Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se trouvait à Iliya (Jérusalem) au mois de Ramadan de l’an quarante, lorsque les habitants du Cham apprirent l’assassinat de ʿAlī. Cependant, il n’entra à Koufa qu’après s’être réconcilié avec al-Ḥasan au mois de Rabīʿ al-Awwal de l’an quarante et un, appelé « l’Année de l’Union » (ʿĀm al-Jamāʿa). Cette réconciliation eut lieu dans un endroit nommé Adhrūḥ (1), et, selon certains, à Maskan, dans la région du Sawād d’Irak du côté d’al-Anbār. Dès lors, Muʿāwiya exerça seul le pouvoir jusqu’à sa mort en l’an soixante.

D’aucuns ont dit que l’inscription sur la bague de Muʿāwiya était : « À chaque action sa récompense. » D’autres ont avancé qu’elle était plutôt : « Point de force si ce n’est en Dieu. » Yaʿqūb ibn Sufyān rapporte : « Abū Bakr ibn Abī Shayba et Saʿīd ibn Manṣūr nous ont transmis le récit suivant : Abū Muʿāwiya nous raconta, d’après al-Aʿmash, par l’intermédiaire de ʿAmr ibn Murra, puis de Saʿīd ibn Suwayd, que Muʿāwiya dirigea la prière du vendredi à al-Nukhayla – c’est-à-dire en dehors de Koufa – un matin. Après avoir prié, il prononça un sermon en disant : “Je ne vous ai pas combattus afin que vous jeuniez, que vous priiez, que vous accomplissiez le pèlerinage ou payiez l’aumône, car je savais bien que vous feriez tout cela. Je vous ai combattus seulement pour m’élever à votre tête. Dieu m’en a accordé la faveur, alors même que vous y étiez opposés.” (2) » Ce récit fut également rapporté par Muḥammad ibn Saʿd, selon Yaʿlā ibn ʿUbayd, d’après al-Aʿmash.

Par ailleurs, Muḥammad ibn Saʿd déclara : « ʿĀrim nous a rapporté que Ḥammād ibn Zayd (3) tenait de Maʿmar, lui-même d’après al-Zuhrī, que Muʿāwiya gouverna selon le modèle de ʿUmar pendant deux ans, sans y déroger, avant de s’en éloigner. » De son côté, Nuʿaym ibn Ḥammād dit : « Ibn Fuḍayl nous transmit, via al-Sarrī ibn Ismāʿīl, par l’intermédiaire de al-Shaʿbī, le témoignage de Sufyān ibn al-Layl : “J’ai dit à al-Ḥasan ibn ʿAlī, lors de son retour de Koufa vers Médine : ‘Ô toi qui humilies les croyants !’ — Ne dis pas cela, me répondit-il. J’ai entendu [mon père] (4) dire : ‘Les jours et les nuits ne s’achèveront pas avant que Muʿāwiya ne règne.’ J’ai donc compris que l’ordre de Dieu s’accomplirait, et j’ai préféré éviter que le sang des musulmans ne fût versé entre lui et moi.” »

Mujālid rapporte, d’après al-Shaʿbī, lui-même tenant de al-Ḥārith al-Aʿwar, qu’après son retour de Ṣiffīn, ʿAlī s’adressa ainsi aux gens : « Ô vous tous ! Ne détestez pas l’autorité de Muʿāwiya, car si vous vous en trouviez privés, vous verriez les têtes tomber de leurs épaules comme des coloquintes (5). »

Ibn ʿAsākir, s’appuyant sur sa propre chaîne de transmission, fit état des propos d’Abū Dāwūd al-Ṭayālisī : « Ayūb ibn Jābir nous a rapporté, d’après Abū Isḥāq, par l’intermédiaire de al-Aswad ibn Yazīd, que j’ai dit à ʿĀʾisha : “Ne t’étonnes-tu pas qu’un homme parmi les Tulaqāʾ (les ‘affranchis’ lors de la conquête de La Mecque) conteste la légitimité du califat aux compagnons de Muḥammad ﷺ ?” Elle répondit : “De quoi t’étonnes-tu ? C’est la souveraineté de Dieu : Il la confère aussi bien au vertueux qu’au pécheur. Pharaon régna bien sur le peuple d’Égypte pendant quatre cents ans.” (6) »

