Abbas gagna Médine. Lorsque vint le serment d’allégeance (baï‘a) des provinces, Ibn ‘Umar (1) prêta alors lui aussi serment avec la population. Quant à al-Husayn et Ibn az-Zubayr, ils se rendirent à La Mecque, où ils trouvèrent ‘Amr Ibn Sa‘îd Ibn al-‘Âs. Ils en prirent crainte et dirent : « Nous sommes venus nous réfugier auprès de cette Maison (2). »
Cette même année – au mois de Ramaḍân – Yazîd Ibn Mu‘âwiya releva al-Walîd Ibn ‘Utba de l’autorité sur Médine pour négligence et la confia à ‘Amr Ibn Sa‘îd Ibn al-‘Âs, alors gouverneur de La Mecque. ‘Amr arriva à Médine durant Ramaḍân, et selon d’autres sources durant Dhû al-Qa‘da. Il se comportait (3) avec arrogance. Il donna à ‘Amr Ibn az-Zubayr – qui était l’ennemi de son frère ‘Abd Allâh – la mission de le combattre, et l’équipa pour cette tâche. ‘Amr Ibn Sa‘îd envoya ensuite des troupes vers La Mecque pour faire la guerre à Ibn az-Zubayr.
Il est rapporté dans les recueils authentiques (« as-Sahîhayn ») qu’Abû Shuraïḥ al-Khuzâ‘î déclara à ‘Amr Ibn Sa‘îd, alors qu’il dépêchait des expéditions contre La Mecque : « Permets-moi, ô émir, de te rapporter une parole (4) que le Messager de Dieu (ﷺ) a prononcée le lendemain de la conquête : mes deux oreilles l’ont entendue, mon cœur l’a retenue [et mes yeux l’ont vue] (5) lorsque cela fut énoncé. » Il loua Dieu, Le glorifia, puis dit :
« En vérité, c’est Dieu qui a fait de La Mecque un territoire sacré ; les hommes ne l’ont pas fait. Il n’a jamais été permis d’y combattre à quiconque avant moi et il ne sera permis à personne après moi. Il ne m’a été autorisé que durant une heure d’un jour. Aujourd’hui, sa sainteté est rétablie tout comme elle l’était hier. Que celui qui est présent transmette ce message à celui qui est absent. »
Dans une autre version, il est dit :
« Si quelqu’un prétend s’appuyer sur le combat que le Messager de Dieu (ﷺ) mena dans cet endroit, alors répondez-lui que Dieu l’avait autorisé à Son Prophète, mais ne vous l’a pas autorisé. »
On demanda à Abû Shuraïḥ : « Que t’a-t-il répondu ? » Il dit : « Il me répondit : “Nous en savons plus que toi, Abû Shuraïḥ ! Le sanctuaire ne protège pas un pécheur, ni celui qui fuit après avoir commis un meurtre, ni celui qui fuit ses dettes (6).” »
Al-Wâqidî rapporte que ‘Amr Ibn Sa‘îd confia la direction de la police de Médine à ‘Amr Ibn az-Zubayr. Celui-ci se mit à pourchasser les soutiens de son frère et tous ceux qui partageaient son inclination, et il les frappa durement. Il alla même jusqu’à frapper son propre frère al-Mundhir Ibn az-Zubayr (7) [ainsi que son fils Muḥammad Ibn al-Mundhir, ‘Abd ar-Raḥmân Ibn al-Aswad Ibn ‘Abd Yaghûth, ‘Uthmân Ibn ‘Abd Allâh Ibn Ḥakîm Ibn Ḥizâm, et Khubayb Ibn…].