Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abd Allâh n’obtint pas ce qu’il souhaitait, puis il apporta l’écrit à ‘Amr, qui y apposa son sceau. Abd Allâh dit alors à ‘Amr ibn Sa‘îd : « Envoie ton frère avec moi. » Celui-ci lui dépêcha donc son frère Yahyâ. Ils firent demi-tour jusqu’à rejoindre al-Husayn et lui présentèrent la lettre. Al-Husayn refusa de rebrousser chemin en déclarant : « J’ai vu le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) en songe, et il m’a ordonné une chose que je suis en train de réaliser. » Ils lui demandèrent : « Quelle est donc cette vision ? » Il répondit : « Je n’en parlerai à personne avant de rencontrer mon Seigneur. » (1)

Abû Mikhnaf a rapporté (d’après le récit de Muhammad ibn Qays) qu’al-Husayn poursuivit sa route, et lorsqu’il parvint à al-Hâjir, dans le lit de la rivière ar-Rummah (2), il envoya Qays ibn Mus-hir as-Saydâwî vers les habitants de Kûfa, en leur remettant une lettre : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part d’al-Husayn ibn ‘Alî à ses frères parmi les croyants et les musulmans. Que la paix soit sur vous. Je loue Dieu devant vous, Lui en dehors de qui il n’est point de divinité. Cela dit, la lettre de Muslim ibn ‘Aqîl m’est parvenue, dans laquelle il m’informe de la noblesse de votre opinion et de l’union de votre assemblée pour nous apporter soutien et revendiquer notre droit. Nous invoquons Dieu afin qu’Il nous accorde la meilleure issue et vous octroie la plus belle rétribution pour cela. Je suis parti de La Mecque pour vous le mardi, au huitième jour de Dhu l-Hijja (le jour de Tarwiya). Lorsque mon émissaire vous parviendra, agissez avec la plus grande prudence (3) et empressez-vous, car j’arriverai bientôt parmi vous, si Dieu le Très-Haut le veut. Que la paix soit sur vous ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. »

On rapporte que la lettre de Muslim était parvenue à al-Husayn vingt-sept jours avant que celui-ci ne fût tué. Elle disait : « Après quoi, sachez que l’émissaire ne trompe pas les siens : tous les habitants de Kûfa se tiennent à tes côtés. Viens dès que tu auras lu ma lettre. Que la paix soit sur toi. »

Par la suite, Qays ibn Mus-hir as-Saydâwî prit la route de Kûfa, porteur de la lettre d’al-Husayn. Lorsqu’il arriva à al-Qâdisiyya, al-Husayn ibn Numayr l’arrêta et l’envoya auprès de ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd. Celui-ci lui dit : « Monte au sommet du palais et maudis le menteur, fils du menteur. » Qays y monta, loua Dieu et L’exalta, puis s’adressa à la foule en ces termes : « Ô gens ! Voici al-Husayn ibn ‘Alî, le meilleur des créatures de Dieu. Il est le fils de Fâtima, la fille du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix). Je suis son émissaire auprès de vous. Je l’ai quitté à al-Hâjir, sur le cours d’ar-Rummah. Répondez-lui, écoutez-le et obéissez-lui. » Il maudit alors ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd et son père, et implora le pardon pour ‘Alî et al-Husayn. Sur ordre d’ibn Ziyâd, il fut précipité du haut du palais et son corps se brisa. D’aucuns affirment que ses os furent fracturés tout en conservant quelque souffle de vie. ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr al-Bajalî s’approcha de lui et l’égorgea, disant : « Je n’ai fait que mettre un terme à ses souffrances. » D’autres soutiennent qu’il s’agissait d’un homme qui ressemblait à ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, sans être réellement lui.

Dans une autre version, on raconte que c’est ‘Abd Allâh ibn Buqtar, frère de lait d’al-Husayn, qui fut le porteur de la lettre, et qu’il fut également jeté du sommet du palais. Dieu sait mieux la vérité (4).

Pendant ce temps, al-Husayn continuait sa route en direction de Kûfa, sans rien savoir des événements qui venaient de se produire.

