستبّا ساعة، فقال له أبو الجَنوب - وكان شجاعًا: واللَّه لقد هممتُ أن أخضخض هذا السِّنان في عينك. فانصرف عنه شَمِر] (١) . ثم جاء شَمِر ومعه جماعة من الشُّجعان حتى أحاطوا بالحسين وهو عند فُسْطاطه ولم يبق معه أحد يحول بينهم وبينه، فجاء غلام يشتدُّ من الخيام كأنه البدر، في أذنيه دُرَّتان، فخرجت زينب بنت عليٍّ لتردَّه، فامتنع عليها، وجاء يحاجف عن عمِّه، فضربه رجل منهم بالسيف، فاتقاه بيده، فأطنَّها سوى جلده، فقال: يا أبتاه! فقال له الحسين: يا بنيَّ احتسبت أجرك عند اللَّه، فإنك تلحق بآبائك الصالحين (٢) . ثم حمل على الحسين الرجالُ من كل جانب، وهو يجول فيهم بالسيف يمينًا وشمالًا، فيتنافرون عنه كتنافر المِعْزى عن السَّبُع. وخرجت أخته زينب بنت فاطمة إليه فجعلت تقول: ليت السماء تقع على الأرض. وجاءت عمر بن سعد فقالت: يا عمر! أرضيتَ أن يُقتل أبو عبد اللَّه وأنت تنظر؟! فتحادرت
(١) ما بين حاصرتين سقط من ب. (٢) تاريخ الطبري (٥/ ٤٥١).

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