Et Muhammad ibn Yaḥyā ibn Saʿīd a dit : « On interrogea Ibn al-Mubārak au sujet de Muʿāwiya. Il répondit : “Que puis-je dire d’un homme dont le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : ‘Dieu entend celui qui Le loue’ et qui, se trouvant derrière lui, déclara : ‘Ô notre Seigneur, à Toi la louange’ ?” On lui demanda alors : “Lequel est le meilleur, lui ou ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ?” Il répondit : “La poussière dans les narines de Muʿāwiya alors qu’il était avec le Messager de Dieu (ﷺ) est meilleure et plus valeureuse que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz.” (1)”
D’autres ont rapporté qu’Ibn al-Mubārak disait : « Pour nous, Muʿāwiya est un critère : si nous voyons quelqu’un le regarder de travers, nous le soupçonnons de malveillance envers le groupe (2) », c’est-à-dire envers les Compagnons.
Muhammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAmmār al-Mawṣilī et d’autres racontent que l’on demanda à al-Muʿafā ibn ʿImrān : « Lequel est meilleur, Muʿāwiya ou ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ? » Il se mit en colère et s’exclama : « Mets-tu un Compagnon du Prophète sur le même plan qu’un homme de la génération suivante (tābiʿīn) ?! Muʿāwiya était son Compagnon, son beau-frère, son scribe et le dépositaire de la Révélation divine. De plus, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Laissez-moi mes Compagnons et mes proches par alliance” (3). Quiconque les insulte encourt la malédiction de Dieu, des anges et de toute l’humanité.” Al-Faḍl ibn ʿAnbasa (4) a tenu des propos similaires.
Abū Tawba al-Rabīʿ ibn Nāfiʿ al-Ḥalabī (5) a déclaré : « Muʿāwiya est le voile qui protège les Compagnons de Muḥammad (ﷺ). Lorsque quelqu’un soulève ce voile, cela l’encourage à s’en prendre à ce qui se trouve derrière. »
Al-Maymūnī rapporte qu’Ahmed ibn Ḥanbal lui a dit : « Ô Abū al-Ḥasan ! Lorsque tu vois un homme dire du mal de l’un des Compagnons, soupçonne son islam. »
Al-Faḍl ibn Ziyād raconte : « J’ai entendu Abū ʿAbd Allāh (c’est-à-dire Ahmed ibn Ḥanbal) interrogé au sujet d’un homme qui dénigrait Muʿāwiya et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ. On lui demanda : “Faut-il le considérer comme un rāfiḍī ?” Il répondit : “Il n’aurait pas osé les attaquer s’il ne cachait pas un mal secret. Personne ne diminue un seul des Compagnons sans nourrir en lui une forme de mal.” »
Enfin, Ibn al-Mubārak rapporte, d’après Muḥammad ibn Muslim, lequel tenait cela d’Ibrāhīm ibn Maysara : « Je n’ai jamais vu ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz frapper qui que ce soit, excepté un homme qui avait injurié Muʿāwiya ; il le châtia alors de plusieurs coups de fouet. »