Concernant cette affaire avec sa sœur, Umm Ḥabība, il déclara : « Cela ne m’est pas permis »(1). Nous avons déjà traité ce sujet dans un opuscule à part et mentionné les avis des imams ainsi que leurs justifications, louange à Dieu. L’intention ici est de montrer que Muʿāwiya faisait partie des scribes auprès du Messager de Dieu ﷺ, ceux qui consignaient la Révélation.
L’imam Aḥmad, Muslim et al-Ḥākim dans son “Mustadrak”(2) rapportent, par la chaîne de transmission remontant à Abū ʿAwāna al-Waḍḍāḥ ibn ʿAbd Allāh al-Yashkarī, d’après Abū Ḥamza ʿImrān ibn Abī ʿAṭāʾ, d’après Ibn ʿAbbās, qui raconte : « J’étais en train de jouer avec des enfants lorsque le Messager de Dieu ﷺ arriva. Je me suis dit : “Il ne vient que pour moi !”, alors je me suis caché derrière une porte. Il vint alors à moi et me poussa, une ou deux fois(3), puis il dit : “Va m’appeler Muʿāwiya” – car il consignait la Révélation. Je partis donc l’appeler et l’on me dit qu’il était en train de manger. Je revins vers le Messager de Dieu ﷺ et lui rapportai qu’il était en train de manger. Il me dit alors : “Va l’appeler.” J’y retournai une seconde fois et l’on me répondit de nouveau qu’il mangeait. Je l’en informai, et à la troisième fois, il déclara : “Que Dieu ne rassasie jamais son ventre.” » Le narrateur dit : « Il ne fut jamais rassasié ensuite. »
Muʿāwiya retira un bienfait de cette invocation dans sa vie ici-bas et dans l’au-delà. Dans sa vie terrestre, lorsqu’il devint gouverneur de Syrie, il arrivait qu’il mangeât sept fois par jour ; on lui servait un grand plat de viande dont il se contentait puis il recommençait, prenant sept repas quotidiens, ainsi qu’une abondance de friandises et de fruits. Il disait : « Par Dieu, je ne suis jamais rassasié, je suis seulement épuisé. » Voilà un bienfait et un estomac que tous les rois convoitent. Quant à son au-delà, Muslim a fait suivre ce hadith par un autre hadith que lui-même(4), al-Bukhārī et d’autres encore rapportent de multiples façons, auprès de plusieurs Compagnons, selon lequel le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Ô mon Dieu, je ne suis qu’un être humain. Tout serviteur que j’ai pu insulter, ou frapper, ou maudire alors qu’il ne le méritait pas, fais que cela soit pour lui une expiation et un moyen de se rapprocher de Toi le Jour de la Résurrection »(5). Muslim a combiné le premier hadith avec celui-ci pour en déduire un mérite en faveur de Muʿāwiya, et il n’en a rien rapporté d’autre.
Al-Musayyib ibn Wāḍiḥ a dit : d’après Abū Isḥāq al-Fazarī, d’après ʿAbd al-Malik ibn Abī Sulaymān, d’après ʿAṭāʾ ibn