Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils rebroussèrent chemin. Alors al-Hurr lui dit : « Je n’ai pas reçu l’ordre de te combattre, mais uniquement de ne pas te laisser jusqu’à ce que je te remette à Koufa entre les mains d’Ibn Ziyad. Si tu refuses, prends donc une route qui ne te conduise pas à Koufa et ne te ramène pas non plus à Médine. Toi, écris à Yazid, et moi j’écrirai à Ibn Ziyad, si tu le souhaites. Peut-être Dieu trouvera-t-Il un moyen de m’épargner l’épreuve de ton affaire. »

Il dit alors : « Husayn obliqua sur la gauche par la route de l’Udhayb (1) et d’al-Qâdisiyya, tandis qu’al-Hurr ibn Yazid le suivait en lui disant : “Ô Husayn, je t’en conjure par Dieu, pense à ta propre vie : je témoigne que si tu combats, tu seras tué, et si tu es attaqué, tu périras, d’après ce que je constate.” »

Husayn lui répondit : « Me menaces-tu de mort ? Je dis plutôt les paroles prononcées par le frère des Aws à son cousin quand il le rencontra alors qu’il partait soutenir le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Celui-ci lui avait dit : “Où vas-tu donc ? Tu vas te faire tuer !” Il répondit :

S’en aller n’a rien de déshonorant pour un vaillant jeune homme
Lorsqu’il poursuit sincèrement la vérité et combat en musulman,
Quand il partage le sort des hommes vertueux,
Et s’éloigne par crainte de vivre humilié.

Dans une autre version, on rapporte :

S’en aller n’a rien de déshonorant pour un homme
Lorsqu’il poursuit sincèrement la vérité et qu’on ne le trouve pas criminel.
Si je meurs, je ne regretterai rien ; si je survis, nul ne pourra me blâmer.
Il suffit pour toi de mourir si tu dois rester humilié et contraint. (2)

Quand al-Hurr entendit ces paroles, il s’écarta de lui et marcha avec ses compagnons à quelque distance. Ils parvinrent à ‘Udhayb al-Hijânât (3) [où paissaient les chamelles d’an-Nu‘mân]. Là, quatre hommes arrivèrent de Koufa, montés sur leurs bêtes qu’ils poussaient à vive allure tout en menant (4) un cheval pour Nâfi‘ ibn Hilâl, appelé al-Kâmil, et se dirigèrent vers Husayn. Leur guide était un homme du nom d’at-Tirmâh ibn ‘Adiyy, qui avançait à cheval en disant :

Ô ma chamelle, ne sois pas effrayée par mes injonctions,
Hâte-toi avant l’arrivée de l’aube
Avec le meilleur des cavaliers et le plus noble des voyageurs,
Jusqu’à ce que tu rejoignes un homme magnanime,
Généreux, au cœur large ;
Dieu l’a envoyé pour la meilleure des causes
Et qu’Il le maintienne à jamais.

Al-Hurr voulut les empêcher de rejoindre Husayn, mais Husayn s’y opposa. Lorsqu’ils purent enfin l’approcher, il leur dit : « Renseignez-moi à propos de ceux qui se trouvent derrière vous. » L’un des quatre hommes, Mujma‘ ibn ‘Abd Allâh al-‘â’idhî (6), lui répondit : « Quant aux notables… »

