Il existe de nombreux hadiths dans les deux Sahîh et ailleurs, dans les Sunan et les Musnad. Une multitude de Compagnons et de Successeurs ont rapporté de lui. Abou Bakr Ibn Abî al-Dunyâ a dit : « Muʿâwiya était grand, blanc et beau ; lorsqu’il riait, sa lèvre supérieure se retroussait, et il utilisait une teinture. » Muhammad Ibn Yazîd al-Azdî m’a rapporté – Abou Mus-hir nous a rapporté, d’après Saʿîd Ibn ʿAbd al-ʿAzîz, d’après Abou ʿAbd Rabb – qu’il a dit : « J’ai vu Muʿâwiya se teindre la barbe en jaune, comme de l’or. » D’autres ont mentionné qu’il était blanc, grand, au front dégarni (1), et qu’il avait la tête et la barbe blanches qu’il teignait au henné et au katam.
Vers la fin de sa vie, il fut frappé de laqwa (2), si bien qu’il couvrait son visage en disant : « Qu’Allah fasse miséricorde à tout serviteur qui invoque pour ma guérison, car j’ai été touché au plus bel endroit de ma personne, celui qui se voit. Sans mon penchant pour Yazîd, j’aurais reconnu la voie droite. » Il était clément, digne, un chef respecté parmi les gens, généreux, juste et déterminé.
Al-Madâ’inî rapporte, d’après Sâlih Ibn Kaysân : « Un de ces Arabes perspicaces aperçut un jour Muʿâwiya alors qu’il était enfant, et déclara : “Je soupçonne que ce garçon sera le seigneur de son peuple.” Hind répondit : “Que je sois privée de lui s’il ne devient que le chef de son peuple !” » Ash-Shâfiʿî a également rapporté qu’Abou Hurayra a dit : « J’ai vu Hind à La Mecque, son visage était tel un morceau de lune, et son postérieur était aussi imposant qu’un homme assis. Elle était accompagnée d’un enfant qui jouait. Un homme passa, le regarda, et dit : “Je vois en cet enfant, s’il vit, le futur seigneur de son peuple.” Hind répliqua : “Si son statut ne dépassait pas celui de son peuple, qu’Allah le fasse mourir !” Cet enfant n’était autre que Muʿâwiya Ibn Abî Sufyân. »
Muhammad Ibn Saʿd a dit : « ʿAlî Ibn Muhammad Ibn ʿAbd Allâh Ibn Abî Sayf nous a rapporté qu’un jour Abou Sufyân observa Muʿâwiya, encore jeune, et dit à Hind : “Mon fils a vraiment la tête imposante, et il paraît digne de commander son peuple.” Hind rétorqua : “Seulement son peuple ? Que je sois privée de lui s’il ne commande pas tous les Arabes !” » Hind le portait encore enfant et chantait :
« Vraiment, mon fils provient d’une noble ascendance,
Aimé parmi les siens, plein de mansuétude,
Il n’est ni grossier ni vil,
Ni lâche (4) ni cupide,
Membre des Banû Fihr, dont il est le chef,
Jamais il ne manque à sa promesse ni ne trompe (5). »
Le récit poursuit : « Lorsque ʿUmar investit Yazîd Ibn Abî Sufyân du pouvoir en Syrie, Muʿâwiya se rendit auprès de lui. Abou Sufyân dit alors à Hind : “Que penses-tu de ceci ? Mon fils devient le subordonné du tien !” Elle répondit : “Si les cavaliers arabes se mettent en mouvement, tu verras bien quelle sera la place de ton fils comparée à celle du mien.” »