Et Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Il demeura donc en prison quelques années » ; et Il a dit : « En quelques années » [ar-Rûm : 4]. Ceci vient en réfutation de cette affirmation.
Al-Farrâ’ a dit : « On dit “bida‘ata ‘ashara” (quelques dizaines), ainsi que “bida‘ata wa-‘ishrûna” (vingt et quelques) jusqu’à quatre-vingt-dix. En revanche, on ne dit pas “bida‘ wa-mi’a” (cent et quelques) ni “bida‘ wa-alf” (mille et quelques). » Al-Jawharî n’était pas d’accord pour tout ce qui dépasse “bida‘ata ‘ashara” et il a interdit qu’on dise “bida‘ata wa-‘ishrûna” jusqu’à quatre-vingt-dix.
Dans le recueil authentique (as-Sahîh), il est rapporté : « La foi comprend quelques soixante branches. » Dans une autre version : « … et soixante-dix branches, la plus élevée étant de dire “La ilaha illa Allah” (Il n’est de divinité qu’Allah) et la plus basse consistant à ôter du chemin ce qui peut nuire. » (1)
Quant à celui qui soutient que le pronom dans la parole divine : ﴿فَأَنْسَاهُ الشَّيْطَانُ ذِكْرَ رَبِّهِ﴾ (le Diable lui fit oublier le rappel auprès de son Seigneur) se rapporte à Yûsuf (Joseph), ce qu’il a avancé est jugé faible, même si cela a été rapporté d’après Ibn ‘Abbâs et ‘Ikrima. Le hadith rapporté par Ibn Jarîr (2) à ce sujet est faible sous tous ses aspects. Ibrâhîm ibn Yazîd al-Khawzî al-Makkî l’a rapporté seul, et c’est un transmetteur abandonné (matrûk). Quant au hadith mursal de al-Hasan et de Qatâda, il n’est pas recevable, et a fortiori dans ce cas précis, et Dieu est plus savant.
Pour ce qui est de la parole qu’Ibn Hibbân rapporte dans son recueil authentique (3) au sujet de la raison pour laquelle Yûsuf est resté en prison aussi longtemps, il est dit : « Al-Fadl ibn al-Habâb al-Jumahî nous a informés, Musaddad ibn Musarhad nous a rapporté, Khâlid ibn ‘Abd Allâh nous a transmis, d’après Muhammad ibn ‘Amr, d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra, que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : “Qu’Allah fasse miséricorde à Yûsuf ! Sans la parole qu’il prononça ﴿اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ﴾ (Souviens-toi de moi auprès de ton seigneur), il ne serait pas demeuré en prison le temps qu’il y a passé. Qu’Allah fasse aussi miséricorde à Lût : certes, il se réfugia en un puissant appui lorsqu’il dit à son peuple : ﴿لَوْ أَنَّ لِي بِكُمْ قُوَّةً أَوْ آوِي إِلَى رُكْنٍ شَدِيدٍ﴾ [Hûd : 80]. Après lui, Dieu n’a envoyé aucun prophète sans qu’il ne fût établi dans l’aisance au milieu de son peuple.” » Ce hadith est jugé “munkar” (reprouvé) dans cette chaîne de transmission. Muhammad ibn ‘Amr ibn ‘Alqama rapporte certaines choses isolées qui suscitent l’étonnement, et cette assertion-ci est parmi les plus surprenantes. Ce que rapportent les deux recueils authentiques (al-Bukhârî et Muslim) confirme son erreur, et Dieu sait mieux.
« Et le roi dit : “En vérité, je vois (en songe) sept vaches grasses mangées par sept maigres, et sept épis verts ainsi que d’autres secs. Ô notables, donnez-moi votre interprétation de mon songe, si vous savez interpréter les rêves.” Ils répondirent : “Ce ne sont que des rêves confus et nous ne savons pas interpréter de tels songes.” Or celui des deux (prisonniers) qui fut sauvé se rappela, après un certain temps, et dit : “Je vous en donnerai l’interprétation ; envoyez-moi donc.” (Il vint et dit) : “Ô Yûsuf, homme véridique, éclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que sept maigres dévorent, et de sept épis verts ainsi que d’autres secs, afin que je retourne auprès des gens pour qu’ils sachent.” (Yûsuf) dit : “Vous cultiverez sept années durant, sans relâche ; ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épis, à l’exception d’une petite quantité pour votre consommation. Puis viendront ensuite sept années difficiles qui dévoreront tout ce que vous aurez amassé pour elles, à l’exception d’un peu de ce que vous aurez préservé. Puis viendra…” »