Yaqoûb ibn Sufyân rapporta : « Saʿîd ibn Abî Maryam nous a rapporté (hadathana), ad-Darâwardî nous a rapporté en disant : Khuthaym ibn (1) ʿArâk ibn Mâlik m’a relaté d’après son père, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) sortit de Médine, laissant la ville sous la responsabilité de Sibâʿ ibn ʿUrfuta. Or, dit Abû Hurayra, j’arrivai à Médine en tant que Muhâjir (2) et je fis la prière de l’aube (ṣubḥ) derrière Sibâʿ. Dans la première rakʿa, il récita la sourate Maryam et, dans la seconde, (la sourate) « Malheur aux fraudeurs » (Waylun lil-Muṭaffifîn).” » Abû Hurayra ajouta : « Je me dis alors en moi-même : “Malheur à Abû Untel !” – c’était un homme de la région d’al-Azd –, car il possédait deux mesures : il mesurait pour lui-même avec l’une et trompait les gens avec l’autre (3). »
Il est fermement établi dans le “Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî” qu’un esclave d’Abû Hurayra se perdit dans la nuit après laquelle il rencontra, au matin, le Messager d’Allah (ﷺ). Or Abû Hurayra se mit à déclamer :
« Ô nuit, que ta longueur fut grande et ta peine immense !
Tandis que tu m’as tout de même tiré de la demeure de la mécréance. »
Puis, lorsqu’il se présenta devant le Messager d’Allah (ﷺ), celui-ci lui dit : « Voici ton esclave. » Abû Hurayra répondit : « Il est affranchi pour la Face d’Allah (4). »
Abû Hurayra demeura constamment auprès du Messager d’Allah (ﷺ). Il ne s’en séparait ni en voyage ni sur place et veillait ardemment à écouter les hadiths de sa bouche et à les comprendre. Il le suivait au point de n’avoir à manger que le strict nécessaire.
Un jour, Abû Hurayra – alors qu’il se mouchait dans une tunique de lin – déclara (5) : « Bakh ! Bakh ! Voilà qu’Abû Hurayra se mouche dans du lin ! Je me souviens qu’autrefois, je m’évanouissais entre la chaire (minbar) et les chambres (ḥujar) à cause de la faim. Les passants disaient : “Il est fou !”, mais je n’étais pas fou, c’était uniquement la faim. Par Allah, en dehors de qui il n’est point de divinité, il m’est arrivé de coller mon ventre à terre sous l’effet de la faim et de nouer une pierre sur mon ventre pour tenir. Bien souvent, je demandais à quelqu’un de me réciter tel ou tel verset alors que je le connaissais mieux que lui, dans le seul espoir qu’il m’emmène chez lui afin de me donner quelque nourriture (6). » Il est aussi celui qui mentionna le récit du lait partagé avec les gens d’Ahl aṣ-Ṣuffa, tel que nous l’avons présenté dans le “Dalâ’il an-nubuwa”.
L’imam Aḥmad (7) a dit : « ʿAbd al-Raḥmân nous a rapporté, ʿIkrima ibn ʿAmmâr (8) nous a rapporté, Abû Kathîr – lequel est… »