«Nous partons tôt, ou partez dès l’aube, car nous repartirons le soir. C’est là un sermon éloquent, et une inattention (1) prompte : le premier s’en va et il reste à l’autre, sans raison.
Al-Hâfidh Abû Bakr ibn Mâlik a dit : “‘Abd Allâh ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté, et il m’a rapporté que Abû Bakr Layth ibn Khâlid al-Bajalî (2) nous a rapporté ceci : ‘Abd al-Mu’min ibn ‘Ubayd (3) Allâh as-Sadûsî a déclaré : ‘J’ai entendu Abû Yazîd al-Madînî dire : Abû Hurayra monta sur la chaire du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), un degré en dessous de celle du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), à l’entrée, et il dit : “Malheur aux Arabes d’un mal qui approche ! Malheur à eux du gouvernement des jeunes gens : ils jugent selon leur passion et tuent sous l’emprise de la colère.”’”
L’imâm Ahmad a dit : “Alî ibn Thâbit nous a rapporté, d’après Usâma ibn Zayd, d’après Abû Ziyâd — l’affranchi d’Ibn ‘Abbâs — d’après Abû Hurayra, qui a dit : ‘Je possédais quinze dattes. J’ai rompu mon jeûne avec cinq, j’en ai utilisé cinq comme provision, et j’ai gardé cinq pour rompre mon jeûne (4).’”
Il rapporte également : “Abd al-Malik ibn ‘Amr nous a rapporté : Ismâ‘îl — c’est-à-dire al-‘Abdî — nous a rapporté, d’après Abû al-Mutawakkil, qu’Abû Hurayra avait une servante d’origine zanj qui leur causait beaucoup de contrariétés par son travail. Un jour, il leva le fouet sur elle et déclara : ‘N’était la rétribution du Jour de la Résurrection, je t’en aurais frappée. Toutefois, je vais te vendre à quelqu’un qui m’en paiera le prix quand j’en aurai le plus besoin. Va-t’en, car tu es affranchie pour la Face de Dieu – Exalté soit-Il – (5).’”
Hammâd ibn Salama a rapporté d’après Ayyûb, d’après Yahmâ ibn Abî Kathîr, d’après Abû Salama, qu’Abû Hurayra tomba un jour malade. Je suis entré pour le visiter et j’ai dit : “Ô mon Dieu, guéris Abû Hurayra !” Il répondit : “Ô mon Dieu, ne la lui rends pas.” Puis il ajouta : “Ô Abâ Salama, il est sur le point de venir une époque où la mort sera plus aimée à l’homme que l’or rouge (6).”
‘Atâ’ a rapporté d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Lorsque vous verrez six choses, si l’âme de l’un d’entre vous est encore dans sa main, qu’il la rende ! C’est pour cela que je désire la mort de peur d’être touché par ces maux : quand on confirmera les sots, que le jugement sera mis en vente, que le sang sera banalisé, que les liens de parenté seront rompus, que les sbires se multiplieront (7), et qu’apparaîtra une génération (8) qui fera du Coran une sorte de flûte (9).”