Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Ouh, oh ! Par Dieu, je n’ai ni commencé ni fini la journée sans que les ayants droit n’aient pris ce qui leur revenait de la fortune d’Araba. Toutefois, prends donc ces deux esclaves. » Il répondit : « Je ne le ferai pas. » Alors il lui dit : « Si tu ne les prends pas, ils seront libres ; si tu le souhaites, affranchis-les, et si tu le souhaites, prends-les. » Puis il se mit à chercher le mur avec sa main.

Il raconta ensuite : « Il les prit et les conduisit à leurs propriétaires. Les gens jugèrent qu’Ibn Ja‘far avait fait preuve d’une grande générosité en biens, ce qui n’était pas surprenant de sa part, si ce n’est que le sabre (ou l’épée) est le don le plus noble. De même, on rapporte que Qays était l’un des hommes les plus généreux : il laissa sa servante disposer de ses biens sans qu’il le sache, trouva son action louable et l’affranchit en guise de remerciement pour ce qu’elle avait fait. Tous s’accordèrent pour dire que le plus généreux des trois était Araba al-Awsî, parce qu’il donna tout ce qu’il possédait, ce qui constitue (1) l’effort ultime de celui qui ne possède que peu.

Sufyân ath-Thawrî rapporta, d’après ‘Amr, d’après (2) Abû Sâlih : « Sa‘d ibn ‘Ubâda partagea ses biens entre ses enfants, puis se rendit en Syrie (ash-Shâm) où il mourut. Un enfant naquit après son décès. Abû Bakr et ‘Umar vinrent alors auprès de Qays ibn Sa‘d et dirent : “Ton père a partagé ses biens sans tenir compte de la situation de cet enfant, car il était alors porté dans le ventre de sa mère. Attribuez-lui donc une part parmi vous.” Qays répondit : “Je ne changerai pas ce qu’a fait Sa‘d, mais je lui donne ma part.” » Ce récit a été rapporté par ‘Abd ar-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après Ayyûb, d’après Muhammad ibn Sîrîn. Il a également été rapporté par ‘Abd ar-Razzâq, d’après Ibn Jurayj : « ‘Atâ’ m’en a informé », puis il l’a mentionné.

Ibn Abî Khaythama déclara : « Abû Nu‘aym nous a transmis — Mis‘ar nous a transmis, d’après Ma‘bad ibn Khâlid, qui a dit : “Qays ibn Sa‘d gardait toujours son doigt de témoignage (index) levé, c’est-à-dire qu’il invoquait (3).” »

Hishâm ibn ‘Ammâr dit : « Al-Jarrâh ibn Malîh nous a transmis — Abû Râfi‘ nous a transmis, d’après Qays ibn Sa‘d, qui a dit : “Si je n’avais pas entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘La ruse et la tromperie mènent en enfer’, je serais le plus rusé de cette communauté (4).” »

Az-Zuhrî déclara : « Les fins stratèges (‘duhât’) parmi les Arabes lorsque la discorde éclata furent au nombre de cinq : Mu‘âwiyya, ‘Amr ibn al-‘Âs, al-Mughîra ibn Shu‘ba, Qays ibn Sa‘d, et ