Lorsqu’ils firent halte, ils dressèrent la nappe du repas et l’invitèrent à manger avec eux. Il répondit : « Je suis en jeûne. » Lorsqu’ils furent sur le point d’achever leur repas, il vint et se mit à manger. Les gens regardaient alors celui qu’ils avaient envoyé vers lui, et il leur dit : « Je remarque vos regards ; par Dieu, il m’a pourtant dit qu’il jeûnait. » Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) déclara : « Il dit vrai. J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Le jeûne du mois de la patience (Ramadân) et le jeûne de trois jours chaque mois équivaut au jeûne perpétuel.” Pour ma part, j’ai déjà jeûné trois jours au début du mois ; je suis donc considéré comme ne jeûnant pas, par l’allègement de Dieu, tout en demeurant jeûneur grâce à l’augmentation de Sa récompense (– Exalté soit-Il –). » (1)
L’imâm Ahmad a rapporté : « ʿAbd al-Malik ibn ʿAmr nous a relaté, Ismâʿîl nous a relaté d’après Abû al-Mutawakkil, d’après Abû Hurayra : il arrivait que lui-même et certains de ses compagnons, lorsqu’ils jeûnaient, s’asseyaient à la mosquée et disaient : “Nous purifions notre jeûne.” » (2)
Et l’imâm Ahmad a dit également : « Abû ʿUbayda al-Haddâd nous a relaté, ʿUthmân ash-Shahhâm Abû Salama nous a relaté, Farqad as-Sabakhî nous a relaté ceci : “Abû Hurayra tournait autour de la Kaʿba en disant : ‘Malheur à moi à cause de mon ventre ! Si je le rassasie, il m’étouffe (3), et si je le laisse vide, il m’affaiblit (4).’” »
L’imâm Ahmad rapporta également, d’après ʿIkrima, qu’Abû Hurayra disait : « Je demande pardon à Dieu (– Exalté soit-Il –) et je me repens auprès de Lui douze mille fois par jour, ce qui correspond au montant de mon prix du sang (5). »
ʿAbd Allâh ibn Ahmad a, lui aussi, rapporté qu’Abû Hurayra possédait un fil comportant douze mille nœuds, avec lequel il faisait ses formules de glorification (tasbîh) avant de s’endormir. Dans une autre version, il était composé de deux mille nœuds, et il ne s’endormait jamais avant d’avoir terminé ses glorifications. Ce dernier récit est plus authentique que le précédent.
Au moment où la mort l’atteignit, il pleura. On lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? » Il répondit : « Je ne pleure pas sur votre monde, mais je pleure à cause de la longueur de mon voyage, du peu de provisions que j’ai préparées, et parce que je me retrouve face à deux issues : l’ascension et la descente aboutissant soit au Paradis, soit à l’Enfer. Je ne sais pas vers lequel de ces deux chemins je serai conduit (6). »
Qutaybah ibn Saʿîd rapporta : « Al-Faraj ibn Faḍâlah nous a relaté, d’après Abû Hurayra, qu’il a dit : “Lorsque vous ornez vos mosquées et enjolivez vos exemplaires du Coran, la ruine s’abattra sur vous.” » (7)
Quant à at-Tabarânî, il a rapporté d’après Maʿmar, qui disait : « J’ai appris qu’Abû Hurayra, lorsqu’il passait près d’un cortège funéraire, disait : “Hâtez-vous, car nous…” »