Abî Rabâh rapporte d’après Ibn ‘Abbâs qui a dit : « Jibrîl (l’Ange Gabriel) vint au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et lui dit : “Ô Muhammad, transmets à Muʿâwiya le salut et recommande de bien le traiter, car il est le dépositaire (amîn) de Dieu pour Son Livre et Sa Révélation : quel excellent dépositaire !” » Ensuite, Ibn ʿAsâkir a cité ce récit par un autre chemin de transmission, remontant à ʿAbd al-Malik ibn Abî Sulaymân. Puis il l’a également rapporté selon ʿAlî et Jâbir ibn ʿAbd Allâh : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) consulta Jibrîl au sujet de confier l’écriture à Muʿâwiya. Celui-ci répondit : “Confie-lui cette tâche, car il est digne de confiance.” » Cependant, les chaînes de transmission de ces récits comportent des éléments inhabituels (gharâba). Ibn ʿAsâkir mentionne ensuite à ce propos d'autres récits, et il en va de même pour d’autres sources.
Abû ʿAwâna rapporte, par l’intermédiaire de Sulaymân, de ʿAmr ibn Murra, de ʿAbd Allâh ibn al-Hârith, de Zuhayr ibn al-Aqmar az-Zubaydî, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAmr, que « Muʿâwiya écrivait pour le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). »
Abû al-Qâsim al-Tabarânî dit : « Aḥmad ibn Muḥammad al-Ṣaydalanî nous a rapporté, d’après as-Sarî ibn ʿÂṣim, qui tenait lui-même de ʿAbd Allâh ibn Yaḥyâ ibn Abî Kathîr, lequel rapportait de son père, [qui rapportait] de Hishâm ibn ʿUrwa, [qui rapportait] de son père, d’après ‘Âʾisha : “Lorsque vint le jour réservé à Umm Ḥabîba avec le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), quelqu’un frappa à la porte. Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) demanda : ‘Voyez qui est-ce.’ Ils répondirent : ‘C’est Muʿâwiya.’ Il dit : ‘Faites-le entrer.’ Il entra alors, portant à son oreille un calame pour écrire. Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui demanda : ‘Qu’est-ce donc que ce calame sur ton oreille, ô Muʿâwiya ?’ Il répondit : ‘Un calame que j’ai préparé pour Dieu et pour Son Messager.’ Le Prophète reprit : ‘Qu’Allah te récompense au sujet de ton Prophète. Par Dieu, si je t’ai désigné comme scribe, c’est par révélation divine. Je n’entreprends rien, petit ou grand, sans révélation de Dieu. Comment feras-tu quand Dieu te revêtira d’un vêtement — sous-entendant la fonction de calife ?’ Alors Umm Ḥabîba se leva, s’assit devant lui et dit : ‘Ô Messager de Dieu, Dieu accordera-t-Il vraiment ce vêtement à mon frère ?’ Il répondit : ‘Oui, mais il y aura en cela quelques soucis.’ Elle dit : ‘Ô Messager de Dieu, prie donc pour lui !’ Il invoqua alors : ‘Ô Dieu, guide-le sur la bonne voie, préserve-le de la ruine et pardonne-lui dans cette vie et dans l’au-delà.’” » Al-Tabarânî déclare qu’as-Sarî ibn ʿÂṣim est le seul à avoir rapporté cela de ʿAbd Allâh ibn Yaḥyâ ibn Abî Kathîr, lequel le tenait de Hishâm.
Ibn ʿAsâkir a par la suite consigné de nombreux récits mensongers à ce sujet, si bien qu’il est étonnant, compte tenu de son érudition et de ses connaissances, qu’il ne se soit pas davantage attardé sur leur étrangeté et sur la faiblesse de leurs rapporteurs. Dieu seul guide vers ce qui est correct. Il a également rapporté, par la voie d’Abû Hurayra, d’Anas et de Wâthila ibn al-Asqaʿ, ce hadith attribué au Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : « Il y a trois dépositaires dignes de confiance : Jibrîl, moi-même et Muʿâwiya. » Toutefois, ce récit n’est valide d’aucune de ces voies.
Et l’on rapporte de Ibn ‘Abbâs : « Les dépositaires (amîn) sont sept : le Calame, la Table (al-Lawḥ), Isrâfîl, Mikâ’îl… »