Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Tu veux me faire peur ? Par Dieu, mourir avec lui m’est plus cher que de vivre éternellement avec vous.»

Puis Zouhayr s’avança vers la foule, élevant la voix et disant : «Ô serviteurs de Dieu ! Ne vous laissez pas détourner de votre religion par cet homme grossier et rude et ses semblables. Par Dieu, le peuple qui aura répandu le sang de sa descendance et tué ceux qui la soutiennent et la défendent ne pourra jamais bénéficier de l’intercession de Muḥammad (ﷺ).»

Al-Ḥurr ibn Yazīd dit alors à ‘Umar ibn Sa‘d : «Dieu te guide ! Vas-tu combattre cet homme ?» Il répondit : «Oui, par Dieu, un combat dont l’issue la plus simple sera la chute des têtes et la perte des bras.» Al-Ḥurr, qui comptait parmi les plus courageux de Kūfa, fut blâmé par certains de ses compagnons pour être parti rejoindre al-Ḥusayn. Il leur rétorqua : «Par Dieu, je me tiens devant le choix entre le Paradis et l’Enfer, et par Dieu, jamais je ne préférerai autre chose au Paradis, fût-ce au prix d’être découpé en morceaux et brûlé.» Il lança alors son cheval et rejoignit al-Ḥusayn. Après s’être excusé auprès de lui pour ce qui avait précédé, il s’écria : «Ô gens de Kūfa ! لأمِّكم الهَبَل (1). Vous avez appelé al-Ḥusayn à venir chez vous, puis lorsqu’il est arrivé, vous l’avez livré. Vous aviez prétendu risquer vos vies pour le protéger, puis vous vous êtes retournés contre lui pour le tuer. Vous l’avez empêché de se déplacer dans les vastes contrées de Dieu, où même le chien et le porc ne se voient pas interdire l’accès, et vous l’avez coupé des eaux courantes de l’Euphrate dont le chien et le porc s’abreuvent, tandis que la soif les terrasse ! Quel mauvais héritage vous laissez à Muḥammad quant à sa descendance ! Puisse Dieu ne pas vous abreuver au jour de la plus grande soif, à moins que vous ne vous repentiez et ne renonciez dès ce jour, à cette même heure, à ce que vous êtes en train de faire.» Des fantassins se ruèrent alors contre lui, le criblant de flèches, et il se replia jusqu’à se tenir devant al-Ḥusayn.

‘Umar ibn Sa‘d leur dit : «Si l’affaire ne dépendait que de moi, j’exaucerais la demande d’al-Ḥusayn (2). Mais ‘Ubayd Allāh ibn Ziyād s’y est opposé.» Il s’était en effet adressé aux gens de Kūfa, les avait réprimandés, admonestés et insultés. Al-Ḥurr ibn Yazīd leur lança alors : «Malheur à vous ! Vous refusez à al-Ḥusayn, à ses femmes et à ses filles l’accès à l’Euphrate, qui est cependant accessible aux juifs et aux chrétiens, où se vautrent les porcs et les chiens du pays, tandis qu’il se tient là tel un captif entre vos mains, ne pouvant ni se nuire ni se défendre !» Puis ‘Umar ibn Sa‘d s’avança et s’adressa à son serviteur : «Ô Durayd, rapproche l’étendard.» Il l’approcha, et ‘Umar retroussa sa manche, tira une flèche et proclama : «Soyez témoins que je suis le premier à avoir tiré sur eux.» Alors les hommes échangèrent leurs traits. Yassār, affranchi de Ziyād, et Sālim, affranchi de ‘Ubayd Allāh, se présentèrent : «Qui viendra combattre en duel ?» ‘Abd Allāh ibn ‘Umayr al-Kalbī, après avoir obtenu la permission d’al-Ḥusayn, se porta au-devant d’eux, tua d’abord Yassār puis Sālim, bien que Sālim l’eût blessé d’un coup qui lui trancha les doigts de la main gauche.

Un homme nommé ‘Abd Allāh ibn Ḥawzah s’élança alors et se posta devant al-Ḥusayn, en l’apostrophant : «Ô Ḥusayn, réjouis-toi du Feu !» Al-Ḥusayn de répondre : «Non, malheur à toi ! Je m’en vais retrouver un Seigneur clément et un intercesseur écouté, tandis que c’est toi qui es plus digne du Feu.» On raconte que l’homme fit demi-tour, mais son cheval trébucha et il chuta, le pied coincé dans l’étrier. [On rapporte qu’al-Ḥusayn avait demandé qui il était, et l’homme lui avait répondu : “Je suis Ibn Ḥawzah.” Alors al-Ḥusayn avait levé la main en disant : “Ô Dieu, attire-le vers le Feu.” Ibn Ḥawzah en fut irrité et voulut précipiter sa monture sur lui.]

