Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Amr ibn Nufal ibn ‘Abd Manâf avait épousé la sœur de celle-ci, distincte d’elle et postérieurement, à savoir Kanûd bint Qaraẓa(1), qui fut celle qui l’accompagna lors de la conquête de Chypre.

Il se maria ensuite avec Nâ’ila bint ‘Umâra al-Kalbiyya, qui lui plut beaucoup. Il dit alors à Maysûn bint Baḥdal : « Entre et regarde ta cousine. » Elle y entra, l’interrogea à son sujet, puis déclara : « Elle possède une beauté parfaite, mais j’ai remarqué un grain de beauté sous son nombril. Je pense que cette femme verra son époux être tué et que l’on déposera sa tête sur ses genoux. » Mu‘âwiya la répudia donc, et après lui, elle épousa Ḥabîb ibn Maslama al-Fihrî(2). Puis, après la mort de Ḥabîb, elle fut prise en mariage par an-Nu‘mân ibn Bashîr, qui fut tué et dont la tête fut effectivement déposée sur ses genoux.

Parmi ses enfants les plus célèbres figure Yazîd, dont la mère est Maysûn bint Baḥdal ibn Unayf ibn Dulja ibn Qunâfa al-Kalbî. C’est elle qui était entrée chez Nâ’ila et avait rapporté ce qu’elle avait vu à Mu‘âwiya. Elle était réputée pour sa fermeté, son haut rang, sa grande beauté, son autorité, sa sagacité et sa piété. Un jour, Mu‘âwiya se rendit chez elle, accompagné d’un serviteur eunuque. Elle se cacha alors de lui. Mu‘âwiya lui dit : « C’est un eunuque, tu peux donc te montrer. » Mais elle répondit : « La mutilation ne lui rend pas licite ce qu’Allah lui a interdit » et le tint à distance d’elle. Selon un autre récit, elle lui dit : « Le simple fait que tu l’aies mutilé ne rend pas licite ce qu’Allah lui a défendu(3). » C’est pour cela qu’Allah confia à son fils Yazîd la fonction de calife après son père.

Ibn Jarîr rapporte également que Maysûn donna à Mu‘âwiya une autre fille nommée Amat Rabb al-Mashâriq, qui mourut en bas âge(4).

Ramla, une autre de ses filles, épousa ‘Amr ibn ‘Uthmân ibn ‘Affân. Elle possédait à Damas une maison sise près de la « station du Poissonnier » (vers ‘Uqba as-Samak), en face de la ruelle du Grenadier. C’est du moins ce qu’affirme Ibn ‘Asâkir, qui rapporte aussi qu’elle y avait un moulin, encore bien connu de nos jours(5).

Quant à Hind bint Mu‘âwiya, elle épousa ‘Abd Allâh ibn ‘Âmir. Lorsqu’on l’introduisit auprès de lui à al-Khaḍrâ’, près de la Grande Mosquée, il voulut consommer son mariage, mais elle s’y refusa catégoriquement. Il la frappa, et elle poussa un cri. Les servantes, en entendant sa voix, crièrent à leur tour si fort que Mu‘âwiya, les ayant entendues, accourut pour s’enquérir de la raison de leur émoi. Elles répondirent : « Nous avons seulement entendu le cri de notre maîtresse, alors nous avons crié nous aussi. » Mu‘âwiya entra et la trouva en pleurs, encore sous le choc des coups. Il s’écria alors à l’adresse d’Ibn ‘Âmir : « Malheur à toi ! Comment peux-tu frapper une telle femme, en une nuit pareille ? » Puis il lui ordonna de sortir, ce qu’il fit. Resté seul avec sa fille, Mu‘âwiya lui dit : « Ma fille, il est ton mari, qu’Allah t’a rendu licite. N’as-tu pas entendu le vers du poète : “Parmi les vierges pudiques, celle dont l’abord est interdit est redoutable ; mais, dès lors qu’elle t’est rendue licite, elle devient docile” ? »

