Et c’est ainsi qu’al-Mada’ini rapporta qu’Omar avait tenu ces propos.
‘Amr ibn Yahyâ ibn Sa‘îd al-Omawî déclara, d’après son grand-père : « Mu‘âwiya entra auprès de ‘Omar vêtu d’un manteau vert. Les Compagnons le regardèrent attentivement, et lorsque ‘Omar le remarqua, il bondit vers lui avec son bâton et se mit à le frapper, tandis que Mu‘âwiya répétait : “Ô commandeur des croyants, par Dieu, par Dieu, épargne-moi !” Puis ‘Omar retourna s’asseoir à sa place et on lui dit : “Pourquoi l’as-tu frappé, ô commandeur des croyants, alors qu’il n’y a personne comme lui parmi ton peuple ?” ‘Omar répondit : “Par Dieu, je n’ai vu que du bien en lui et je n’ai entendu que du bien à son sujet. [Si j’avais appris autre chose, je lui aurais infligé un autre traitement que celui dont vous avez été témoins]. (1) Mais je l’ai vu” – en désignant sa main – “et j’ai voulu l’abaisser pour éviter qu’il ne s’enorgueillisse.” »
Abou Dâwoud a dit : « Nous a rapporté Sulaymân ibn ‘Abd ar-Rahmân ad-Dimashqî, qui tenait de Yahyâ ibn Hamza, qui tenait d’ibn Abî Maryam, que al-Qâsim ibn Mukhaymira l’informa que Abou Maryam al-Azdî l’informa en disant : “Je me rendis auprès de Mu‘âwiya et il me dit : ‘Que tu nous es agréable, Abou Untel !’ (2) – formule employée par les Arabes. Je lui répondis : ‘J’ai un hadith que j’ai entendu et que je souhaite te transmettre. J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dire :
« Quiconque Dieu investit d’une responsabilité concernant les affaires des musulmans et qui se soustrait à leurs besoins, à leurs difficultés (3) et à leur pauvreté, Dieu se soustraira à son tour à ses propres besoins, à ses difficultés et à sa pauvreté. »
À la suite de ce hadith, Mu‘âwiya mandate alors un responsable pour s’occuper des besoins des gens. (4)” »
Cette tradition est également rapportée par at-Tirmidhî (5) et par d’autres. L’imam Ahmad a rapporté : « Nous a transmis Marwân (6) ibn Mu‘âwiya al-Fazârî, qui tenait de Habîb ibn ash-Shahîd, d’après Abou Mijlaz, qui dit : “Mu‘âwiya se présenta devant les gens et ils se levèrent pour lui. Il leur dit : ‘J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dire :
« Quiconque aime que les hommes se dressent devant lui, qu’il prenne place au Feu. » (7)” »
Dans une autre version, on raconte : « Mu‘âwiya était sorti à la rencontre d’ibn ‘Âmir et d’ibn az-Zubayr. Ibn ‘Âmir se leva pour lui, mais pas ibn az-Zubayr. Alors Mu‘âwiya dit à ibn ‘Âmir : “Rassieds-toi, car j’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) dire :
« Quiconque aime que les serviteurs se lèvent devant lui, qu’il prenne place au Feu. » (8)” »