Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Jurayj a rapporté, d’après la personne qui le lui a dit, qu’Abou Hurayra déclara : « Je subdivise la nuit en trois parties : une partie pour la récitation du Coran, une partie pour dormir et une partie pour méditer sur les hadiths du Messager de Dieu. » (1)

Et Muhammad ibn Sa‘d a dit : « Nous ont rapporté Muslim ibn Ibrahim, puis Ishaq ibn ‘Uthman al-Qurashi, et enfin Abou Ayyoub, qui affirment : Abou Hurayra possédait un oratoire (masjid) dans sa chambre, un autre dans sa demeure, un autre dans son réduit et encore un autre devant sa porte. Lorsqu’il sortait, il priait dans chacun de ces oratoires, et lorsqu’il rentrait, il y priait également. » (2)

‘Ikrima a dit : « Abou Hurayra répétait chaque nuit douze mille tasbih (formules de glorification de Dieu), en disant : “Je glorifie Dieu selon le montant de ma diya (rachat ou compensation selon la loi).” » (3)

Hushaym a rapporté, d’après Ya‘la ibn ‘Ata, d’après Maymoun ibn Mayssara (4), qu’Abou Hurayra poussait deux grands cris chaque jour : au début du matin, il clamait : « La nuit s’en est allée, le jour est arrivé, et la famille de Pharaon est exposée au Feu », et lorsque arrivait le soir, il s’écriait : « Le jour est parti, la nuit est venue, et la famille de Pharaon est exposée au Feu. » Quiconque entendait sa voix cherchait protection auprès de Dieu contre le Feu.

‘Abd Allah ibn al-Mubarak a dit : « Nous ont rapporté Moussa ibn ‘Ubayda, puis Ziyad ibn Thawban, qu’Abou Hurayra déclara : “Ne jalouse jamais un pécheur pour la faveur qu’il a reçue, car derrière lui se tient un poursuivant qui ne lâche rien : l’Enfer, et chaque fois que ses flammes faiblissent, Nous (Dieu) les rallumons violemment.” » (5)

Ibn Luhay‘a a dit, d’après Abou Younus, d’après Abou Hurayra : « Un jour, il dirigea la prière pour les gens, et après avoir prononcé le salut final, il éleva la voix et dit : “Louange à Dieu qui a fait de la religion quelque chose d’équilibré et qui a fait d’Abou Hurayra un imam, moi qui n’étais auparavant que l’employé de la fille de Ghazwan, contre un ventre rassasié et la possibilité de transporter mes pieds.” » (6)

[Et Ibrahim ibn Ishaq al-Harbi a dit : « Nous ont rapporté ‘Affan, puis Soulaym ibn Hayan : j’ai entendu mon père rapporter d’Abou Hurayra ces propos : “J’ai grandi orphelin, j’ai émigré pauvre, et j’étais l’employé de la fille de Ghazwan pour un simple repas et le portage de mes pieds (7). Je chantais pour eux en chemin quand ils montaient à cheval, je ramassais du bois quand ils s’arrêtaient. Louange à Dieu qui a élevé la religion, et qui a fait d’Abou Hurayra…” »]

(1) Histoire d'Ibn ʿAsākir, abrégé, vol. 29, p. 199. (2) Rapporté par Aḥmad dans al-Zuhd (pp. 261-262), et al-Mukhāʿ : lieu de sommeil. (3) Semblable dans l'Histoire d'Ibn ʿAsākir, abrégé (29/199), et il est mentionné dans A, B sous le terme : religieux. (4) Dans al-Uṣūl : Maymūn ibn Abī Maysara, et ce qui a été établi à son sujet concernant la critique et l’éloge (8/235) et autres. Le récit se trouve dans l'Histoire d'Ibn ʿAsākir, abrégé (29/199). (5) Histoire d'Ibn ʿAsākir, abrégé (29/200). (6) Rapporté par Abū Nuʿaym dans al-Ḥilya (1/379). (7) Cela signifie : l’attaque pendant sa montée.
وقال ابن جُرَيج عمّن حدثه قال: قال أبو هريرة: إني أجزِّئ الليل ثلاثة أجزاء: فجزءًا لقراءة القرآن، وجزءًا أنام فيه، وجزءًا أتذكَّر فيه حديث رسول اللَّه (١) . وقال محمد بن سعد: حدَّثنا مسلم بن إبراهيم، حدَّثنا إسحاق بن عثمان القرشي، حدَّثنا أبو أيوب قال: كان لأبي هريرة مسجد في مَخْدَعه، ومسجد في بيته، ومسجد في حجرته، ومسجد على باب داره، إذا خرج صلَّى فيها جميعها، وإذا دخل صلَّى فيها جميعها (٢) . وقال عكرمة: كان أبو هريرة يسبِّح كل ليلة اثني عشر ألف تسبيحة، ويقول: أسبِّح على قدر ديتي (٣) . وقال هُشيم: عن يَعْلى بن عطاء، عن ميمون بن (٤) مَيْسرة قال: كانت لأبي هريرة صيحتان في كل يوم، أول النهار صيحة يقول: ذهب الليل وجاء النهار وعُرض آل فرعون على النار، وإذا كان العشيُّ يقول: ذهب النهار وجاء الليل وعُرض آل فرعون على النار. فلا يسمع أحدٌ صوته إلَّا استعاذ باللَّه من النار. وقال عبد اللَّه بن المبارك: حدَّثنا موسى بن عبيدة، عن زياد بن ثوبان، عن أبي هريرة قال: لا تَغْبطَن فاجرًا بنعمة فإنَّ من ورائه طالبًا حثيثًا طلبُه، جهنَّم كلما خَبَتْ زدناهم سعيرًا (٥) . وقال ابن لَهِيعة: عن أبي يونس، عن أبي هريرة: أنه صلَّى بالناس يومًا، فلمّا سلَّم رفع صوته فقال: الحمدُ للَّه الذي جعل الدّين قوامًا، وجعل أبا هريرة إمامًا، بعدما كان أجيرًا لابنة غَزْوان على شبع بطنه، وحَمُولة رِجْله (٦) . [وقال إبراهيم بن إسحاق الحَرْبي: حدَّثنا عفّان، حدَّثنا سليم بن حيان قال: سمعت أبي يحدِّث عن أبي هريرة قال: نشأت يتيمًا، وهاجرت مسكينًا، وكنت أجيرًا لابنة غزوان بطعام بطني، وعُقْبة رجلي (٧) ، أحدو بهم إذا ركبوا، وأحتطب إذا نزلوا، فالحمدُ للَّه الذي جعل الذين قوامًا، وجعل أبا هريرة
(١) تاريخ ابن عساكر، مختصره (٢٩/ ١٩٩). (٢) أخرجه أحمد في الزهد (ص ٢٦١ - ٢٦٢)، والمخاع: مكان النوم. (٣) مثله في تاريخ ابن عساكر، مختصره (٢٩/ ١٩٩)، ووقع في أ، ب: ديني. (٤) في الأصول: ميمون بن أبي ميسرة، وما أثبته من الجرح والتعديل (٨/ ٢٣٥) وغيره. والخبر في تاريخ ابن عساكر، مختصره (٢٩/ ١٩٩). (٥) تاريخ ابن عساكر، مختصره (٢٩/ ٢٠٠). (٦) أخرجه أبو نعيم في الحلية (١/ ٣٧٩). (٧) يعني: نوبة ركوبه.

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