Uthmân, ses femmes et ses enfants le regardaient. Puis Ibn ‘Abbâs dit : « Tu as réjoui Ibn az-Zubayr en le laissant au Hijâz. Par Dieu, en dehors de qui il n’y a pas d’autre divinité, si je savais que, en te prenant par tes cheveux et ta mèche jusqu’à ce que les gens se rassemblent autour de toi et de moi, tu m’obéirais et resterais, je l’aurais fait. »
Il sortit ensuite de chez lui, rencontra Ibn az-Zubayr et lui dit : « Te voilà réjoui, ô Ibn az-Zubayr ? » Puis il déclama :
« Que tu es heureuse, ô tourterelle chez Ma‘mar !
L’espace est dorénavant libre pour toi : ponds et chante,
Picore tant que tu voudras,
Car aujourd’hui ton chasseur est tué, réjouis-toi ! »
Ensuite Ibn ‘Abbâs dit : « Voici al-Husayn (1), il part pour l’Irak et te laisse le Hijâz (2). »
Et plus d’un (3) a rapporté, d’après Shababa ibn Sawwâr, qui a dit : « Yahyâ ibn Ismâ‘îl ibn Sâlim al-Asadî nous raconta avoir entendu ash-Sha‘bî rapporter ces propos de Ibn ‘Umar : il se trouvait à La Mecque quand il apprit que Husayn ibn ‘Alî s’était mis en route pour l’Irak. Il le rejoignit après trois jours de marche et lui demanda : “Où vas-tu ?” Il répondit : “En Irak. J’emporte avec moi rouleaux et lettres.” Ibn ‘Umar répliqua : “Ce sont leurs lettres et leur serment d’allégeance.” Puis il l’exhorta : “Ne pars pas vers eux.” Mais Husayn refusa. Alors Ibn ‘Umar poursuivit : “Je vais te compter un récit : Gabriel vint trouver le Prophète ﷺ et lui laissa le choix entre ce bas-monde et l’au-delà ; il choisit l’au-delà et ne désirait pas la vie d’ici-bas. Tu es, toi, une partie du Messager de Dieu. Par Dieu ! Aucun d’entre vous ne gouvernera jamais ; si Dieu vous en a écartés, c’est pour quelque chose qui vous est plus profitable.” Mais Husayn refusa de faire demi-tour. Ibn ‘Umar l’enlaça alors en pleurant et dit : “Je te confie à Dieu, car tu seras tué.” »
Yahyâ ibn Ma‘în (5) déclara : « Abû ‘Ubayda nous a rapporté ceci, de Salîm ibn Hayyân, d’après Sa‘îd ibn Minâ, qui a dit : “J’ai entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Amr dire : ‘Le destin de Husayn s’est précipité. Par Dieu, si j’avais pu l’atteindre, je l’aurais empêché de partir, à moins qu’on ne m’eût vaincu par la force. C’est par les Banû Hâshim que cette autorité (le califat) a commencé, et c’est par les Banû Hâshim qu’elle s’achèvera. Lorsque tu verras un Hâshimite au pouvoir, sache que l’époque sera révolue.’” »
Puis j’ai dit : « Cela, conjointement au hadith d’Ibn ‘Umar, prouve que les Fâtimides étaient de faux prétendants, qui ne descendaient pas de Fâtima, ainsi que l’ont affirmé plus d’un savant, comme nous le verrons en son lieu, si Dieu le veut. »