Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Hammad ibn Salama rapporta, d’après Thabit, d’après Abou Rafi‘ : « Il arrivait que Marwân nomme Abou Hourayra gouverneur intérimaire de Médine. Alors, il montait sur un âne, rencontrait un homme et lui disait : “Voici l’émir” – sous-entendant sa propre personne. Il passait aussi auprès des enfants qui, la nuit, jouaient à un jeu bédouin – et lui était alors émir. Ils ne s’apercevaient de rien avant qu’il ne se jetât au milieu d’eux en agitant ses jambes comme un homme fou [afin de les faire rire]. Les enfants prenaient peur et fuyaient en riant (1)(2). »

Abou Rafi‘ raconta également : « Abou Hourayra m’avait invité un soir à son dîner, et il me disait : “Laisse la ‘urâq à l’émir” – faisant référence aux morceaux de viande. Je regardais alors et voyais qu’il s’agissait d’un plat de tharîd à l’huile (3). »

Ibn Wahb dit : « ‘Amr ibn al-Hârith me rapporta, d’après Yazîd ibn Ziyâd al-Quradhî, que Tha‘laba ibn Abî Mâlik lui raconta : “Abou Hourayra revint un jour du marché avec une brassée de bois, alors qu’il était gouverneur de Marwân. Il dit : ‘Fais de la place à l’émir, ô fils d’Abî Mâlik.’ Je lui répondis : ‘Puisse Dieu te préserver, cela suffit.’ Mais il insista : ‘Fais de la place à l’émir, et la brassée est encore sur son dos.’” » (4) Il a déjà été question de ce fait, et on en a rapporté de semblables par d’autres voies.

Abou z-Za‘ïza‘a – qui était le scribe de Marwân – a dit : « Marwân envoya cent dinars à Abou Hourayra. Le lendemain, il lui fit savoir : ‘Je me suis trompé et ne voulais pas t’envoyer cette somme ; je la destinais à un autre.’ Abou Hourayra répondit : ‘Je l’ai déjà distribuée en aumône. Lorsque mon maigre salaire arrivera, tu pourras la reprendre dessus.’ En réalité, il les avait entièrement données en charité. Marwân voulait simplement l’éprouver (5). »

L’imam Ahmad a dit : « Al-‘Alâ ibn ‘Abd al-Jabbâr nous rapporta, d’après Hammad ibn Salama, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd [d’après Sa‘îd] ibn al-Mousayyib, que : ‘Lorsque Mu‘âwiya faisait don d’argent à Abou Hourayra, celui-ci se taisait ; et s’il ne lui en donnait pas, il se mettait à parler’ (8). »

Plusieurs transmetteurs rapportent également qu’un jeune homme vint trouver Abou Hourayra et lui dit : « Ô Abou Hourayra ! Ce matin, je m’étais levé à jeun. Je suis entré chez mon père, qui m’a présenté du pain et de la viande, et j’ai mangé par oubli. » Abou Hourayra lui répondit : « C’est Dieu qui t’a nourri, ne t’inquiète pas. » Puis le jeune homme poursuivit : « Ensuite, je suis entré chez certains de mes proches, et l’on m’a donné du lait de chamelle en lactation, que j’ai bu en oubliant que je jeûnais. » Abou Hourayra lui dit : « Ne t’inquiète pas. » Le jeune homme ajouta : « Puis je me suis endormi, et à mon réveil, j’ai bu de l’eau – et dans une autre version, j’ai eu un rapport conjugal –, toujours par oubli. » Abou Hourayra conclut : « Ô mon neveu, tu n’as en rien enfreint ton jeûne (9). »

