Fille du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et par Dieu, nul dont Dieu assure la protection ne nous est plus cher qu’al-Husayn. Alors prends garde de susciter contre toi-même ce que rien ne pourra réparer, dont les gens ne cesseront de se souvenir, et dont la mention ne se perdra pas jusqu’à la fin des temps. Que la paix soit sur toi.
‘Amr ibn Sa‘īd ibn al-‘Āṣ lui écrivit : « Après quoi… Al-Husayn s’est effectivement mis en route vers toi. Dans des moments pareils, on est affranchi ou bien on devient un esclave asservi comme le sont les autres esclaves. »
Al-Zubayr ibn Bakkār a dit : « Muḥammad ibn al-Ḍaḥḥāk m’a rapporté, d’après son père, que Yazīd écrivit à Ibn Ziyād : “Il m’est parvenu qu’al-Husayn s’est dirigé vers Kūfa. C’est à ton époque plutôt qu’à une autre époque, et dans ta province plutôt que dans une autre, que survient cette épreuve. Et c’est toi, parmi tous les gouverneurs, qui y es confronté : à ce moment-là, tu seras affranchi ou bien tu redeviendras un esclave réduit en servitude.” Ibn Ziyād le tua alors et envoya sa tête à Yazīd.” »
J’ajoute : le plus sûr est qu’il ne lui envoya pas la tête d’al-Husayn à Damas, comme il sera précisé.
[Selon un autre récit : Yazīd écrivit à Ibn Ziyād : « Il m’est parvenu qu’al-Husayn s’est mis en route vers l’Irak ; poste donc des guetteurs et des garnisons, sois sur tes gardes, et arrête quiconque te paraît suspect ou douteux, mais ne combats personne si ce n’est celui qui te combat. Tiens-moi au courant de toute nouvelle. Que la paix soit sur toi. »] (1)
Al-Zubayr ibn Bakkār a également rapporté, d’après Muḥammad ibn al-Ḍaḥḥāk : « Lorsque al-Husayn voulut quitter la Mecque pour Kūfa, il passa par la porte de la Mosquée sacrée en disant :
“Jamais je n’ai semé la panique parmi les troupeaux à l’aube en lançant un raid,
Ni ne fus traité de ‘Yazīd’ le jour où l’on m’humilia par crainte de la mort,
Tandis que les destins me guettent si jamais je recule.” (2)
Abū Mikhnaf a dit : Abū Janāb Yaḥyā ibn Abī Ḥayyah (3) rapporte, d’après ‘Adī ibn Ḥarmalah al-Asadī, qu’‘Abd Allāh ibn Sulaym et al-Mudhrī ibn al-Mishma‘ill al-Asadī (4) racontèrent : « Nous étions partis de Kūfa pour le pèlerinage et nous arrivâmes à la Mecque un jour de Tarwiyah (8 Ḏū l-Ḥijja). Nous y vîmes al-Husayn et Ibn al-Zubayr debout, en fin de matinée, entre le Ḥijr et la Porte. Nous entendîmes alors Ibn al-Zubayr dire à al-Husayn : “Si tu souhaites rester, reste donc, et assume la direction de cette affaire ; nous te soutiendrons, t’aiderons, te conseillerons et nous te prêterons serment d’allégeance.” Al-Husayn répondit : “Mon père m’a informé que la Maison sacrée serait profanée par le sacrifice d’un bélier ; je ne voudrais pas être ce bélier-là.” Ibn al-Zubayr lui dit : “Reste si tu le veux, et délègue-moi cette affaire : je serai obéi et personne ne me désobéira.” Al-Husayn répliqua : “Je ne désire pas cela non plus.” Ils firent alors en sorte de parler à voix basse, et ainsi demeurèrent-ils à se confier des propos jusqu’à ce que nous entendîmes la foule s’en aller (5), se mettant en route…” »