La dignité de son domaine fut ainsi préservée de ce qu’ils avaient manifesté à son sujet et de ce qu’ils lui attribuaient. (﴿Et le roi dit : « Amenez-le-moi, je veux me l’attacher (le réserver) pour moi-même. »﴾) c’est-à-dire : je vais en faire mon proche, un haut dignitaire de mon État, et un notable de ma cour. Lorsque le roi lui adressa la parole, écouta ses propos et constata sa situation, il déclara : (﴿« Aujourd’hui, tu as chez nous une haute place et tu jouis de la confiance. »﴾), c’est-à-dire : tu es investi d’un rang éminent et de la confiance (royale).
(﴿Il dit : « Mets-moi à la tête des trésors du pays, je suis certes un gardien avisé. »﴾) Il demanda ainsi au roi de le nommer responsable de ce qui concernait les greniers (1), en prévision du chaos qui risquait de survenir après l’écoulement des sept années d’abondance. Il voulait y veiller de manière à satisfaire Dieu en prenant des précautions pour eux et en faisant preuve de bonté envers eux. Il informa le roi qu’il était « حفيظ » : c’est-à-dire, capable de préserver ce qui lui serait confié sans le trahir, et « عليم », c’est-à-dire compétent pour gérer les affaires et ce qui relève de l’administration des greniers. Dans ce passage, il y a une preuve de la légitimité de demander la fonction de gouverneur lorsqu’on se sait honnête et apte à l’exercer.
Selon les gens du Livre, Pharaon honora grandement Joseph (que la paix soit sur lui), le plaçant à la tête de toute la terre d’Égypte, lui remit son anneau royal en soie, le para d’un collier d’or et le fit monter dans son second char. On cria devant lui : « Tu es seigneur et souverain. » Pharaon lui dit aussi : « Je ne te suis supérieur que par le trône. » Ils racontent que Joseph avait alors trente ans et que le roi lui donna pour épouse une femme de haut rang.
Al-Thaʿlabī (2) rapporte que Joseph démit « Affîr » de sa fonction et la prit pour lui-même. On dit que lorsque celui-ci mourut, il lui donna pour femme « Zulaykha » et découvrit qu’elle était toujours vierge : son époux ne s’approchait pas des femmes. Elle enfanta deux fils à Joseph (que la paix soit sur lui), « Éphraïm » et « Manassé ». On raconte que Joseph régna alors pleinement sur l’Égypte et qu’il gouverna avec justice. Hommes et femmes l’aimèrent.
On rapporte aussi que, le jour où Joseph entra auprès du roi, il avait trente ans et que le roi lui adressa la parole en soixante-dix (3) langues différentes; Joseph (4) lui répondit dans chacune de ces langues, ce qui impressionna le roi malgré le jeune âge de Joseph. Dieu sait mieux (5).
Dieu – Exalté soit-Il – dit : (﴿« Ainsi avons-Nous donné à Joseph le pouvoir sur la terre : il s’y installe où il veut. »﴾). Autrement dit, après son emprisonnement, sa détresse et son isolement, il eut toute liberté de circuler dans les contrées d’Égypte, où il séjourna où bon lui semblait, accueilli avec honneur, considéré et admiré, (﴿« Nous gratifions de Notre miséricorde qui Nous voulons et Nous ne faisons jamais perdre la récompense des bienfaisants. »﴾), c’est-à-dire que tout cela relève de la récompense et de la rétribution divine pour le croyant, en plus de ce qu’il aura accumulé pour l’Au-delà en immense bien et en abondante rémunération.
C’est pourquoi Dieu – Exalté soit-Il – dit : (﴿« Et la récompense de l’Au-delà est bien meilleure encore pour ceux qui croient et qui pratiquent la piété. »﴾).
On rapporte qu’« Affîr », le mari de « Zulaykha », était décédé, que le roi choisit alors Joseph pour le remplacer et lui donna la main de « Zulaykha ». Ainsi, Joseph fut-il ministre loyal.