Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Mikhnaf et d’autres parmi les chroniqueurs chiites rapportent ce récit :

Ibn Ziyad dit alors à Muslim : « Je vais te tuer. » Il répondit : « Vraiment ? » Ibn Ziyad reprit : « Oui. » Muslim répliqua : « Laisse-moi alors confier mes dernières volontés à certains membres de ma tribu. » Ibn Ziyad lui dit : « Fais tes recommandations. »

Muslim jeta un regard sur les personnes présentes et vit parmi elles ‘Amr ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs. Il l’appela : « Ô ‘Amr ! Nous sommes parents et j’ai un besoin à te confier, c’est un secret. Viens avec moi à l’écart du palais pour que je te le dise. » ‘Amr refusa de se lever avec lui tant que Ibn Ziyad ne lui en aurait pas donné la permission. Lorsque celui-ci y consentit, ‘Amr s’avança à une courte distance de Ibn Ziyad. Muslim lui dit alors : « J’ai en effet des dettes dans Kufa, s’élevant à sept cents dirhams. Acquitte-les pour moi. De plus, demande à Ibn Ziyad qu’il me laisse être enterré et récupère mon corps pour l’enterrer dignement. Enfin, envoie un message à al-Husayn, car je lui avais écrit pour lui dire que les gens étaient à ses côtés, mais je ne pense pas qu’il sache dans quelle situation ils se trouvent réellement. Je le crois en route. »

‘Amr se leva et rapporta à Ibn Ziyad ce que Muslim lui avait dit. Ibn Ziyad accepta de satisfaire tous ces points et ajouta : « Quant à al-Husayn, s’il ne vient pas à nous, nous n’irons pas à lui ; mais s’il se dirige contre nous, alors nous ne le laisserons pas faire. » Ensuite, Ibn Ziyad ordonna que Muslim ibn ‘Aqîl soit emmené en haut du palais. Sur le chemin, Muslim répétait : « Allâhu Akbar, il n’est de divinité que Dieu, Gloire à Lui, Louange à Lui, je demande Son pardon. » Il priait aussi pour les anges de Dieu et invoquait : « Ô Seigneur, juge entre nous et des gens qui nous ont attaqués et nous ont abandonnés ! »

Puis un homme appelé Bukayr ibn Humrân frappa le cou de Muslim et l’on jeta sa tête du haut du palais, suivie de son corps. Ibn Ziyad ordonna ensuite qu’on exécute Hânî ibn ‘Urwa al-Madhhajî dans le marché aux moutons, et qu’on le crucifie dans un endroit de Kufa nommé al-Kunâsa. Alors un poète, témoin de la scène, composa ces vers :

« Si tu ne sais pas ce qu’est la mort, regarde Hânî au marché et le fils d’Aqîl :
Le décret de l’Imam les a atteints ; ils sont devenus dès lors le sujet des récits de quiconque passe, de tous les chemins.
Vois ce héros à qui l’épée a fracassé le visage,
Et cet autre qui s’effondre mort du haut (1) de Tamâr.
Tu verras un corps dont la mort a changé la couleur,
Et l’effusion de son sang qui coule de partout.
Si vous ne vengez pas votre frère,
Alors comportez-vous comme une prostituée satisfaite de peu (2). »

Ibn Ziyad fit ensuite exécuter diverses autres personnes (3). Puis il envoya leurs têtes à Yazîd ibn Mu‘âwiya à Damas et lui écrivit une lettre décrivant ce qui s’était passé.

Il est rapporté également que, la veille de son départ de Bassora, ‘Ubayd Allâh prononça devant ses habitants un sermon éloquent où il les exhorta fortement, les mit en garde contre la division et les querelles, et les prévint contre la discorde et la sédition. Tel que le rapportent Hishâm ibn al-Kalbî et Abou Mikhnaf, d’après al-Ṣaq‘ab ibn Zuhayr.

