Ibn al-Sammâk a rapporté : « Muʿâwiya a dit : “Je peux satisfaire tout le monde, à l’exception de celui qui envie une grâce : rien ne saurait le contenter si ce n’est sa disparition.” »
Al-Zuhrî rapporta, d’après ʿAbd al-Malik, d’après Abû Baḥriyya, que Muʿâwiya déclara : « La noblesse de caractère (al-murūʾa) se fonde sur quatre choses : la chasteté (al-ʿafâf) en Islam, la bonne administration des biens, la fidélité entre frères et le respect envers le voisin. »
Abû Bakr al-Hudhalî raconta que Muʿâwiya composait des poèmes. Lorsqu’il accéda au califat, sa famille lui dit : « Tu as atteint le sommet, à quoi bon faire encore de la poésie ? » Un jour, il se laissa aller à la réflexion et déclama :
« J’ai rompu avec ma sottise et soulagé ma patience,
Bien que je ressente encore quelque réticence à supporter.
Pourtant je me lève quand elles m’appellent à leurs besoins,
Ces prunelles languissantes. » (1)
Al-Mughîra a rapporté d’après al-Shaʿbî : « Le premier à avoir prêché en étant assis fut Muʿâwiya, lorsqu’il prit du poids et que son ventre grossit. » Il a également été rapporté par al-Mughîra, d’après Ibrâhîm, que « le premier à prononcer le sermon du vendredi en restant assis fut Muʿâwiya ».
Abû al-Malîḥ raconta, d’après Maymûn : « Le premier à s’asseoir sur la chaire (minbar) fut Muʿâwiya, après avoir demandé la permission aux gens de le faire. »
Qatāda a rapporté, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib : « Le premier à lancer l’appel à la prière (adhân) ainsi que l’iqâma pour les prières de la Fête de la rupture du jeûne et du Sacrifice fut Muʿâwiya. »
Abû Jaʿfar al-Bâqir a dit : « Les portes de la Mecque n’avaient pas de verrous ; celui qui fit installer des portes fut Muʿâwiya. »
Abû al-Yamân, d’après Shuʿayb, d’après al-Zuhrî, a rapporté : « La tradition (as-sunna) a établi que le mécréant ne peut hériter du musulman ni le musulman du mécréant. Le premier à faire hériter le musulman de la succession du mécréant fut Muʿâwiya, mesure dont les Umayyades adoptèrent le jugement après lui, jusqu’à ce qu’arrive ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, qui revint à la tradition initiale. Plus tard, Hishâm rétablit la décision promulguée par Muʿâwiya et perpétuée par les Umayyades après lui. Al-Zuhrî fut également de cet avis. » (2)
« Il était aussi de tradition que la diya (le prix du sang) de l’allié (al-muʿâhad) soit équivalente à celle d’un musulman. Muʿâwiya fut le premier à la réduire de moitié et à s’approprier l’autre moitié. »
Ibn Wahb a rapporté, d’après Mâlik, d’après al-Zuhrî : « J’ai interrogé Saʿîd ibn al-Musayyib au sujet des Compagnons du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui). Il m’a dit : “Écoute, ô Zuhrî ! Quiconque meurt en aimant Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân et ʿAlî, en attestant que les dix (Compagnons) sont promis au Paradis, et en implorant la miséricorde pour Muʿâwiya, il est du droit de Dieu de ne pas lui demander de comptes sévères.” »
Saʿîd ibn Yaʿqûb al-Ṭalqânî raconta : « J’ai entendu ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak dire : “La poussière dans le nez de Muʿâwiya est plus précieuse que ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz.” »