(1) Entre deux cercles, la lettre « أ » est tombée, et le mot « كنود » dans l'édition « ط » est altéré en « كنوة », et dans le Tarikh al-Tabari (5/329) en « كتوة ». Ce que nous avons établi à partir de sa biographie dans le Tarikh Ibn Asakir, Biographies des femmes (p. 318), Nasab Quraysh (p. 204) et d'autres. (2) Altéré dans l'impression en « سلمة » et dans l'édition « ب » en « مسلم ». (3) Tarikh Ibn Asakir, Biographies des femmes (p. 397). (4) Tarikh al-Tabari (5/329). (5) Tarikh Ibn Asakir, Biographies des femmes (p. 95).
عَمرو بن نوفل بن عبد مناف، وقد تزوَّج بأختها منفردة عنها بعدها [وهي كَنُود بنت قرَظَة] (١) وهي التي كانت معه حين افتتح قُبرص. وتزوَّج نائلة بنت عُمارة الكلبيَّة، فأعجبته، وقال لميسون بنت بَحْدَل: ادخلي فانظري إلى ابنة عمِّك، فدخلت، فسألها عنها، فقالت: إنها لكاملة الجمال، ولكنْ رأيت تحت سُرَّتها خالًا، وإِنِّي لأرى هذه يُقتل زوجها ويوضع رأسُه في حِجْرها. فطلَّقها معاوية، فتزوَّجها بعده حبيب بن مَسْلَمة (٢) الفِهْري، ثم خلف عليها بعده النعمانُ بن بشير، فقُتل ووضع رأسُه في حِجْرها. ومن أشهر أولاده يزيد، وأُمُّه مَيْسون بنت بَحْدَل بن أُنيف بن دُلجة بن قُنافة الكلبي، وهي التي دخلت على نائلة فأخبرتْ معاوية عنها بما أخبرته، وكانت حازمة عظيمة الشأن جمالًا ورياسة وعقلًا ودينًا. دخل عليها معاوية يومًا ومعه خادم خَصي، فاستترتْ منه وقالت: من هذا الرجل معك؟ فقال: إنه خَصِي فاظهري عليه، فقالت: ما كانت المُثْلة لتُحِلَّ له ما حرَّم اللَّه عليه، وحجبته عنها. وفي رواية أنها قالت له: إن مجرد مُثْلتك له لن تُحِلَّ ما حرَّمه اللَّه عليه (٣) . فلهذا أولى اللَّه ابنها يزيد الخلافة بعد أبيه. وذكر ابن جرير: أن ميسونَ هذه ولدتْ لمعاوية بنتًا أخرى يقال لها: أمة ربِّ المشارق، ماتت صغيرة (٤) . ورَمْلة تزوَّجها عمرو بن عثمان بن عفان، كانت دارها بدمشق عند عقبة السمك تُجاه زقاق الرمّان. قاله ابن عساكر. قال: ولها طاحون معروفة إلى الآن (٥) . وهند بنت معاوية تزوَّجها عبد اللَّه بن عامر، فلما أُدخلت عليه بالخضراء جوار الجامع أرادها على نفسها فتمنَّعت عليه وأبت أشد الإباء، فضربها، فصرخت، فلما سمع الجواري صوتها صرخن وعلَت أصواتهن، فسمع معاوية فنهض إليهن فاستعلمهنَّ ما الخبر؟ فقلن: سمعنا صوت سيِّدتنا فصحنا، فدخل فإذا بها تبكي من ضربه، فقال لا بن عامر: ويحك! مثل هذه تضرب في مثل هذه الليلة؟ ثم قال له: اخرج من هاهنا، فخرج ابن عامر، وخلا بها معاوية فقال لها: يا بنيَّة! إنه زوجك الذي أحلَّه اللَّه لك، أو ما سمعتِ قول الشاعر: من الخَفِراتِ البِيض أمَّا حرامُها … فصعبٌ، وأما حلُّها فَذَلول؟
(١) ما بين حاصرتين سقط من أ. وتحرفت كنود في ط، ب إلى كنوة، وفي تاريخ الطبري (٥/ ٣٢٩) إلى كتوة، وما أثبتناه من ترجمتها في تاريخ ابن عساكر، تراجم النساء (ص ٣١٨) ونسب قريش (ص ٢٠٤) وغيرهما. (٢) تحرف في المطبوع إلى: سلمة، وفي ب إلى: مسلم. (٣) تاريخ ابن عساكر، تراجم النساء (ص ٣٩٧). (٤) تاريخ الطبري (٥/ ٣٢٩). (٥) تاريخ ابن عساكر، تراجم النساء (ص ٩٥).

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