(1) Dans le manuscrit A : أدرح, et dans les manuscrits T, B : أدرج, ce qui est une erreur de transcription. Yāqūt a clairement indiqué dans son dictionnaire (1/129-130) que c'est avec le ḥāʾ lâmmé (ح), et il a dit : « Certaines personnes se sont trompées en le rapportant avec le jīm. » Il s'agit d'une ville en périphérie de la région du Levant, dans les environs de Balqāʾ et ʿAmman, proche des terres du Ḥijāz. (2) Le récit dans al-Maʿrifa wa at-Tārīkh (3/318), où apparaît Saʿīd ibn Suwayd, un personnage inconnu. (3) Distorsion dans le manuscrit T en : Yazīd. (4) Entre les deux occurrences dans le manuscrit B, et de même dans Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (25/43) et Sīr Aʿlām an-Nubalāʾ (3/147), tandis que dans les manuscrits A et T on trouve « Rasūl Allāh ﷺ ». (5) « Tundur » signifie « omettre ». (6) Après cela, dans le manuscrit T apparaît la phrase suivante : « et de même d'autres des mécréants », absente des manuscrits B, M ainsi que du Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (25/42).
بإيلياء في رمضان سنة أربعين حين بلغ أهل الشام مقتل علي، ولكنَّه إنما دخل الكوفة بعد مصالحة الحسن له في شهر ربيع الأول سنة إحدى وأربعين، وهو عام الجماعة، وذلك بمكان يقال له أَذْرُح (١) ، وقيل بمسكن من أرض سواد العرالتى من ناحية الأَنْبار، فاستقل معاوية بالأمر إلى أن مات سنة ستين. قال بعضهم: كان نقش خاتم معاوية: لكل عمل ثواب. وقيل: بل كان: لا قوَّة إلّا باللَّه. وقال يعقوب بن سفيان: حدَّثنا أبو بكر بن أبي شَيبة وسعيد بن منصور قالا: حدَّثنا أبو معاوية، حدَّثنا الأعمش، عن عمرو بن مرَّة، عن سعيد بن سويد قال: صلَّى بنا معاوية بالنُّخيلة -يعني خارج الكوفة- الجمعة في الضحى ثم خطبنا فقال: ما قاتلتكم لتصوموا ولا لتصلوا ولا لتحجوا ولا لتزكوا، قد عرفتُ أنكم تفعلون ذلك، ولكن إنما قاتلتكم لأتأمَّر عليكم، فقد أعطاني اللَّه ذلك وأنتم كارهون (٢) . ورواه محمد بن سعد، عن يعلَى بن عبيد، عن الأعمش به. وقال محمد بن سعد: حدَّثنا عارم، حدَّثنا حمّاد بن زيد (٣) ، عن مَعْمر، عن الزهري: أن معاوية عمل سنتين عمل عمر ما يخرم فيه، ثم إنه بَعُدَ عن ذلك. وقال نعيم بن حمّاد: حدَّثنا ابن فُضيل، عن السَّري بن إسماعيل، عن الشعبي، حدّثني سفيان بن الليل قال: قلت للحسن بن علي لمّا قدم من الكوفة إلى المدينة: يا مُذِلَّ المؤمنين. قال: لا تقل ذلك، فإني سمعت [أبي] (٤) يقول: "لا تذهبُ الأيام والليالي حتى يملكَ معاوية" فعلمت أنَّ أمر اللَّه واقع، فكرهتُ أن تُهراقَ بيني وبينه دماء المسلمين. وقال مُجالد: عن الشعبي، عن الحارث الأعور قال: قال عليٌّ بعدما رجع من صفِّين: أيها الناسُ! لا تكرهوا إمارة معاوية، فإنكم لو فقدتموه رأيتم الرؤوس تَنْدُر (٥) عن كواهلها كأنها الحنظل. وقال ابن عساكر بإسناده عن أبي داود الطيالسي: حدَّثنا أيوب بن جابر، عن أبي إسحاق، عن الأسود ابن يزيد قال: قلت لعائشة: ألا تعجبينَ لرجل من الطلقاء ينازع أصحاب محمد ﷺ في الخلافة؟ فقالت: وما تعجب من ذلك؟ هو سلطان اللَّه يؤتيه البَرَّ والفاجر، وقد ملك فرعون أهل مصر أربعمئة سنة (٦) .
(١) وقعت في أ: أدرح وفي ط، ب: أدرج وكله تصحيف، فقد نص ياقوت في معجمه (١/ ١٢٩ - ١٣٠) على أنها بالحاء المهملة وقال: وقد وهم فيه قوم فرووه بالجيم. وهي بلدة في أطراف الشام من نواحي البلقاء وعمان مجاورة لأرض الحجاز. (٢) الخبر في المعرفة والتاريخ (٣/ ٣١٨) وفيه سعيد بن سويد وهو مجهول. (٣) تحرف في ط إلى: يزيد. (٤) ما بين حاصرتين من ب، وم وكذلك في مختصر تاريخ دمشق (٢٥/ ٤٣) وسير أعلام النبلاء (٣/ ١٤٧)، ووقع في أ، ط: "رسول اللَّه ﷺ ". (٥) "تندر": تسقط. (٦) بعد هذا في ط العبارة الآتية: "وكذلك غيره من الكفار" وليست في ب، م ولا في مختصر تاريخ دمشق (٢٥/ ٤٢).

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