Récit : Il arrive qu’on attribue à Kaʿb des propos du Messager de Dieu, et au Messager de Dieu des propos de Kaʿb. Craignez donc Dieu et faites preuve de prudence dans la transmission des hadiths.
Yazīd ibn Hārūn a dit : « J’ai entendu Shuʿbah déclarer : “Abū Hurayra pratiquait la tadlīs”, [c’est-à-dire qu’il rapportait à la fois ce qu’il avait entendu de Kaʿb et du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sans distinguer l’un de l’autre] » (1) – mentionné par Ibn ʿAsākir (2).
Il semble que Shuʿbah fasse allusion par là au hadith : « Quiconque se réveille en état de souillure majeure ne doit pas jeûner. » En effet, lorsqu’on interrogea Abū Hurayra à ce sujet, il répondit : « C’est quelqu’un d’autre qui me l’a rapporté, et je ne l’ai pas entendu du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). » (3)
Sharik a dit, d’après Mughīra, d’après Ibrāhīm : « Nos compagnons laissaient de côté certains hadiths d’Abū Hurayra. » [Et al-Aʿmash a rapporté, d’après Ibrāhīm : « Ils n’acceptaient pas tous les hadiths d’Abū Hurayra. »] (4)
Sufyān ath-Thawrī a dit, d’après Manṣūr, d’après Ibrāhīm : « Ils voyaient un problème dans certains hadiths d’Abū Hurayra et ne retenaient de ses récits [que ceux] décrivant le Paradis ou l’Enfer, ou incitant à une bonne action, ou interdisant un mal déjà prohibé par le Coran. » (5)
Ibn ʿAsākir a défendu Abū Hurayra et a réfuté ces propos d’Ibrāhīm an-Nakhaʿī. Un groupe de savants de Kūfa avait néanmoins tenu le même discours qu’Ibrāhīm, tandis que la majorité des savants s’y oppose. Par ailleurs, Abū Hurayra faisait preuve d’une grande véracité, d’une excellente mémoire, d’une piété sincère, d’une assiduité dans l’adoration, d’une ascèse et d’un engagement religieux remarquables.
Hammād ibn Zayd rapporte, d’après ʿAbbās al-Jurayrī, d’après Abū ʿUthmān an-Nahdī : « Abū Hurayra priait pendant un tiers de la nuit, sa femme pendant un autre tiers, et sa fille le dernier tiers. Le premier se levait pour prier, puis éveillait le suivant, qui réveillait ensuite le troisième. » (6)
Dans les “Deux Ṣaḥīḥ” (al-Bukhārī et Muslim), on rapporte qu’il a dit : « Mon bien-aimé (que Dieu le bénisse et le salue) m’a recommandé de jeûner trois jours chaque mois, d’accomplir deux rakʿa pour la prière de ḍuḥā et de faire la prière du witr avant de m’endormir. » (7)