Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad a dit : « Rūḥ nous a rapporté : Abū Umayya ʿAmr ibn Yaḥyā ibn Saʿīd a déclaré : “J’ai entendu mon grand-père raconter que Muʿāwiya prit la cruche (1) après Abū Hurayra, puis suivit le Messager de Dieu ﷺ avec celle-ci — alors qu’Abū Hurayra se plaignait d’un mal. Tandis qu’il versait l’eau pour les ablutions du Messager de Dieu ﷺ, ce dernier releva la tête vers lui une ou deux fois, puis déclara : ‘Ô Muʿāwiya ! Si tu es un jour investi d’une autorité, crains Dieu et sois équitable.’” Muʿāwiya dit : “Depuis lors, je n’ai cessé de penser que j’allais être éprouvé par une fonction, à cause de la parole du Prophète ﷺ, jusqu’à ce que cela m’advienne.” Ce récit n’a été transmis que par Aḥmad (2). »

Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā l’a rapporté, selon Abū Isḥāq al-Hamdānī Saʿīd ibn Zunbūr ibn Thābit, d’après ʿAmr ibn Yaḥyā ibn Saʿīd. Ibn Mandah l’a également transmis d’après Bishr ibn al-Ḥakam, qui tenait ce hadith de ʿAmr ibn Yaḥyā. Abū Yaʿlā (3) a dit : « Suwayd ibn Saʿīd nous a rapporté : ʿAmr ibn Yaḥyā ibn Saʿīd, d’après son grand-père, d’après Muʿāwiya, lequel déclara : “J’ai suivi le Messager de Dieu ﷺ pour verser l’eau de ses ablutions. Quand il termina, il posa alors son regard sur moi et dit : ‘Ô Muʿāwiya ! Si tu viens à gouverner un jour, crains Dieu et sois équitable.’ Je n’ai cessé de croire que je serais éprouvé par un tel mandat, jusqu’à ce que je l’exerce effectivement.” »

Ghālib al-Qaṭṭān l’a rapporté d’après al-Ḥasan, qui a dit : « J’ai entendu Muʿāwiya prêcher. Il déclara : “Un jour, j’ai versé de l’eau pour les ablutions du Messager de Dieu ﷺ. Quand il eut fini, il releva la tête vers moi et dit : ‘Sache que tu tiendras un jour la charge après moi. Quand cela surviendra, reçois favorablement celui qui fait le bien parmi eux et pardonne à celui qui fait le mal.’” Puis Muʿāwiya dit : “Je n’ai cessé d’espérer que je parviendrais à ce poste jusqu’à ce que je m’y trouve aujourd’hui.” »

Al-Bayhaqī, d’après al-Ḥākim, selon sa chaîne de transmission remontant à Ismāʿīl ibn Ibrāhīm ibn Muhājir, qui le tenait de ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, rapporte : « Muʿāwiya a déclaré : ‘Par Dieu, rien ne m’a poussé à la fonction de calife si ce n’est la parole du Messager de Dieu ﷺ qui disait : “Si tu régis (les affaires), agis avec bienfaisance.”’” Al-Bayhaqī précise : “Ismāʿīl ibn Ibrāhīm est jugé faible, mais ce hadith possède toutefois des témoignages concordants (4).” »

Ibn ʿAsākir a rapporté, selon sa chaîne de transmission, d’après Nuʿaym ibn Ḥammād : « Muḥammad ibn Ḥarb nous a rapporté, d’après Abū Bakr ibn Abī Maryam, d’après Muḥammad ibn Ziyād, d’après ʿAwf ibn Mālik al-Ashjaʿī, qui a dit : “Alors que je dormais dans l’église Saint-Jean — qui était alors une mosquée où l’on priait — je me réveillai et vis un lion marcher devant moi. Je bondis pour saisir mon arme, mais le lion s’écria : ‘Du calme ! Je suis seulement envoyé à toi pour un message que tu devras transmettre.’ Je demandai : ‘Qui t’a envoyé ?’ Il répondit : ‘Dieu m’a envoyé afin que tu transmettes à Muʿāwiya son salut et que tu l’informes qu’il fait partie des gens du Paradis.’ Je répliquai : ‘Qui est ce Muʿāwiya ?’ Il répondit : ‘Muʿāwiya ibn Abī Sufyān.’” »

Al-Ṭabarānī a également rapporté ce récit, d’après Abū Yazīd al-Qarāṭīsī, d’après al-Muʿallā ibn al-Walīd al-Qaʿqāʿī, d’après Muḥammad ibn Ḥabīb al-Khawlānī, d’après Abū Bakr ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Maryam al-Ghassānī. La chaîne de transmission présente toutefois une faiblesse. Ce récit est très singulier et il se peut qu’il s’agisse d’un songe, la mention « Je me suis réveillé de mon sommeil » ayant pu être introduite par mégarde dans le texte par Ibn Abī Maryam. Dieu sait mieux.

