Plus d’un a rapporté : lorsque Abou Hourayra voyait un convoi funèbre, il disait : « Partez donc, car nous vous suivrons ; ou partez tôt le matin, car nous vous rejoindrons le soir. » Et plusieurs ont relaté que, lorsque la mort approcha, il se mit à pleurer. On lui dit : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Je pleure à cause de la faiblesse de mes provisions (pour l’au-delà), de la dureté de la traversée, et parce que je me trouve sur un col escarpé qui me mènera soit au Paradis soit en Enfer, et j’ignore vers lequel je vais. » (1)
Mâlik rapporte, d’après Sa‘îd ibn Abî Sa‘îd al-Maqbourî, que Marwân entra auprès d’Abou Hourayra durant la maladie qui l’emporta. Il lui dit : « Qu’Allah te guérisse, ô Abou Hourayra. » Abou Hourayra répondit : « Ô Allah, j’aime Ta rencontre, aime aussi la mienne. » Marwân n’eut même pas le temps de regagner ses colombiers avant que Abou Hourayra ne meure (2).
Selon Ya‘qoub ibn Soufyân, d’après Dahîm, d’après Al-Walîd [d’après (3) ibn Djaabir], selon ‘Oumayr ibn Hânî, Abou Hourayra disait : « Ô Allah, ne me fais pas atteindre l’an soixante. » Or il mourut effectivement cette année-là ou l’année précédente. Al-Wâqidî dit pareillement qu’il décéda en l’an 59 (de l’Hégire), à l’âge de soixante-dix-huit ans. Al-Wâqidî ajouta qu’il fut celui qui célébra la prière funéraire sur ‘Âïcha pendant le mois de Ramaḍân, puis sur Oum Salama en Shawwâl de la même année, avant de mourir lui-même peu après. C’est ce qu’il a affirmé, bien que la vérité soit qu’Oum Salama est décédée après Abou Hourayra.
Plusieurs ont rapporté qu’il mourut en l’an 59, d’autres situent son décès en l’an 58, voire en 57, mais la plus connue des datations demeure l’an 59. On raconte que ce fut Al-Walîd ibn ‘Outba ibn Abî Soufyân, gouverneur de Médine, qui dirigea la prière funéraire, en présence d’Ibn ‘Oumar, d’Abou Sa‘îd et de nombreux autres Compagnons. Cela survint au moment de la prière de l’asr. Sa mort eut lieu chez lui à al-‘Aqîq ; on le transporta ensuite à Médine, où l’on pria sur lui avant de l’enterrer à al-Baqî‘. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et Sa satisfaction.
Al-Walîd ibn ‘Outba écrivit à Mu‘âwiya pour l’informer de la mort d’Abou Hourayra. Mu‘âwiya lui répondit : « Prends soin de ses héritiers, traite-les avec bonté, verse-leur dix mille dirhams, accorde-leur ta bienveillance et dispense-leur quelque faveur, car il fit partie de ceux qui soutinrent ‘Outhmân et se trouvait avec lui dans sa demeure. Qu’Allah leur fasse miséricorde à tous deux. »