Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il demeura auprès de son père jusqu’à ce que celui-ci fût tué. Lorsque la succession du califat revint à son frère al-Hasan et que celui-ci voulut conclure la paix avec Muʿāwiya, al-Husayn en fut contrarié et ne soutint pas l’avis de son frère, mais l’incita plutôt à combattre les gens du Shâm (Syrie). Alors son frère lui déclara : « Par Dieu, j’ai failli t’enfermer dans une maison et refermer sa porte sur toi jusqu’à ce que j’en aie fini avec cette affaire, puis te laisser sortir. » Voyant cela, al-Husayn se tut et se soumit.

Lorsque le califat fut finalement assuré à Muʿāwiya, al-Husayn se rendait chez lui avec son frère al-Hasan. Muʿāwiya les honorait considérablement, leur disait : « Bienvenue à vous ! » et leur accordait de généreux présents. Un jour, il leur attribua deux cent mille et dit : « Prenez-les, je suis bien le fils de Hind ! Par Dieu, personne ne vous accordera pareille somme avant moi ni après moi. » Al-Husayn répondit : « Par Dieu, ni toi ni quiconque avant ou après toi ne donnera à quelqu’un meilleur que nous. » Lorsque al-Hasan décéda, al-Husayn se rendait chaque année auprès de Muʿāwiya, et celui-ci le comblait de dons et d’égards.

Al-Husayn faisait partie des troupes qui prirent part à l’expédition contre Constantinople aux côtés de Yazîd ibn Muʿāwiya en l’an 51 (de l’Hégire). Quand l’on prit serment d’allégeance (bayʿa) à Yazîd de son vivant, al-Husayn fit partie de ceux qui refusèrent de prêter serment : lui, Ibn az-Zubayr, ʿAbd ar-Rahmân ibn Abî Bakr, Ibn ʿUmar et Ibn ʿAbbâs. Puis Ibn Abî Bakr mourut, persistant dans ce refus. Quand Muʿāwiya mourut l’an 60 et que l’on appela les gens à prêter allégeance à Yazîd, Ibn ʿUmar et Ibn ʿAbbâs le firent, tandis qu’al-Husayn et Ibn az-Zubayr tinrent bon dans leur opposition. Ils quittèrent Médine pour se réfugier à La Mecque, où ils demeurèrent ; la population se rassemblait alors auprès d’al-Husayn : ils venaient matin et soir, s’installaient autour de lui, écoutaient ses propos, dès qu’ils eurent appris la mort de Muʿāwiya et l’avènement de Yazîd.

Quant à Ibn az-Zubayr, il resta dans son oratoire auprès de la Kaʿba et ne se rendait auprès d’al-Husayn que comme les autres, sans pouvoir agir en quoi que ce fût de ses desseins en présence d’al-Husayn, conscient de la grande considération que les gens lui témoignaient et du fait qu’ils le plaçaient au-dessus de lui. Cependant, des troupes et des expéditions furent dépêchées contre La Mecque à cause de lui. Mais Dieu lui accorda la victoire sur elles, comme on l’a déjà rapporté, et elles s’éloignèrent de La Mecque en étant captives. ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr triompha de ceux qui voulaient l’anéantir parmi les partisans de Yazîd ; il frappa son frère ʿAmr, l’emprisonna, s’en vengea et l’humilia. La position d’Ibn az-Zubayr s’en trouva grandement renforcée au Hedjâz, et sa renommée se répandit au loin. Malgré tout, aux yeux des gens, il ne pouvait égaler al-Husayn, car leur inclination penchait vers lui en tant que grand seigneur, petit-fils du Messager d’Allâh (ﷺ). À cette époque, nul sur terre ne lui était similaire en statut, mais le pouvoir yézidite s’opposait entièrement à lui.

Beaucoup de lettres parvinrent alors à al-Husayn depuis l’Irak, l’exhortant à venir, lorsqu’ils surent la mort de Muʿāwiya, l’accession de Yazîd au pouvoir et le fait qu’al-Husayn s’était rendu à La Mecque afin d’éviter de prêter allégeance à Yazîd. Les premiers à arriver furent ʿAbd Allâh ibn Sabʿ al-Hamdânî et ʿAbd Allâh ibn Wâl, avec une lettre contenant leurs salutations et des félicitations pour la mort de Muʿāwiya. Ils se présentèrent à al-Husayn dix jours après le début du mois de Ramadan cette année-là. Puis ils dépêchèrent d’autres personnes, parmi lesquelles Qays ibn Mushir as-Sidâ’î, ʿAbd ar-Rahmân ibn ʿAbd Allâh ibn al-Kawwâ al-Arhabî et ʿAmâra ibn ʿAbd Allâh as-Sallûlî, portant près de cent cinquante lettres adressées à al-Husayn, puis ils envoyèrent