(1) « Al-ʾIdāwah » : un petit récipient en cuir utilisé pour l’eau. (2) Il apparaît dans son Musnad (4/101) ; c’est un hadith sujet à des défauts, déjà mentionné au début du volume (p. 6), voir à cet endroit. (3) Musnad Abī Yaʿlā (n° 7380) ; sa chaîne de transmission est faible. (4) Voir ce qui a été dit au début de cette partie.
وقال الإمام أحمد: حدَّثنا رَوْح، حدَّثنا أبو أميَّة عمرو بن يحيى بن سعيد قال: سمعت جدِّي يحدث: أن معاوية أخذ الإداوة (١) بعد أبي هريرة فتبع رسول اللَّه ﷺ بها -وكان أبو هريرة قد اشتكى- فبينما هو يُوضئ رسول اللَّه ﷺ إذ رفع رأسه إليه مرةً أو مرتين وهو يتوضأ فقال: "يا معاوية! إنْ وليتَ أمرًا فاتَّقِ اللَّهَ واعدِل" . قال معاوية: فما زلت أظن أني سأُبتلى بعمل لقول النَّبِيّ ﷺ حتى ابتُليت. تفرد به أحمد (٢) . ورواه أبو بكر بن أبي الدنيا، عن أبي إسحاق الهمداني سعيد بن زُنْبور بن ثابت، عن عمرو بن يحيى بن سعيد. ورواه ابن مَنْدة من حديث بشر بن الحكم، عن عمرو بن يحيى به. وقال أبو يعلى (٣) : حدَّثنا سويد بن سعيد، حدَّثنا عمرو بن يحيى بن سعيد، عن جدِّه، عن معاوية قال: "اتبعت رسول اللَّه ﷺ بوضوء، فلما توضأ نظر إلي فقال: " يا معاوية! إنْ وليتَ أمرًا فاتَّقِ اللَّهَ واعدِل ". فما زلت أظن أني مبتلًى بعمل حتى وليت. ورواه غالب القطّان عن الحسن قال: سمعت معاوية يخطُب وهو يقول: صببت يومًا على رسول اللَّه ﷺ وضوءه، فرفع رأسه إلي فقال: "أما إنَّك ستَلي أمرَ أقَتي بعدي، فإذا كانَ ذلك فاقبَلْ من مُحسنِهم وتجاوَزْ عن مُسِيئهم ". قال: فما زلت أرجو حتى قمت مقامي هذا. وروى البيهقيّ عن الحاكم بسنده إلى إسماعيل بن إبراهيم بن مُهاجر، عن عبد الملك بن عُمير قال: قال معاوية: واللَّه ما حَملني على الخلافة إلّا قول رسول اللَّه ﷺ : "إنْ ملكتَ فأَحسِنْ ". قال البيهقيّ: إسماعيل بن إبراهيم هذا ضعيف، إلّا أن للحديث شواهد (٤) . وروى ابن عساكر بإسناده عن نُعيم بن حمّاد: حدَّثنا محمد بن حرب، عن أبي بكر بن أبي مريم، حدَّثنا محمد بن زياد، عن عوف بن مالك الأَشْجعي قال: بينما أنا راقد في كنيسة يوحنا -وهي يومئذ مسجد يصلَّى فيها- إذ انتبهت من نومي فإذا أنا بأسد يمشي بين يديّ، فوثبت إلى سلاحي، فقال الأسد: مَهْ، إنما أُرسلت إليك برسألة لتبلّغها. قلت: ومن أرسلك؟ قال: اللَّهُ أرسلني إليك لتبلِّغ معاوية السلام، وتعلمه أنه من أهل الجنة، فقلت له: ومن معاوية؟ قال: معاوية بن أبي سفيان. ورواه الطبراني، عن أبي يزيد القراطيسي، عن المعلّى بن الوليد القعقاعي، عن محمد بن حبيب الخَولاني، عن أبي بكر بن عبد اللَّه بن أبي مريم الغسّاني، وفيه ضعف. وهذا غريب جدًا، ولعل الجميع منامًا، ويكون قوله: "إذ انتبهت من نومي" مدرجًا لم يضبطه ابن أبي مريم، واللَّه أعلم.
(١) "الإداوة": إناء صغير من جلد يتخذ للماء. (٢) وهو في مسنده (٤/ ١٠١) وهو حديث معلول، وقد تقدم في أول المجلد الكلام عليه (ص ٦) فراجعه. (٣) مسند أبي يعلى (٧٣٨٠) وإسناده ضعيف. (٤) ما تقدم في أول هذا الجزء.

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