(1) «Al-ʿUḏayb» : situé entre al-Qādisiyya et al-Mujatha, à quatre milles d’al-Qādisiyya. Cf. Maʿǧam al-Buldān (4/92). (2) Le récit avec le poème dans l’Histoire de Ṭabarī (5/404) et Ibn al-ʿAṯīr (4/49). (3) Seulement chez A, similaire dans l’Histoire de Ṭabarī (5/404). (4) «Al-Khabb wa al-Tajnīb» : deux qualités recommandées pendant la poursuite par les Perses. (5) «An-Najr» : la lignée et la filiation. (6) Chez A, édition d’al-ʿĀmirī. Le récit est dans l’Histoire de Ṭabarī (5/405) et dans al-Labāb d’Ibn al-ʿAṯīr (2/308).
وتراجعوا، فقال له الحرّ: إني لم أؤمر بقتالك، وإنما أُمرت أن لا أفارقك حتى أُقدمك الكوفة على ابن زياد، فإن أبيتَ فخذ طريقًا لا تقدمك الكوفة ولا تردّك إلى المدينة، واكتب أنت إلى يزيد، وأكتب أنا إلى ابن زياد إن شئت، فلعل اللَّه أن يأتيَ بأمر يرزقني فيه العافية من أن أُبتلى بشيء من أمرك. قال: فأخذ الحسين يسارًا عن طريق العُذَيب (١) والقادسيّة، والحرُّ بن يزيد يسايره وهو يقول له: يا حسين! إني أذكِّرك اللَّهَ في نفسك، فإني أشهد لئن قاتلتَ لتُقتلنّ، ولئن قوتلت لتَهلكنَّ فيما أرى. فقال له الحسين: أفبالموت تخوِّفني؟ ولكن أقول كما قال أخو الأوس لابن عمِّه وقد لقيه وهو يريد نصرة رسول اللَّه ﷺ فقال: أين تذهب فإنك مقتول؟ فقال: سَأمضي وما بالموتِ عارٌ على الفَتَى … إذا ما نوى حقًّا وجاهَدَ مُسْلِما وآسَى الرجالَ الصَّالحينَ بنفسِهِ … وفارقَ خَوْفًا أنْ يعيشَ ويُرْغَما ويروى على صفة أخرى: سَأمضي وما بالموتِ عارٌ على امرئٍ … إذا ما نوى حقًّا ولم يُلفَ مُجْرِما فإنْ متُّ لم أَندمْ وإنْ عشتُ لم أُلَمْ … كفى بكَ موتًا أن تَذِلَّ وتُرْغَما (٢) فلما سمع ذلك الحرُّ منه تنحَّى عنه وجعل يسير بأصحابه ناحية عنه، فانتهَوْا إلى عُذيب الهِجانات [كان بها هجائن النعمان ترعى هنالك] (٣) فإذا هم بأربعة نفر قد أقبلوا من الكوفة على رواحلهم يخبُّون ويجنِّبون (٤) فرسًا لنافع بن هلال يقال له الكامل، يقصدون الحسين، ودليلُهم رجل يقال له الطِّرِمَاح بن عديّ راكب على فرس وهو يقول: يا ناقتي لا تُذْعَري من زَجْري … وشمِّري قبلَ طلوعِ الفَجْر بخيرِ رُكبانٍ وخيرِ سَفْر … حتى تحلِّي بكريم النَّجْر (٥) الماجدِ الحرِّ رَحيبِ الصَّدر … أَتى بهِ اللَّهُ لخير أَمْر ثُمَّتَ أَبقاهُ بقاءَ الدَّهر فأراد الحرُّ أن يحُول بينهم وبين الحسين، فمنعه الحسين من ذلك، فلمّا خلَصوا إليه قال لهم: أخبروني عن الناس وراءكم، فقال له مجمع بن عبد اللَّه العائذي (٦) - أحد النفر الأربعة: أما أشراف الناس
(١) "العذيب": ما بين القادسية والمجثة، بينه وبين القادسية أربعة أميال. معجم البلدان (٤/ ٩٢). (٢) الخبر مع الشعر في تاريخ الطبري (٥/ ٤٠٤) وابن الأثير (٤/ ٤٩). (٣) من أ فقط، ومثله في تاريخ الطبري (٥/ ٤٠٤). (٤) "الخبب والتجنيب": صفتان تستحبان في عَدْو الفرس. (٥) "النجر": الأصل والحسب. (٦) في أ، ط: العامري. والخبر في تاريخ الطبري (٥/ ٤٠٥) واللباب لابن الأثير (٢/ ٣٠٨).

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