(1) Dans la version imprimée : « Et il a prêté serment à Yazīd. »
أبيه حتى قُتل. فلمّا آلت الخلافة إلى أخيه الحسن وأراد أن يصالح معاوية شقَّ ذلك عليه ولم يسدِّد رأي أخيه في ذلك، بل حثَّه على قتال أهل الشام، فقال له أخوه: واللَّه لقد هممتُ أن أسجنَكَ في بيت وأُطبق عليك بابه حتى أفرغ من هذا الشأن ثم أخرجك. فلمّا رأى الحسين ذلك سكت وسلم. فلمَّا استقرَّت الخلافة لمعاوية كان الحسين يتردَّد إليه مع أخيه الحسن فيكرمهما معاوية إكرامًا زائدًا ويقول لهما: مرحبًا وأهلًا، ويعطيهما عطاءً جزيلًا، وقد أطلق لهما في يوم واحد مئتي ألف وقال: خذاها وأنا ابن هند، واللَّه لا يُعطيكُماها أحد قبلي ولا بعدي. فقال الحسين: واللَّه لن تُعطيَ أنت ولا أحد قبلك ولا بعدك رجلًا أفضل منا. ولما توفي الحسن كان الحسين يفد إلى معاوية في كل عام فيعطيه ويكرمه. وقد كان في الجيش الذين غزوا القُسْطنطينيّة مع يزيد بن معاوية في سنة إحدى وخمسين، ولما أُخذت البيعة ليزيد في حياة معاوية كان الحسين ممِّن امتنع من مبايعته هو وابن الزُّبَير وعبد الرحمن بن أبي بكر وابن عمر وابن عباس، ثم مات ابن أبي بكر وهو مصمِّم على ذلك، فلمّا مات معاوية سنة ستين، ودُعي الناس إلى البيعة (١) ليزيد بايع ابن عمر وابن عباس، وصمَّم على المخالفة الحسينُ وابنُ الزُّبَير، وخرجا من المدينة فارَّين إلى مكة، فأقاما بها، فعكف الناس على الحسين يغدون إليه ويقدمون عليه ويجلسون حواليه ويسمعون كلامه حين سمعوا بموت معاوية وخلافة يزيد. وأما ابن الزُّبَير فإنه لزم مصلّاه عند الكعبة، وجعل يتردَّد في غبون ذلك إلى الحسين في جملة الناس، ولا يمكنه أن يتحرَّك بشيء ممَّا في نفسه مع وجود الحسين لما يعلم من تعظيم الناس له وتقديمهم إياه عليه، غير أنه قد تعيَّنت السرايا والبعوث إلى مكة بسببه، ولكن أظفره اللَّه بهم كما تقدم ذلك آنفًا، فانقشعت السرايا عن مكة مغلولين، وانتصر عبد اللَّه بن الزُّبَير على من أراد هلاكه من اليزيديِّين، وضرب أخاه عَمْرًا وسجنه واقتصَّ منه وأهانه. وعظُم شأن ابن الزُّبَير عند ذلك ببلاد الحجاز، واشتَهَر أمرُه، وبعُد صِيتُه، ومع هذا كلِّه ليس هو عند الناس مثل الحسين، بل الناس إنما ميلُهم إلى الحسين لأنه السيد الكبير، وابن بنت رسول اللَّه ﷺ فليس على وجه الأرض يومئذ أحد يساميه ولا يساويه، ولكن الدولة اليزيدية كانت كلها تناوئه. وقد كثر ورود الكتب عليه من بلاد العراق يدعونه إليهم -وذلك حين بلغهم موت معاوية، وولاية يزيد، ومصير الحسين إلى مكة فرارًا من بيعة يزيد- فكان أول من قدم عليه عبد اللَّه بن سبع الهَمْداني، وعبد اللَّه بن وال، ومعهما كتاب فيه السلام والتهنئة بموت معاوية، فقَدِما على الحسين لعشر مضَيْن من رمضان من هذه السنة، ثم بعثوا بعدهما نفرًا منهم قيس بن مُسْهر الصّدائي، وعبد الرحمن بن عبد اللَّه بن الكوا الأَرْحبي، وعمارة بن عبد اللَّه السَّلولي، ومعهم نحو من مئة وخمسين كتابًا إلى الحسين، ثم بعثوا
(١) في ط: وبويع ليزيد.

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