Maʿqil ibn Yasar al-Muzani (1) était un illustre Compagnon. Il assista à al-Hudaybiyya et fut celui qui soulevait les branches de l’arbre pour les écarter du visage du Messager de Dieu (ﷺ) au moment où il recevait l’allégeance des gens sous cet arbre. Cet arbre était un « samura » (acacia), mentionné dans le Noble Coran au verset suivant : « Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté serment sous l’arbre » [Al-Fath, 18].
‘Umar le nomma gouverneur de Bassora. Il y creusa le canal qui porte son nom, appelé « Nahr Maʿqil », et y possédait une demeure. Al-Hasan al-Basrî raconte qu’Ubayd Allah ibn Ziyâd se rendit auprès de Maʿqil ibn Yasar pour le visiter durant la maladie dont il mourut. Maʿqil lui dit alors : « Je vais te rapporter un hadith que j’ai entendu du Messager de Dieu (ﷺ). Si je n’étais pas dans l’état où je me trouve, je ne te l’aurais pas communiqué. Je l’ai entendu dire :
“Celui à qui Dieu confie un troupeau d’hommes et qui ne les protège pas par ses conseils ne sentira pas l’odeur du Paradis, alors que l’on en perçoit le parfum à une distance de cent années.” » (2)
[Parmi ceux qui décédèrent cette même année] figure Abû Hurayra ad-Dawsî (3). On a émis différentes opinions quant à son nom à l’époque antéislamique et après sa conversion, de même que pour le nom de son père. Nous avons détaillé la plupart de ces versions dans notre ouvrage « At-Takmîl », et Ibn ʿAsâkir les a également exposées en détail dans son « Târîkh ». La version la plus connue dit que son nom était ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ṣakhr, issu des Azd, clan Daws. On rapporte aussi qu’il se serait d’abord appelé ʿAbd Shams, ou ʿAbd Nuhm, ou ʿAbd Ghanm, et qu’il avait pour kunyah Abû al-Aswad. Le Messager de Dieu (ﷺ) l’aurait renommé ʿAbd Allâh – ou, selon une autre opinion, ʿAbd ar-Raḥmân – et l’aurait surnommé Abû Hurayra.