(1) Al-Tārīkh d’al-Ṭabarī (vol. 5, p. 387-388). (2) Dans l’édition : « batan dhī al-rumma », ce qui est une erreur. Al-Rumma - avec un double mīm, puis un mīm simple - désigne une vallée dans Najd. (3) Ainsi dans les éditions A, B, M, tandis que dans l’édition T on trouve « faktimū » et dans le Tārīkh d’al-Ṭabarī « fākimshū ». (4) Al-Tārīkh d’al-Ṭabarī (vol. 5, p. 394-395).
ما أراد عبد اللَّه، ثم جاء بالكتاب إلى عمرو فختمه بخاتمه، وقال عبد اللَّه لعمرو بن سعيد: ابعث معي أخاك، فبعث معه أخاه يحيى، فانصرفا حتى لحقا الحسين، فقرأا عليه الكتاب، فأبى أن يرجع وقال: إني رأيت رسول اللَّه ﷺ في المنام وقد أمرني بأمر وأنا ماضٍ له، فقالا: وما تلك الرؤيا؟ فقال: لا أحدِّث بها أحدًا حتى ألقى ربي – Exalté soit-Il – (١) . قال أبو مِخْنف: وحَدَّثَنِي محمد بن قيس: أنَّ الحسين أقبل حتى إذا بلغ الحاجر من بطن الرُّمَّة (٢) ، بعث قيس بن مُسْهِر الصَّيداوي إلى أهل الكوفة، وكتب معه إليهم: بسم اللَّه الرحمن الرحيم، من الحسين بن عليٍّ إلى إخوانه من المؤمنين والمسلمين، سلام عليكم، فإني أحمَد إليكم اللَّهَ الذي لا إله إلّا هو، أما بعد، فإن كتاب مسلم بن عَقيل جاءني يخبرني فيه بحسن رأيكم، واجتماع ملئكم على نصرنا والطلب بحقنا، فنسأل اللَّه أن يحسن لنا الصنيع، وأن يُثيبكم على ذلك أعظم الأجر، وقد شخصتُ إليكم من مكة يوم الثلاثاء لثمان مضين من ذي الحجة يوم التَّرويَة، فإذا قدم عليكم رسولي فأكيسُوا (٣) أمركم وجدُّوا، فإني قادم عليكم في أيامي هذه إن شاء اللَّه تعالى، والسلام عليكم ورحمة اللَّه وبركاته. قال: وكان كتاب مسلم قد وصل إليه قبل أن يُقتل بسبع وعشرين ليلة، ومضمونه: أما بعد، فإن الرائد لا يَكذِبُ أهلَه، وإن جميع أهل الكوفة معك، فأَقبِل حين تقرأ كتابي هذا، والسلام عليك. قال: وأقبل قيس بن مُسهِر الصَّيداوي بكتاب الحسين إلى الكوفة، حتى إذا انتهى إلى القادسيَّة أخذه الحُصَين بن نمير، فبعث به إلى عبيد اللَّه بن زياد، فقال له ابن زياد: اصعَد إلى أعلى القصر فسُبَّ الكذّاب ابن الكذّاب. فصعِدَ، فحمد اللَّه وأثنى عليه ثم قال: أيها الناس! إنَّ هذا الحسين بن علي خير خلق اللَّه، وهو ابن فاطمة بنت رسول اللَّه ﷺ وأنا رسوله إليكم، وقد فارقتُه بالحاجر من بطن الرُّمَّة، فأَجيبوه واسمعوا له وأطيعوا. ثم لعن عبيد اللَّه بن زياد وأباه، واستغفر لعليٍّ والحسين. فأمر به ابن زياد، فأُلقي من رأس القصر فتقطَّع، ويقال: بل تكسَّرت عظامه وبقي فيه بقية رَمَق. فقام إليه عبد الملك بن عُمير البَجلي فذبحه وقال: إنما أردتُ إراحته من الألم - وقيل: إنه رجل يشبه عبد الملك بن عُمير وليس به. وفي رواية: أن الذي قدم بكتاب الحسين إنما هو عبد اللَّه بن بُقطر أخو الحسين من الرَّضاعة، فأُلقي من أعلى القصر. واللَّه أعلم (٤) . ثم أقبل الحسين يسير نحو الكوفة ولا يعلم بشيء من أخبار ما وقع.
(١) تاريخ الطبري (٥/ ٣٨٧ - ٣٨٨). (٢) وقع في ط: بطن ذي الرمة وهو خطأ. والرمة -بتشديد الميم ويخفف- واد بنجد. (٣) كذا في أ، ب، م، ووقعت في ط: فاكتموا وفي تاريخ الطبري: فاكمشوا. (٤) تاريخ الطبري (٥/ ٣٩٤ - ٣٩٥).

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