(1) Dans al-Uṣūl et Murrūj al-Dhahab (3/69), dans al-Taṣwīb de l’Histoire de Ṭabarī (5/380) et Lisan al-‘Arab (ṭmr). « Al-ṭamār » : nom du lieu élevé. Le vers se récite avec ouverture ou fermeture du rā’. (2) Les transmetteurs diffèrent quant à l’auteur de ces vers. Dīnūrī dans al-Akhbār al-Ţawīlah (p. 242) les attribue à ‘Abd al-Raḥmān ibn al-Zubayr al-Asadī. Ils figurent dans l’Histoire de Ṭabarī (5/379-380) et al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (4/36) attribués à ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr ou à al-Farazdaq. Les premier et troisième vers sont des exemples figurant dans Lisan al-‘Arab sous la racine (ṭmr), précédés de vers de Sulaym ibn Salām al-Ḥanafī. Ces vers se retrouvent également dans Murrūj al-Dhahab (3/69), Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (12/211) et Sīr A‘lāam al-Nubalā’ (3/308). (3) Entre deux forteresses, il est tombé de b...
أبي مِخْنف وغيره من رواة الشيعة- ثم قال له ابن زياد: إني قاتلُك. قال: كذلك؟ قال: نعم. قال: فدعني أُوصي إلى بعض قومي، قال: أَوصِ، فنظر في جلسائه وفيهم عمر بن سعد بن أبي وقاص، فقال: يا عمر! إنَّ بيني وبينك قرابة، ولي إليك حاجة، وهي سرٌّ فقم معي إلى ناحية القصر حتى أقولها لك، فأبى أن يقوم معه حتى أَذن له ابن زياد. فقام فتنحَّى قريبًا من ابن زياد، فقال له مسلم: إنَّ علي دينًا في الكوفة سبعمئة درهم فاقضِها عني، واستوهبْ جثَّتي من ابن زياد فوارها، وابعث إلى الحسين فإني كنت فد كتبت له أن الناس معه، ولا أراه إلّا مقبلًا. فقام عمر، فعرض على ابن زياد ما قال له، فأجاز ذلك له كلّه وقال: أما الحسين فإنه إن لم يردنا لا نرده، وإن أرادنا لم نكفّ عنه. ثم أمر ابنُ زياد بمسلم بن عَقيل، فأُصعد إلى أعلى القصر وهو يكبِّر ويهلِّل ويسبِّح ويسغفر ويصلِّي على ملائكة اللَّه ويقول: اللهم احكم بيننا وبين قوم غزُّونا وخذلونا. ثم ضرب عنقه رجل يقال له بُكير بن حُمْران، ثم ألقى رأسه إلى أسفل القصر، وأتبع رأسه بجسده. ثم أمر بهانئ بن عروة المَذْحجي، فضربت عنقه بسوق الغنم، وصلب بمكان من الكوفة يقال له الكُنَاسة، فقال رجل شاعر في ذلك قصيدة: فإنْ كنتِ لا تَدْرينَ ما الموتُ فانظُري … إلى هانئٍ في السُّوق وابنِ عَقيل أصابَهُما أمرُ الإمام فأصبَحا … أحاديثَ مَنْ يغشى بكلِّ سَبيل [إلى بطلٍ فد هَشَّم السيفُ وجهَهُ … وآخر يَهْوي من (١) طَمَارَ قَتيل تَرَيْ جسَدًا قد غيَّر الموتُ لونَه … ونَضْحَ دمٍ قَدْ سال كلَّ مسيل فإنْ أنتمُ لم تَثْأروا بأخيكمُ … فكُونوا بَغِيًّا أُرْضِيتْ بقليل (٢) ثم إن ابن زياد قَتل معهما أناسًا آخرين] (٣) ثم بعث برؤوسهما إلى يزيد بن معاوية إلى الشام، وكتب إليه كتابًا صورة ما وقع من أمرهما. وقد كان عبيد اللَّه قبل أن يخرج من البصرة بيوم خطب أهلَها خطبة بليغة ووعظهم فيها وحذَّرهم وأنذرهم من الاختلاف والفتنة والتفرُّق. كما رواه هشام بن الكلبي وأبو مِخْنف، عن الصَّقْعب بن زهير،
(١) في الأصول ومروج الذهب (٣/ ٦٩) في، والتصويب من تاريخ الطبري (٥/ ٣٨٠) ولسان العرب (طمر). "والطمار": اسم المكان العالي. ويُنشَد البيت بفتح الراء وكسرها. (٢) اختلف الرواة في قائل هذه الأبيات، فقد نسبها الدينوري في الأخبار الطوال (ص ٢٤٢) لعبد الرحمن بن الزُّبَير الأسدي، وهي في تاريخ الطبري (٥/ ٣٧٩ - ٣٨٠) والكامل لابن الأثير (٤/ ٣٦) لعبد اللَّه بن الزّبير أو للفرزدق. والبيتان الأول والثالث منها من شواهد اللسان: مادة (طمر) ونسبقما فيه لسليم بن سلام الحنفي. والأبيات أيضًا في مروج الذهب (٣/ ٦٩) ومختصر تاريخ دمشق (١٢/ ٢١١) وسير أعلام النبلاء (٣/ ٣٠٨). (٣) ما بين حاصرتين سقط من ب.

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