(1) Expression d’exclamation ou de reproche signifiant littéralement «Que votre mère soit privée d’enfant».
(2) Allusion à la proposition d’al-Ḥusayn d’éviter l’affrontement.
(3) Dans certaines sources, il est nommé ‘Abd Allāh ou d’autres formes proches du nom original.

(1) « al-Habl » : le deuil du clan. (2) Entre deux haies – environ une page et demie – la lettre b est tombée. (3) Dans l'édition : « ʿUbayd Allāh » est une déformation. Voir notamment Tārīkh al-Ṭabarī (5/429) et al-Kāmil (4/65). Ce point reviendra dans le récit suivant.
تخوِّفني؟ فواللَّه لَلْموت معه أحبُّ إليَّ من الخلد معكم. ثم إن زهيرًا أقبل على الناس رافعًا صوته يقول: عباد اللَّه! لا يغرنَّكم عن دينكم هذا الجِلْف الجافي وأشباهه، فواللَّه لا ينال شفاعة محمد ﷺ قوم أهرقوا دماء ذريَّته، وقتلوا مَنْ نصرهم وذبَّ عن حريمهم. وقال الحرُّ بن يزيد لعمر بن سعد: أصلحك اللَّه! أمقاتل أنت هذا الرجل؟ قال: إي واللَّه قتالًا أيسرُه أن تسقط الرؤوس وتَطيح الأيدي. وكان الحرُّ من أشجع أهل الكوفة، فلامَهُ بعض أصحابه على الذهاب إلى الحسين، فقال له: واللَّه إني أخيِّر نفسي بين الجنة والنار، وواللَّه لا أختار على الجنة غيرها ولو قُطعت وحُرِّقت. ثم ضرب فرسه، فلحق بالحسين، فاعتذر إليه بما تقدم ثم قال: يا أهل الكوفة! لأمِّكم الهَبَل (١) ، أدعوتم الحسين إليكم حتى إذا ما أتاكم أسلمتموه، وزعمتم أنكم قاتلو أنفسكم دونه ثم عدوتم عليه لتقتلوه، ومنعتموه التوجُّه في بلاد اللَّه العريضة الوسيعة التي لا يمنع منها الكلب والخنزير، وحلتم بينه وبين الماء الفرات الجاري الذي يشرب منه الكلب والخنزير وفد صرعهم العطش؟! بئس ما خلفتم محمدًا في ذريَّته، لا سقاكم اللَّه يوم الظمأ الأكبر إن لم تتوبوا وترجعوا عما أنتم عليه من يومكم هذا في ساعتكم هذه. فحملت عليه رجّالة لهم ترميه بالنبل، فأقبل حتى وقف أمام الحسين. وقال لهم عمر بن سعد: لو كان الأمر لي لأجبتُ الحسين إلى ما طلب] (٢) ولكنْ أبى عليَّ عبيد اللَّه بن زياد، وقد خاطب أهل الكوفة وأنَّبهم ووبَّخهم وسبَّهم. فقال لهم الحرُّ بن يزيد: ويحكم! منعتم الحسين ونساءه وبناته الماء الفرات الذي يشرب منه اليهود والنصارى ويتمرَّغ فيه خنازير السواد وكلابه، فهو كالأسير في أيديكم لا يملك لنفسه ضرًا ولا نفعًا. قال: فتقدم عمر بن سعد وقال لمولاه: يا دريد أَدْنِ رايتَك، فأدناها، ثم شمَّر عمر عن ساعده ورمى بسهم وقال: اشهدوا أني أول من رمى القوم. قال: فترامى الناس بالنبال، وخرج يسار مولى زياد وسالم مولى عبيد اللَّه فقالا: من يبارز؟ فبرز لهما عبد اللَّه (٣) بن عمير الكلبي بعد استئذانه الحسين، فقتل يسارًا أولًا ثم قتل سالمًا بعده، وقد ضربه سالم ضربة أطار أصابع يده اليسرى. وحمل رجل يقال له عبد اللَّه بن حَوْزة حتى وقف بين يدي الحسين فقال له: يا حسين! أبشر بالنار. فقال له الحسين: كلّا ويحك! إني أقدم على رب رحيم وشفيع مطاع، بل أنت أَولى بالنار. قالوا: فانصرف، فوقَصَتْه فرسه فسقط وتعلَّقت قدمه بالركاب [وكان الحسين قد سأل عنه، فقال: أنا ابن حَوْزة، فرفع الحسين يده وقال: اللهم حُزْه إلى النار. فغضب ابن حَوْزة، وأراد أن يقحم عليه الفرس
(١) "الهبل": الثُّكل. (٢) ما بين حاصرتين -قدر صفحة ونصف الصفحة- سقط من ب. (٣) في ط: "عبيد اللَّه" محرف. وينظر تاريخ الطبري (٥/ ٤٢٩) والكامل (٤/ ٦٥). وسيأتي مرة أخرى في الرواية الآتية.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies