Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite, ‘Ubayd Allāh envoya Shimr ibn Dhī l-Jawshan et lui dit : « Va. Si Husayn et ses compagnons se soumettent à mon autorité, alors tant mieux ; sinon, ordonne à ‘Umar ibn Sa‘d de les combattre. S’il tarde à le faire, tranche-lui la tête et toi, deviens l’émir à la place. » Il écrivit également à ‘Umar ibn Sa‘d pour le menacer de son inaction dans le combat contre Husayn et lui ordonna de combattre Husayn et ses compagnons s’ils refusaient de se rendre, car ils étaient considérés comme rebelles.

C’est alors que ‘Ubayd Allāh ibn Abī l-Miḥall (1) demanda la protection (amān) pour les fils de sa tante paternelle Umm al-Banīn bint Ḥizām (2) – épouse d’Ali – à savoir al-‘Abbās, ‘Abd Allāh, Ja‘far et ‘Uthmān. Ibn Ziyād leur rédigea un sauf-conduit qu’il confia à ‘Ubayd Allāh ibn Abī l-Miḥall, accompagné d’un affranchi nommé Karmān (3). Lorsque ces jeunes hommes reçurent ce message, ils déclarèrent : « Quant au sauf-conduit du fils de Sumayya, nous n’en voulons pas ; nous espérons un sauf-conduit meilleur que celui d’Ibn Sumayya. »

Lorsque Shimr ibn Dhī l-Jawshan arriva auprès de ‘Umar ibn Sa‘d avec la lettre d’Ubayd Allāh ibn Ziyād, ‘Umar s’exclama : « Que Dieu t’éloigne et avilisse ce que tu apportes ! Par Dieu, je te soupçonne d’être celui qui a détourné (Husayn) de ce que je lui avais proposé parmi les trois solutions qu’il requérait. » Shimr répliqua : « Dis-moi alors ce que tu comptes faire. Vas-tu le combattre ou le laisser ? » Il lui répondit : « Ni l’un ni l’autre, et il n’y a aucun honneur à t’accorder ! C’est moi qui prendrai cette affaire en main. » Il le chargea cependant de l’infanterie. Ils s’avancèrent vers Husayn en fin d’après-midi, le jeudi neuf muḥarram.

Shimr se leva et appela : « Où sont les fils de notre sœur ? » Alors al-‘Abbās, ‘Abd Allāh, Ja‘far et ‘Uthmān, fils de ‘Alī ibn Abī Ṭālib, s’approchèrent. Shimr leur dit : « Vous êtes en sécurité. » Ils répondirent : « Si tu assures la sécurité au fils du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et à nous, sinon nous n’avons que faire de ta protection. »

Puis ‘Umar ibn Sa‘d lança à l’armée : « Cavaliers de Dieu, montez et réjouissez-vous ! » Ils enfourchèrent leurs montures et se mirent en marche contre Husayn après la prière de l’après-midi. Husayn, lui, se tenait devant sa tente, appuyé sur son sabre ; il s’assoupit et sa tête tomba légèrement. Sa sœur entendit le tumulte, s’approcha de lui et le réveilla. Il releva la tête à peine et lui dit : « J’ai vu en rêve le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Il m’a dit : “Tu nous rejoindras sous peu.” » Elle se frappa le visage en s’écriant : « Hélas pour moi ! » Il lui dit : « Il n’y a pas de mal pour toi, ma sœur. Reste calme, que Dieu te fasse miséricorde. »

Son frère al-‘Abbās ibn ‘Alī vint alors l’avertir : « Mon frère, les troupes arrivent. » Husayn dit : « Va vers eux et demande-leur ce qui a changé. » Al-‘Abbās partit avec une vingtaine de cavaliers et leur demanda : « Que se passe-t-il ? » Ils répondirent : « L’émir a décrété : soit vous acceptez son autorité, soit nous combattons. » Al-‘Abbās leur dit : « Restez où vous êtes, je vais informer Abū ‘Abd Allāh (Husayn). » Il se retira et ses compagnons s’immobilisèrent ; ils se mirent à discuter et à se blâmer mutuellement, tandis que certains compagnons de Husayn leur lancèrent : « Quel peuple misérable vous faites ! Vous voulez tuer la descendance de votre Prophète et les meilleurs de votre époque !? »

Puis al-‘Abbās ibn ‘Alī revint de la part de Husayn et leur dit : « Abū ‘Abd Allāh vous fait dire : retirez-vous ce soir, qu’il puisse réfléchir à son affaire durant la nuit. » Alors ‘Umar ibn Sa‘d se tourna vers Shimr ibn Dhī l-Jawshan et lui demanda : « Qu’en dis-tu ? » Shimr répondit : « C’est toi l’émir, c’est à toi de trancher. » C’est alors que ‘Amr ibn al-Ḥajjāj ibn Salamah al-Zubaydī prit la parole…

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(1) ‘Ubayd Allāh ibn Abī l-Miḥall.
(2) Umm al-Banīn bint Ḥizām.
(3) Karmān.

(1) Dans l’Histoire de Ṭabarī (5/415) et chez Ibn al-ʿAthīr (4/56) « Abd ». (2) Dans l’édition : « ḥarām », mushaf (coran). (3) Dans l’Histoire de Ṭabarī (5/415) : comme « zamān ».
ثم إن عبيد اللَّه بعث شَمِر بن ذي الجَوْشن فقال: اذهب فإن جاء حسين وأصحابه على حُكمي وإلّا فمُرْ عمر بن سعد أن يقاتلهم، فإن تباطأ عن ذلك فاضرب عنقه ثم أنت الأمير على الناس. وكتب إلى عمر بن سعد يتهدَّده على توانيه في قتال الحسين. وأمره إن لم يجئ الحسين إليه أن يقاتله ومن معه فإنهم مشاقُّون. فاستأمن عبيد (١) اللَّه بن أبي المحلّ لبني عمته أمِّ البنين بنت حِزام (٢) من علي، وهم العباس وعبد اللَّه وجعفر وعثمان. فكتب لهم ابن زياد كتاب أمان وبعثه عبيد اللَّه بن أبي المحلّ مع مولى له يقال له: كرمان (٣) ، فلمّا بلغهم ذلك قالوا: أما أمان ابن سُمَيَّة فلا نريده، وإنا لنرجو أمانًا خيرًا من أمان ابن سُمَيَّة. ولما قدم شَمِر بن ذي الجَوْشن على عمر بن سعد بكتاب عبيد اللَّه بن زياد، قال عمر: أبعدَ اللَّهُ دارك، وقبَّح ما جئت به، واللَّه إني لأظنك الذي صرفتَه عن الذي عرضتُ عليه من الأمور الثلاثة التي طلبها الحسين، فقال له شَمر: فأخبرني ما أنت صانع، أمقاتلهم أنت أو تاركي إياهم؟ فقال له عمر: لا، ولا كرامة لك! أنا أتولَّى ذلك، وجعله على الرَّجَّالة. ونهضوا إليهم عشية يوم الخميس التاسع من المحرّم، فقام شَمِر بن ذي الجَوْشن فقال: أين بنو أختنا؟ فقام إليه العباس وعبد اللَّه وجعفر وعثمان بنو علي بن أبي طالب، فقال: أنتم آمنون. فقالوا: إن أمَّنْتنا وابن رسول اللَّه ﷺ وإلَّا فلا حاجة لنا بأمانك. قال: ثم نادى عمر بن سعد في الجيش: يا خيل اللَّه اركبي وأبشري، فركبوا وزحفوا إليهم بعد صلاة العصر من يومئذ، هذا والحسين أمام خيمته محتبيًا بسيفه، نَعَس فخفق برأسه، وسمعت أخته الضجَّة، فدنت منه فأيقظته، فرجع برأسه كما هو وقال: إني رأيت رسول اللَّه ﷺ في المنام، فقال لي: "إنَّكَ تروحُ إلينا" ، فلطمتْ وجهها وقالت: يا ويلتا. فقال: ليس لك الويل يا أختاه، اسكُني رحمك الرحمن. وقال له أخوه العباس بن علي: يا أخي جاءك القوم، فقال: اذهب إليهم فسَلْهم: ما بدا لهم؟ فذهب إليهم في نحو من عشرين فارسًا فقال: ما لكم؟ فقالوا: جاء أمر الأمير إما أن تأتوا على حُكمه، وإما أن نقاتلكم. فقال: مكانَكم حتى أذهب إلى أبي عبد اللَّه فأعلمه. فرجع ووقف أصحابه، فجعلوا يتراجعون القول ويؤنِّب بعضهم بعضًا، يقول أصحاب الحسين: بئس القوم أنتم، تريدون قتل ذريَّة نبيِّكم وخيار الناس في زمانهم؟ ! ثم رجع العباس بن علي من عند الحسين إليهم فقال لهم: يقول لكم أبو عبد اللَّه: انصرفوا عشيَّتكم هذه حتى ينظر في أمره الليلة. فقال عمر بن سعد لشَمِر بن ذي الجَوْشن: ما تقول؟ فقال: أنت الأمير والرأيُ رأيك، فقال عمرو بن الحجَّاج بن سلمة الزُّبيدي:
(١) في تاريخ الطبري (٥/ ٤١٥) وابن الأثير (٤/ ٥٦) عبد. (٢) في ط: "حرام"، مصحف. (٣) في تاريخ الطبري (٥/ ٤١٥): كزمان.

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