Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je les frappe de l’épée d’un coup redoutable… sans faiblir ni vaciller (1)

Puis il combattit, lui et Zouheir ibn al-Qayn, un combat acharné. Lorsque l’un d’eux se lançait à l’assaut au point d’être submergé, l’autre chargeait à son tour pour le libérer. Ils procédèrent ainsi un moment. Ensuite, des hommes se ruèrent sur al-Horr ibn Yazid et le tuèrent, et Abou Thamama al-Sa’idi tua un de ses cousins qui était son ennemi (2).

Puis al-Hussein accomplit la prière de midi (salat al-khawf) avec ses compagnons, et par la suite ils se livrèrent à un combat intense (3). Les vaillants compagnons d’al-Hussein le défendirent avec courage. Zouheir ibn al-Qayn se battit farouchement devant al-Hussein. Certains de ses compagnons furent atteints par des flèches et s’effondrèrent devant al-Hussein.

Zouheir déclama alors :
« Je suis Zouheir, et je suis le fils d’al-Qayn…
Je vous repousse à l’épée, loin de Hussein. » (4)

On rapporte qu’il se mit à frapper l’épaule d’al-Hussein en s’écriant :
« Avance, guidé et guide éclairé ! Car aujourd’hui tu rencontreras ton grand-père, le Prophète,
Al-Hassan et al-Mourtada ‘Ali,
et celui aux deux ailes, le preux vaillant,
ainsi que le Lion de Dieu, le martyr vivant. »

Alors Kathir ibn Abdallah al-Sha’bi et Mouhajir ibn Aws fondirent sur lui et le tuèrent.

On rapporte aussi : parmi les compagnons d’al-Hussein, il y avait Nafi’ ibn Hilal al-Jamali. Il avait inscrit son nom sur la hampe de ses flèches et les décochait empoisonnées en disant :
« Je les lance, marquant leurs hampes… Et la rébellion de l’âme ne lui sert de rien.
Je suis al-Jamali, je suis sur la voie d’Ali. »

Il tua alors douze hommes parmi ceux d’Omar ibn Sa’d, sans compter les blessés. Puis on le frappa jusqu’à lui briser les bras, on le captura et on l’emmena devant Omar ibn Sa’d. Celui-ci lui dit : « Malheur à toi, Nafi’ ! Qu’est-ce qui t’a poussé à agir ainsi contre toi-même ? » Nafi’ répondit : « Mon Seigneur sait ce que je voulais » – tandis que le sang coulait sur lui et sur sa barbe – puis il ajouta : « Par Dieu, j’ai tué douze de vos soldats, en plus de ceux… »

(1) « Al-Muqṣal » : le tranchant. « An-Nukūl » : le recul et la lâcheté. Le « tahlīl » ici signifie la fuite. Ce vers a été mal arrangé dans l’édition de Dār al-Kutub al-ʿIlmiyya, ce qui a altéré son mètre et son sens. Voir le récit accompagné du poème dans l’Histoire d’al-Ṭabarī (5/440-441). (2) « Entre deux sièges » n’apparaît pas dans la version B, où l’on trouve à la place : « jusqu’à ce qu’il tua Ḥabīb et porta sa tête à Ibn Ziyād » ; le pronom renvoie ici à Ḥabīb ibn Maẓhar. (3) C’est à partir de ce point qu’un important passage manque dans la version B ; nous le signalerons à la fin. (4) Dans l’édition imprimée : « ’an al-Ḥusayn ». Cela ne respecte pas le mètre du vers. La lecture correcte est celle des manuscrits A et de l’Histoire d’al-Ṭabarī (5/441). (5) Ce terme est omis dans les sources originelles, il a été ajouté d’après l’Histoire d’al-Ṭabarī (5/441) et Ibn al-ʿAthīr (4/71). (6) Al-Fūq du trait de flèche : la partie du brin d’arc (corde), au singulier comme au pluriel : afwāq et fuwaq.
أَضرِبُهمْ بالسَّيف ضَرْبًا مِقْصَلا … لا ناكلًا عنهُمْ ولا مُهَلِّلا (١) ثم قاتل هو وزهير بن القَيْن قتالًا شديدًا، فكان إذا شدَّ أحدهما حتى استلحم شدَّ الآخر حتى يخلصَه، فعلا ذلك ساعة، ثم إن رجالًا شدُّوا على الحرِّ بن يزيد فقتلوه، وقتل أبو ثمامة الصائدي ابنَ عمٍّ له كان عدوًا له] (٢) . ثم صلَّى الحسين باصحابه الظهر صلاة الخوف، ثم اقتتلوا بعدها قتالًا شديدًا [ (٣) ودافع عن الحسين صناديد أصحابه. وقاتل زهير بن القَيْن بين يدي الحسين قتالًا شديدًا، ورمي بعض أصحابه بالنبل حتى سقط بين يدي الحسين، وجعل زهير يرتجز ويقول: أنا زهيرٌ وأنا ابنُ القَيْنِ … أَذودُكمْ بالسَّيف عن حُسَين (٤) قال: وأخذ يضرب على منكب الحسين ويقول: أَقدِمْ هُدِيتَ هاديًا مَهْدِيَّا … فاليومَ تلْقي جدَّكَ النَّبيَّا وحَسَنًا والمُرْتضى عليَّا … وذا الجَنَاحَيْنِ الفَتَى الكَمِيَّا وأسَدَ اللَّهِ الشَّهيدَ الحَيَّا قال: فشدَّ عليه كثير بن عبد اللَّه الشَّعبي ومُهاجر بن أوس فقتلاه. قال: وكان من أصحاب الحسين نافع بن هلال الجمَلي، وكان قد كتب اسمه (٥) على فُوق (٦) نبله، فجعل يرمي بها مسمومة وهو يقول: أَرمي بها مُعَلِّمًا أَفْواقها … والنفسُ لا ينفعُها شِقَاقُها أنا الجَملي، أنا على دين علي. فقَتل اثني عشر من أصحاب عمر بن سعد سوى من جَرح، ثم ضرب حتى كُسرت عضداه، ثم أسروه فأتوا به عمر بن سعد، فقال له: ويحك يا نافع! ما حملك على ما صنعتَ بنفسك؟ فقال: إن ربي يعلم ما أردت -والدماء تسيل عليه وعلى لحيته- ثم قال: واللَّه لقد قتلتُ من جندكم اثني عشر سوى من
(١) "المقصل": القاطع. "النكول": النكوص والجبن. التهليل -هنا- الفرار. وقد صُف هذا البيت في طبعة دار الكتب العلمية صفًا خاطئًا مما أخل بوزنه ومعناه. وانظر الخبر مع الشعر في تاريخ الطبري (٥/ ٤٤٠ - ٤٤١). (٢) ما بين حاصرتين لم يرد في النسخة ب، وفيها بدلًا عنه: حتى قتل (رحمه الله) ، وحمل رأسه إلى ابن زياد، والضمير في ذلك يرجع إلى حبيب بن مظهر. (٣) من هنا يبدأ سقط كبير في النسخة ب سنشير إليه عند نهايته. (٤) في المطبوع: عن الحسين. ولا يستقيم به الوزن. والمثبت من أ وتاريخ الطبري (٥/ ٤٤١). (٥) سقطت هذه اللفظة من الأصول، واستدركتها من تاريخ الطبري (٥/ ٤٤١) وابن الأثير (٤/ ٧١). (٦) الفُوق من السهم: موضع الوتر، والجمع: أفواق وفُوَق.

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