Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Et dans ce passage, “wa fīhi yaʿṣirūna” (﴿وَفِيهِ يَعْصِرُونَ﴾), il s’agit de ce qu’ils pressaient à partir des cannes à sucre, des raisins, des olives, du sésame et d’autres plantes. Joseph (sur lui la paix) leur interpréta ainsi le rêve et leur montra la voie du bien, en les guidant sur ce qu’ils devaient faire en périodes d’abondance et de disette : emmagasiner les grains durant les sept années de fertilité, dans leurs épis, à l’exception de ce qui était destiné à la consommation, puis réduire les semailles lors des sept années de sécheresse suivantes, car il était vraisemblable que la semence ne donnerait pas de récolte. Une telle explication révèle la perfection de son savoir et la profondeur de son raisonnement.

﴿Et le roi dit : “Amenez-le-moi !” Puis, lorsque le messager arriva auprès de lui, Joseph dit : “Retourne auprès de ton seigneur et demande-lui : ‘Que s’est-il passé avec les femmes qui se sont coupé les mains ? Mon Seigneur connaît bien leur ruse.’” (50) Le roi leur demanda : “Quelle était donc votre affaire lorsque vous avez sollicité Joseph pour qu’il cède à vos désirs ?” Elles répondirent : “À Dieu ne plaise ! Nous n’avons rien relevé de mal à son propos.” Alors la femme de l’Azîz (Zuleikha) s’écria : “La vérité s’est désormais révélée : c’est moi qui l’ai sollicité et, assurément, il est du nombre des véridiques.” (51) “C’est afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence, et certes Dieu ne guide pas la ruse des traîtres. (52) Je ne m’innocente cependant pas moi-même, car l’âme est très encline au mal, à moins que mon Seigneur n’ait fait miséricorde. Mon Seigneur est certes Pardonneur et Très Miséricordieux.” (53)﴾ [Yûsuf : 50-53].

Lorsque le roi prit pleinement conscience de la vaste science de Joseph (sur lui la paix), de la solidité de son discernement et de la justesse de son jugement, il ordonna qu’il soit amené en sa présence, afin qu’il fasse partie de son entourage proche. Quand le messager lui transmit cet ordre, Joseph préféra ne pas quitter sa prison avant que chacun ne sache qu’il y avait été enfermé à tort et injustement, et qu’il fût établi clairement qu’il était innocent des accusations mensongères portées contre lui. C’est pourquoi il dit : « Retourne auprès de ton seigneur », c’est-à-dire le roi, « et demande-lui : ‘Que s’est-il passé avec les femmes qui se sont coupé les mains ? Mon Seigneur connaît bien leur ruse.’ » On a dit que cela signifie : “Mon maître (l’Azîz) sait que je suis innocent de ce dont on m’a accusé.” Autrement dit, fais en sorte que le roi les interroge sur mon refus catégorique lorsqu’elles me sollicitèrent et m’incitèrent à un acte qui n’est ni convenable ni droit.

Lorsque ces femmes furent interrogées, elles reconnurent ce qui s’était réellement passé, et attestèrent aussi la conduite louable de Joseph : « Elles dirent : ‘À Dieu ne plaise ! Nous n’avons rien relevé de mal à son propos.’ » C’est alors que la femme de l’Azîz (Zuleikha) déclara : « Maintenant, la vérité s’est manifestée au grand jour : c’est moi qui l’ai sollicité, et il est assurément du nombre des véridiques », c’est-à-dire qu’il était sincère en affirmant son innocence, qu’il n’avait pas répondu à ses sollicitations et qu’il avait été jeté en prison par pure injustice et calomnie.

Dieu dit : ﴿“C’est afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence et que Dieu ne guide pas la ruse des traîtres.”﴾ Certains exégètes disent qu’il s’agit là de la parole de Joseph, c’est-à-dire : “Si j’ai tenu à ce que toute la vérité soit clairement établie, c’est pour que l’Azîz sache que je ne l’ai pas trahi en secret.” D’autres estiment qu’il s’agit de la suite de la parole de Zuleikha, avouant ainsi à son époux qu’elle ne l’avait pas trahi dans la réalité, puisque cela se limita à une tentative sans qu’il y eût eu de faute accomplie. Nombre de savants ont embrassé cette seconde opinion, tandis qu’Ibn Jarîr et Ibn Abî Hâtim n’ont rapporté que la première.

