Après cela, vient le hadith d’Ibn Abî ‘Amîra : « Ô Allah, fais de lui un guide bien dirigé. »
J’ai dit : Al-Bukhârî rapporte dans le Livre des Mérites (chap. 2) ce qui suit à propos de Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân : « Nous a transmis al-Hasan ibn Bishr, qui tient de al-Mu‘âfâ, lui-même de ‘Uthmân ibn al-Aswad, d’après Ibn Abî Mulayka : Mu‘âwiya fit la prière du witr après la prière du ‘ishâ’ en une seule rak‘a, et il y avait auprès de lui l’affranchi d’Ibn ‘Abbâs. Ce dernier alla alors trouver Ibn ‘Abbâs, qui répondit : “Laisse-le faire, car il a côtoyé le Messager d’Allah (ﷺ).” » Il est aussi rapporté : « Nous a transmis Ibn Abî Maryam, de Nâfi‘ ibn ‘Umar, d’Ibn Abî Mulayka : on demanda à Ibn ‘Abbâs : “Que penses-tu de l’émir des Croyants, Mu‘âwiya, qui ne prie la prière du witr qu’en une seule rak‘a ?” Il répondit : “Il a raison ; c’est un homme avisé.” » Et plus loin : « Nous a transmis ‘Amr ibn ‘Abbâs, [Muhammad ibn] Ja‘far, Shu‘ba, d’après Abû t-Tayyâh, qui a entendu Humrân ibn Abân rapporter de la part de Mu‘âwiya : “En vérité, vous accomplissez une prière que nous n’avons jamais vue pratiquée par le Messager d’Allah (ﷺ), bien que nous l’ayons accompagné ; il l’a même interdite – c’est-à-dire les deux rak‘a après la prière de l’‘asr.” »
Al-Bukhârî dit ensuite : « À propos de Hind bint ‘Utba bint Rabî‘a : nous a transmis ‘Abdân, qui tient de ‘Abd Allah, d’après Yûnus, d’après az-Zuhrî, qui le tient de ‘Urwa : ‘Â’isha a dit : “Hind bint ‘Utba vint trouver le Messager d’Allah (ﷺ) et lui dit : ‘Ô Messager d’Allah ! Il n’y avait personne, parmi les habitants de la tente, que je haïssais plus que ceux de ta tente, et à présent je jure qu’aujourd’hui, il n’y a personne sur terre dont je souhaite davantage la noblesse et l’élévation que les tiens.’” (Puis, Hind rapporta :) Le Prophète (ﷺ) répondit : “Et encore ! Par Celui qui tient mon âme en Sa main !” » Hind poursuivit : « Ô Messager d’Allah ! Abû Sufyân est un homme avare. Ai-je commis un péché si je prends de ses biens pour nourrir notre famille ? » Il répondit : « Non, je ne le vois pas [illicite], seulement dans la mesure du convenable. »
La louange se trouve dans sa parole : « Et encore ! Par Celui qui tient mon âme en Sa main. » En effet, auparavant, il souhaitait que Hind, sa famille et tout mécréant s’humilient tant qu’ils demeuraient dans l’incrédulité. Mais lorsqu’ils se sont convertis à l’islam, il voulait qu’ils soient honorés ; ainsi Allah les a élevés – c’est-à-dire les gens de sa tente.