Ensuite il dit : « Ô Dieu, allège la chute, pardonne l’erreur, et passe outre, dans Ta clémence, à l’ignorance de celui qui n’espère nul autre que Toi, car Tu es vaste en pardon. Le pécheur n’a d’issue face à sa faute qu’auprès de Toi. » (1)
Ibn Duraid le rapporta, par l’intermédiaire d’Abou Hâtim, d’Abou ‘Ubayda, d’Abou ‘Amr ibn al-‘Alâ. Il en fit mention en des termes semblables et ajouta : « Puis il mourut. » D’autres dirent : « Il tomba évanoui, puis revint à lui et dit à sa famille : “Craignez Dieu, car Dieu – exalté soit-Il – protège celui qui Le craint, et Il ne protège pas celui qui ne Le craint pas.” Puis il mourut. »
Abou Mikhnaf a rapporté d’après ‘Abd al-Malik ibn Nawfal qui dit : « Lorsque Mu‘âwiya mourut, Dahhâk ibn Qays monta en chaire et s’adressa aux gens, tenant dans ses mains les linceuls de Mu‘âwiya. Il loua Dieu et rendit gloire à Lui, puis déclara : “Mu‘âwiya était pour les Arabes un rempart, un soutien, et il les préservait. Par lui, Dieu a fait cesser la discorde, lui a donné l’autorité sur les serviteurs (Ses créatures), et a ouvert les contrées par son entremise. Sachez qu’il est mort, et voici ses linceuls ; nous allons l’y envelopper, le mettre dans sa tombe et le laisser face à ses œuvres. Puis ce sera l’intervalle jusqu’au Jour de la Résurrection. Que ceux qui désirent l’assister se présentent à la première prière.” Ensuite, il descendit de la chaire et envoya un courrier à Yazîd ibn Mu‘âwiya pour l’informer et le presser de venir.
Il n’y a aucune divergence sur le fait qu’il mourut à Damas en rajab de l’an soixante (de l’Hégire). Certains affirment : “Dans la nuit du jeudi, vers la mi-rajab de l’an soixante.” D’autres : “La nuit du jeudi, alors qu’il restait huit jours de rajab de l’an soixante.” C’est ce qu’ont rapporté Ibn Is’hâq et plusieurs. On a également dit : “Quatre jours déjà passés de rajab”, d’après al-Layth. Sa‘d ibn Ibrâhîm a dit : “Le premier jour de rajab.” Muhammad ibn Is’hâq et ach-Châfi‘î affirment que son fils Yazîd pria sur lui. D’après d’autres récits, il aurait légué qu’on l’enveloppât dans le vêtement du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) qu’il avait préservé pour ce jour, et que l’on place les cheveux et les coupures d’ongles qu’il détenait parmi ses reliques dans sa bouche, dans ses narines, et dans ses yeux et ses oreilles.
D’autres encore disent que son fils Yazîd étant absent, ce fut Dahhâk ibn Qays qui accomplit la prière funéraire pour lui après la prière de midi, dans la mosquée de Damas ; puis on l’enterra — selon certains — au palais du gouverneur, appelé le “Palais vert”, et selon d’autres, au cimetière de Bâb as-Saghîr. C’est l’avis majoritaire, et Dieu sait mieux. Il avait alors soixante-dix-huit ans, et d’autres estiment qu’il dépassait quatre-vingts ans.
Ensuite, Dahhâk ibn Qays partit à la tête d’une armée à la rencontre de Yazîd ibn Mu‘âwiya, qui se trouvait à Huwwârîn (2). Lorsqu’ils parvinrent à Thaniyyat al-‘Uqâb (3), ils croisèrent la caravane de Yazîd. Yazîd chevauchait une monture boukhty, le visage marqué par le deuil. Il les salua