﴿“Et je ne m’innocente pas moi-même : car l’âme est très encline au mal, à moins que mon Seigneur n’ait fait miséricorde. Mon Seigneur est certes Pardonneur et Très Miséricordieux.”﴾ (53) Là encore, certains l’attribuent à la parole de Joseph, d’autres à celle de Zuleikha, en lien avec les deux explications énoncées. Le fait qu’il s’agisse de la suite du propos de Zuleikha semble plus cohérent et plus fort, Dieu sait mieux.

﴿Et le roi dit : “Amenez-le-moi pour que je le prenne à mon service particulier.” Lorsqu’il lui adressa la parole, [le roi] déclara : “Tu jouis aujourd’hui auprès de nous d’un rang élevé et de toute confiance.” (54) Il [Joseph] répondit : “Confie-moi l’intendance des réserves du pays, je suis en effet gardien et informé.” (55) C’est ainsi que Nous donnâmes à Joseph l’autorité sur cette terre, pour qu’il s’y établisse où il le voulait. Nous accordons Notre miséricorde à qui Nous voulons et ne laissons jamais perdre la récompense des bienfaisants. (56) La récompense de l’au-delà est certes meilleure pour ceux qui croient et craignent [Dieu]. (57)﴾ [Yûsuf : 54-57].

Ainsi, lorsqu’il apparut clairement au roi que Joseph était innocent de tout reproche, son rang s’éleva et il gagna la confiance du souverain.

