Al-Ḥuṣayn déclara : « Lorsque al-Husayn fut tué, ils demeurèrent deux ou trois mois comme si les murs étaient maculés de sang au lever du soleil, jusqu’à ce qu’il se fût un peu élevé (1). »
[Abu Mikhnaf a rapporté : « Lawdhan – l’un des Banû (2) ʿIkrimah – m’a informé qu’un de ses oncles questionna al-Husayn : “Où vas-tu ?” Il le lui expliqua. L’homme lui dit alors : “Je te conjure, par Allah, de rebrousser chemin. Par Allah, il n’y a devant toi personne, parmi ces gens, qui puisse te défendre ou combattre à tes côtés. En vérité – par Allah –, tu vas à la rencontre des lances et des sabres. Si ceux qui t’ont appelé t’avaient épargné la peine du combat et aplanissaient pour toi les difficultés, afin que tu puisses ensuite te rendre chez eux, l’idée aurait été judicieuse. Mais dans ces conditions, je ne crois pas que tu doives continuer.”
Al-Husayn lui répondit : “Il ne m’échappe pas ce que tu as dit ni l’opinion que tu formes, mais Allah ne peut être vaincu dans ce qu’Il décrète.” Puis il reprit la route en direction de Kufa. »]
Khalid ibn al-ʿÂṣ ajouta (3) :
« Il arrive souvent que celui à qui l’on demande conseil trompe et anéantisse,
tandis que celui dont on soupçonne l’intention se révèle un conseiller sincère. »
Cette année-là, ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿÂṣ dirigea le pèlerinage pour la population ; il était gouverneur de Médine et de La Mecque pour Yazid, qui avait destitué de l’autorité sur Médine al-Walîd ibn ʿUtbah pour y nommer ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿÂṣ en ramaḍân de ladite année [alors qu’ʿUbayd Allah ibn Ziyâd gouvernait Basra et Kufa] (4).
[Puis débuta l’année 61]
Cette année commença tandis qu’al-Husayn ibn ʿAlî marchait vers Kufa, entre La Mecque et l’Irak, accompagné de ses compagnons et de ses proches. Il fut tué le jour de ʿÂshûrâ’, au mois de Muḥarram de cette année, selon l’avis le plus répandu, confirmé par al-Wâqidî et d’autres. Certains prétendent qu’il fut tué en ṣafar de cette même année, mais la première version est la plus juste.
Voici la description de son exécution, tirée des propos des maîtres en la matière, non selon ce que prétendent les partisans du tashayyuʿ avec leurs inventions et calomnies flagrantes.
Abu Mikhnaf dit : « D’après Abû Janâb, d’après ʿAdî ibn Ḥarmalah, d’après ʿAbd Allah ibn Sulaym (5) et al-Mudrî ibn… »