(1) Entre deux crochets, absent dans le manuscrit B. (2) Ṭabaqāt Ibn Saʿd, vol. 4, p. 336. (3) Source précédente. (4) Entre deux crochets, absent dans le manuscrit A. (5) Abū al-Zaʿīzʿa inconnu. Le récit se trouve dans l’Histoire d’Ibn ʿAsākir, abrégée (29/203). (6) Dans A, édition Abd al-Aʿlā et ce qui y est reproduit de B. (7) Omission dans l’édition imprimée. (8) Histoire d’Ibn ʿAsākir (19/125/B). (9) Abrégé de l’Histoire d’Ibn ʿAsākir (29/205).
وقال حمّاد بن سلمة: عن ثابت، عن أبي رافع: كان مروان ربما استخلف أبا هريرة على المدينة، فيركب الحمار ويلقى الرجل فيقول: قد جاء الأمير -يعني نفسه- وكان يمرُّ بالصِّبيان وهم يلعبون بالليل لعبة الأعراب -وهو أمير- فلا يشعرون إلَّا وقد ألقى نفسه بينهم ويضرب برجليه كأنه مجنون [يريد بذلك أن يضحكهم] (١) فيفزع الصِّبيان منه ويفرون عنه هاهنا وهاهنا يتضاحكون (٢) . قال أبو رافع: وبما دعاني أبو هريرة إلى عشائه بالليل فيقول: دع العُراق للأمير -يعني قطع اللحم- قال: فأنظر فإذا هو ثريد بالزيت (٣) . وقال ابن وهب: حدّثني عمرو بن الحارث، عن يزيد بن زياد القُرَظي، أن ثَعْلبة بن أبي مالك حدّثه: أن أبا هريرة أقبل في السُّوق يحمل حُزْمة حطب وهو يومئذ خليفة مروان [فقال: أَوسعِ الطريق للأمير يا بن أبي مالك، فقلت: أصلحك اللَّه يكفي هذا، فقال: أَوسِع الطريق للأمير والحُزْمة عليه] (٤) . وقد تقدم هذا. وروي نحوه من غير وجه. وقال أبو الزعيزعة - كاتب مروان: بعث مروان إلى أبي هريرة بمئة دينار، فلمّا كان الغد بعث إليه: إني غلطتُ ولم أردك بها، وإني إنما أردتُ غيرك. فقال أبو هريرة: قد أخرجتُها، فإذا خرج عطائي فخذها منه، وكان قد تصدَّق بها. وإنما أراد مروان اختباره (٥) . وقال الإمام أحمد: حدَّثنا العلاء (٦) بن عبد الجبّار، حدّثنا حمّاد بن سلمة، عن يحيى بن سعيد [عن سعيد] (٧) بن المسيِّب قال: كان معاوية إذا أعطى أبا هريرة سكت، وإذا أمسك عنه تكلَّم (٨) . وروى غير واحد، عن أبي هريرة: أنه جاءه شاب فقال: يا أبا هريرة إني أصبحتُ صائمًا، فدخلت على أبي، فجاءني بخبز ولحم، فأكلت ناسيًا. فقال: طعمةٌ أطعمكَها اللَّه، لا عليك. قال: ثم دخلتُ دارًا لأهلي، فجيء بلبن لِقْحَة، فشربتُه ناسيًا. قال: لا عليك. قال: ثم نمتُ فاستيقظت، فشربتُ ماءً - وفي رواية: وجامعتُ ناسيًا. قال أبو هريرة: إنك يا بن أخي لم تَعتَدِ الصيام (٩) .
(١) ما بين حاصرتين ليس في ب. (٢) طبقات ابن سعد (٤/ ٣٣٦). (٣) المصدر السابق. (٤) ما بين حاصرتين ليس في أ. (٥) أبو الزعيزعة لا يعرف. والخبر في تاريخ ابن عساكر، مختصره (٢٩/ ٢٠٣). (٦) في أ، ط: عبد الأعلى وما أثبته من ب. (٧) سقط من المطبوع. (٨) تاريخ ابن عساكر (١٩/ ١٢٥/ ب). (٩) تاريخ ابن عساكر مختصره (٢٩/ ٢٠٥).

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