﴿وَفِيهِ يَعْصِرُونَ﴾ يعني: ما كانوا يعصرونَه من الأقصاب والأعناب والزيتون والسُّمْسُم وغيرها، فعبَّرَ لهم، وعلى الخير دلَّهم وأرشدَهم إلى ما يعتمدونه في حالتيْ خِصْبهم وجَدْبهم، وما يفعلونه من ادِّخار حبوبِ سنيِّ الخِصْب في السبع الأول في سنبله، إلا ما يُرصدُ بسبب الأكلِ، ومن تقليل البذر في سنيِّ الجَدْب في السبع الثانية، إذ الغالبُ على الظَّنِّ أنه لا يردُّ البذر من الحقل، وهذا يدل على كمال العلم وكمال الرأي والفهم. ﴿وَقَالَ الْمَلِكُ ائْتُونِي بِهِ فَلَمَّا جَاءَهُ الرَّسُولُ قَالَ ارْجِعْ إِلَى رَبِّكَ فَاسْأَلْهُ مَا بَالُ النِّسْوَةِ اللَّاتِي قَطَّعْنَ أَيْدِيَهُنَّ إِنَّ رَبِّي بِكَيْدِهِنَّ عَلِيمٌ (٥٠) قَالَ مَا خَطْبُكُنَّ إِذْ رَاوَدْتُنَّ يُوسُفَ عَنْ نَفْسِهِ قُلْنَ حَاشَ لِلَّهِ مَا عَلِمْنَا عَلَيْهِ مِنْ سُوءٍ قَالَتِ امْرَأَتُ الْعَزِيزِ الْآنَ حَصْحَصَ الْحَقُّ أَنَا رَاوَدْتُهُ عَنْ نَفْسِهِ وَإِنَّهُ لَمِنَ الصَّادِقِينَ (٥١) ذَلِكَ لِيَعْلَمَ أَنِّي لَمْ أَخُنْهُ بِالْغَيْبِ وَأَنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي كَيْدَ الْخَائِنِينَ (٥٢) وَمَا أُبَرِّئُ نَفْسِي إِنَّ النَّفْسَ لَأَمَّارَةٌ بِالسُّوءِ إِلَّا مَا رَحِمَ رَبِّي إِنَّ رَبِّي غَفُورٌ رَحِيمٌ﴾ [يوسف: ٥٠ - ٥٣] . لما أحاطَ الملكَ علمًا بكمال علم يُوسف (رحمهم الله) ، وتمام عقله ورأيه السديد وفهمه، أمرَ بإحضاره إلى حضرتِه، ليكونَ من جملة خاصَّتِه. فلما جاءه الرسولُ بذلك أحبَّ ألا يخرجَ حتى يتبينَ لكلِّ أحد أنه حُبسَ ظلمًا وعدوانًا، وأنه بريءُ السَّاحة مما نسبوه إليه بهتانًا ﴿قَالَ ارْجِعْ إِلَى رَبِّكَ﴾ يعني: الملك ﴿فَاسْأَلْهُ مَا بَالُ النِّسْوَةِ اللَّاتِي قَطَّعْنَ أَيْدِيَهُنَّ إِنَّ رَبِّي بِكَيْدِهِنَّ عَلِيمٌ﴾ قيل: معناه إنَّ سيدي العزيز يعلمُ براءتي مما نُسبَ إليَّ. أي: فمر الملكَ فليسألهنَّ: كيف كان امتناعي الشديد عند مراودتهنَّ إيايَ وحثِّهنَّ لي على الأمر الذي ليس برشيدٍ ولا سديدٍ؟ فلما سُئلنَ عن ذلك اعترفنَ بما وقع من الأمر، وما كان منه من الأمر الحميد ﴿قُلْنَ حَاشَ لِلَّهِ مَا عَلِمْنَا عَلَيْهِ مِنْ سُوءٍ﴾ فعند ذلك ﴿قَالَتِ امْرَأَتُ الْعَزِيزِ﴾ وهي "زليخا" ﴿الْآنَ حَصْحَصَ الْحَقُّ﴾ أي: ظهرَ وتبيَّنَ ووضحَ، والحقُّ أحقُّ أنْ يُتَّبعَ ﴿أَنَا رَاوَدْتُهُ عَنْ نَفْسِهِ وَإِنَّهُ لَمِنَ الصَّادِقِينَ﴾ أي: فيما يقوله من أنه بريء، وأنه لم يُراودني، وأنه حُبِسَ ظلمًا وعدوانًا وزورًا وبهتانًا، وقوله ﴿ذَلِكَ لِيَعْلَمَ أَنِّي لَمْ أَخُنْهُ بِالْغَيْبِ وَأَنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي كَيْدَ الْخَائِنِينَ﴾ قيل: إنه من كلام يوسفَ، أي: إنما طلبتُ تحقيق هذا، ليعلمَ العزيزُ أني لم أخنْهُ بظهر الغيب. وقيل: إنه من تمام كلام "زليخا" أي: إنما اعترفتُ بهذا ليعلمَ زوجي أني لم أخنْه في نفسِ الأمر، وإنما كان مُراودةً لم يقع معها فعل فاحشةٍ، وهذا القولُ هو الذي نصرَه طائفةٌ كثيرةٌ من أئمة المتأخرين وغيرهم، ولم يحكِ ابنُ جرير وابن أبي حاتم سوى الأول. ﴿وَمَا أُبَرِّئُ نَفْسِي إِنَّ النَّفْسَ لَأَمَّارَةٌ بِالسُّوءِ إِلَّا مَا رَحِمَ رَبِّي إِنَّ رَبِّي غَفُورٌ رَحِيمٌ﴾ قيل: إنه من كلام يوسف، وقيل: من كلام "زليخا" وهو مُفرَّع على القوليْن الأوَّلين، وكونُه من تمام كلام "زليخا" أظهرُ وأنسبُ وأقوى، واللّه أعلم. ﴿وَقَالَ الْمَلِكُ ائْتُونِي بِهِ أَسْتَخْلِصْهُ لِنَفْسِي فَلَمَّا كَلَّمَهُ قَالَ إِنَّكَ الْيَوْمَ لَدَيْنَا مَكِينٌ أَمِينٌ (٥٤) قَالَ اجْعَلْنِي عَلَى خَزَائِنِ الْأَرْضِ إِنِّي حَفِيظٌ عَلِيمٌ (٥٥) وَكَذَلِكَ مَكَّنَّا لِيُوسُفَ فِي الْأَرْضِ يَتَبَوَّأُ مِنْهَا حَيْثُ يَشَاءُ نُصِيبُ بِرَحْمَتِنَا مَنْ نَشَاءُ وَلَا نُضِيعُ أَجْرَ الْمُحْسِنِينَ (٥٦) وَلَأَجْرُ الْآخِرَةِ خَيْرٌ لِلَّذِينَ آمَنُوا وَكَانُوا يَتَّقُونَ﴾ [يوسف: ٥٤ - ٥٧] . لما ظهرَ للملك براءةُ عِرْضِه

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies