Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai été blessé, et je ne me reproche pas l’effort fourni ; si j’avais encore un bras et un avant-bras, vous ne m’auriez pas fait prisonnier.

Alors Shimr s’adressa à ʿUmar : « Tuez-le. » Il répondit : « C’est toi qui l’as amené ; si tu veux, tue-le. » Shimr se leva donc et dégaina son sabre. Nafiʿ lui dit : « Par Dieu, ô Shimr, si tu étais musulman, il te pèserait de rencontrer Dieu avec notre sang. Louange à Dieu qui a fait de notre mort l’œuvre des pires de Ses créatures. » Puis il le tua.

Ensuite, Shimr s’élança contre les compagnons de Husayn, et de plus en plus de gens se rallièrent à lui, au point qu’ils étaient sur le point de parvenir jusqu’à Husayn. Lorsque les compagnons de Husayn virent leur nombre grandir et constatèrent qu’ils ne pouvaient plus défendre Husayn ni se protéger eux-mêmes, ils rivalisèrent de courage pour être tués devant lui. C’est alors que ʿAbd al-Raḥmân et ʿAbd Allâh, fils de ʿAzra al-Ghifârî, vinrent à lui et dirent : « Ô Abâ ʿAbd Allâh, que la paix soit sur toi. L’ennemi nous a poussés jusqu’à toi, et nous souhaitons être tués devant toi pour te défendre. » Il leur dit : « Soyez les bienvenus, approchez-vous. » Ils s’avancèrent jusqu’à lui et combattirent tout près de sa personne, en disant :

« La tribu Banû Ghifâr le sait avec certitude, tout comme Khindif après Banû Nizâr,
Nous frapperons assurément ce groupe d’impiété
Avec chaque lame tranchante et foudroyante.
Ô peuple, défendez la noble lignée
Par le sabre effilé et la lance perçante. » (1)

Puis ses compagnons s’approchèrent de lui deux par deux ou individuellement, combattant devant lui tandis qu’il invoquait la bénédiction divine pour eux, en disant : « Qu’Allah vous récompense de la meilleure récompense accordée aux pieux ». Ils le saluaient et se battaient jusqu’à être tués.

C’est alors qu’ʿÂbis ibn Abî Shabîb vint à lui et dit : « Ô Abâ ʿAbd Allâh ! Par Dieu, il n’est sur terre, qu’il soit proche ou lointain, personne de plus cher à mes yeux que toi. Si j’avais pu écarter de toi l’humiliation ou la mort par quelque chose qui me fût plus précieux que moi-même et mon sang, je l’aurais fait. Que la paix soit sur toi, ô Abâ ʿAbd Allâh. Sois témoin que je suis sur ta voie. » Puis il marcha le sabre à la main (2), avec une entaille sur le front — puisqu’il était l’homme le plus brave — et cria : « N’y a-t-il pas un homme pour un homme ? Qui voudra se présenter à moi ? » Ils le reconnurent et hésitèrent à l’affronter.

ʿUmar ibn Saʿd s’écria alors : « Lapidez-le de pierres », et une pluie de pierres le frappa de tous côtés. Voyant cela, il ôta sa cuirasse et son casque, puis se rua sur les assaillants. Par Dieu, je l’ai vu repousser plus de deux cents hommes devant lui (3). Ensuite, ils lui tombèrent dessus de toutes parts et il fut tué (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). J’ai vu sa tête dans les mains de plusieurs hommes, chacun prétendant l’avoir abattu. Ils l’apportèrent à ʿUmar ibn Saʿd, qui leur dit : « Ne vous disputez pas à ce sujet, car un seul homme ne l’a pas tué. » C’est par ces mots qu’il les départagea. (4)

