J’aimais le Messager d’Allah (ﷺ) d’un amour profond, tandis que vous —habitants de ce territoire, lieu de l’appel— aviez expulsé celui qui vous invitait à la foi hors de sa terre, l’aviez maltraité lui et ses compagnons, et aviez retardé votre conversion à l’Islam après la mienne, jusqu’à ce qu’arrive le moment que vous exécriez. Marwân regretta alors ces propos qu’il lui avait adressés et se tint sur ses gardes (1).
Ibn Abî Khaythama a rapporté : « Hârûn ibn Ma‘rûf nous a rapporté —Muhammad ibn Salama nous a rapporté— Muhammad ibn Ishâq nous a rapporté d’après ‘Umar (ou ‘Uthmân) ibn ‘Urwa, d’après son père —c’est-à-dire ‘Urwa ibn al-Zubayr ibn al-‘Awwâm— qui a dit : “Mon père, al-Zubayr, m’a dit : ‘Approche-moi de ce Yéménite —il désignait Abû Hurayra— car il rapporte beaucoup de hadiths du Messager d’Allah (ﷺ).’ Je l’en ai donc approché, et Abû Hurayra s’est mis à raconter (des hadiths). De son côté, al-Zubayr répétait : ‘Vrai, faux, vrai, faux.’ Je lui ai alors demandé : ‘Ô père, qu’entends-tu par : vrai, faux ?’ Il me répondit : ‘Mon fils, je ne doute pas qu’il ait entendu ces hadiths du Messager d’Allah (ﷺ). Toutefois, certains sont placés dans leur contexte exact, et d’autres ne le sont pas.’” » (2)
‘Alî ibn al-Madînî a dit, d’après Wahb ibn Jarîr, d’après son père, d’après Muhammad ibn Ishâq, d’après Muhammad ibn Ibrâhîm, d’après Abû Anas (3) ibn Abî ‘Âmir : « J’étais chez Talha ibn ‘Ubayd Allah lorsqu’un homme entra et dit : “Ô Abû Muhammad, par Allah, nous ne savons pas si ce Yéménite est plus savant que vous à propos du Messager d’Allah, ou bien s’il attribue au Messager d’Allah (ﷺ) ce qu’il n’a pas entendu ou ce qu’il n’a pas dit.” Talha répondit : “Par Allah, nous ne doutons pas qu’il ait entendu du Messager d’Allah (ﷺ) ce que nous n’avons pas entendu, et qu’il ait appris de lui ce que nous n’avons pas appris. Nous étions des gens aisés, possédant demeures et familles ; nous venions trouver le Messager d’Allah (ﷺ) aux deux extrémités de la journée puis nous repartions. Quant à lui, il était pauvre, sans biens ni famille : sa main ne quittait pas celle du Messager d’Allah (ﷺ), et il le suivait où qu’il allât. Aussi ne doutons-nous pas qu’il ait su ce que nous n’avons pas su et entendu ce que nous n’avons pas entendu.” At-Tirmidhî l’a rapporté en des termes similaires. » (4)
Shu‘ba a dit, d’après Ash‘ath ibn Sulaym, d’après son père : « J’ai entendu Abû Ayyûb transmettre un hadith de la part d’Abû Hurayra. On lui demanda : “Toi qui es Compagnon du Messager d’Allah (ﷺ), tu rapportes d’Abû Hurayra ?” Il répondit : “Abû Hurayra a sans nul doute entendu ce que nous n’avons pas entendu, et je préfère relater de sa part plutôt que de rapporter du Messager d’Allah (ﷺ) ce que je n’ai pas entendu moi-même.” »
Muslim ibn al-Hajjâj a dit : « ‘Abd Allah ibn ‘Abd al-Rahmân ad-Dârimî nous a relaté —Marwân ad-Dimashqî, d’après al-Layth ibn Sa‘d— celui-ci m’a relaté de Bukayr ibn al-Ashajj, qui a dit : Busr (5) ibn Sa‘îd nous a dit : “Craignez Allah et soyez prudents dans la transmission du hadith, car par Allah, je me souviens que nous étions assis auprès d’Abû Hurayra : il nous rapportait des hadiths du Messager d’Allah (ﷺ) et de Ka‘b al-Ahbâr, puis il partait ; ensuite, j’entendais certains de ceux qui étaient avec nous mêler ce qui venait du Messager d’Allah (ﷺ) avec ce qui venait de Ka‘b, et attribuer à Ka‘b ce qui venait du Messager d’Allah (ﷺ).” »