(1) Les vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (5/442). (2) Ce terme a été omis dans l’édition imprimée. (3) « Yakard » : signifie « il conduit ». (4) Ici se termine un manque dans le manuscrit consistant en l’ajout d’un certain nombre de récits avec leurs poèmes. On y trouve en remplacement : « Et il arriva à Ḥusayn ﷺ, et les piliers de ses compagnons le défendirent. Zuhayr ibn al-Qayn fut tué devant lui, puis Nāfiʿ ibn Hilāl al-Jumalī combattit en sa défense jusqu’à ce qu’il tua douze des partisans d’Ibn Ziyād, à l’exception de ceux qui furent blessés. Ensuite, ses deux bras furent fracturés, et malgré cela, on lui trancha la tête devant ʿUmar ibn Ṣaʿd. »
جَرحت، وما ألوم نفسي على الجهد، ولو بقيتْ لي عضد وساعد ما أسرتموني. فقال شَمِر لعمر: اقتله، قال: أنت جئت به، فإن شئت فاقتله. فقام شَمِر فأنضى سيفه، فقال له نافع: أما واللَّه يا شَمِر لو كنتَ من المسلمين لعظم عليك أن تلقى اللَّه بدمائنا، فالحمد للَّه الذي جعل منايانا على يدي شرار خلقه. ثم قتله. ثم أقبل شَمِر فحمل على أصحاب الحسين، وتكاثر معه الناس حتى كادوا أن يصلوا إلى الحسين، فلما رأى أصحاب الحسين أنهم قد كثروا عليهم، وأنهم لا يقدرون على أن يمنعوا الحسين ولا أنفسهم، تنافسوا أن يُقتلوا بين يديه، فجاءه عبد الرحمن وعبد اللَّه ابنا عَزْرة الغفاري، فقالا: أبا عبد اللَّه عليك السلام، حازَنَا العدو إليك فاحببنا أن نُقتل بين يديك وندفع عنك. فقال: مرحبًا بكما، ادنُوَا مني، فدنَوَا منه، فجعلا يقاتلان قريبًا منه وهما يقولان: قد علِمتْ حقًّا بنو غِفَار … وخِنْدِفٌ بعدَ بني نِزَار لنَضْرِبنَّ معشرَ الفُجَّار … بكلِّ عَضْبٍ قاطعٍ بَتَّارٍ يا قومُ ذُودُوا عن بني الأَخْيار … بالمشْرَفيِّ والقَنَا الخَطَّار (١) ثم أتاه أصحابه مَثْنى وفرادى يقاتلون بين يديه وهو يدعو لهم ويقول: جزاكم اللَّه أحسن جزاء المتَّقين. فجعلوا يسلِّمون على الحسين ويقاتلون حتى يقتلوا. ثم جاءه عابس بن أبي شَبيب فقال: يا أبا عبد اللَّه! أما واللَّه ما أمسى على ظهر الأرض قريب ولا بعيد أعز عليَّ منك، ولو قدرتُ أن أدفع عنك الضَّيم أو القتل بشيء أعز عليَّ من نفسي ودمي لفعلتُه، السلام عليك يا أبا عبد اللَّه، اشهد لي أني على هَدْيك. ثم مشى بسيفه (٢) صَلْتًا وبه ضربة على جبينه -وكان أشجع الناس- فنادى: ألا رجل لرجل؟ ألا ابرزوا لي. فعرفوه فنكلوا عنه، ثم قال عمر بن سعد: ارضَخُوه بالحجارة، فرُمي بالحجارة من كل جانب. فلما رأى ذلك ألقى درعه ومغْفره ثم شدَّ على الناس، واللَّه لقد رأيته يَكْرُد (٣) أكثر من مئتين من الناس بين يديه، ثم إنهم عطفوا عليه من كل جانب فقُتل (رحمه الله) ، فرأيت رأسه في أيدي رجال ذوي عدد كلّ يدَّعي قتله، فأتوا به عمر بن سعد فقال لهم: لا تختصموا فيه فإنه لم يقتلْه إنسان واحد. ففرَّق بينهم بهذا القول] (٤) .
(١) الأبيات في تاريخ الطبري (٥/ ٤٤٢). (٢) سقطت هذه اللفظة من المطبوع. (٣) "يكرد": يسوق. (٤) هنا ينتهي نقص في النسخة ب ضم عددًا من الأخبار مع أشعارها، وقد ورد فيها بدلًا عنه: "ووصل إلى الحسين ﵁ ، ودافع عنه صناديد أصحابه، فقُتل زهير بن القين بين يديه، وقاتل دونه نافع بن هلال الجملي حتى قَتل من أصحاب ابن زياد اثني عشر سوى من جرح، ثم كسرت عضداه، ومع هذا ضرب عنقه بين يدي عمر بن سعد =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies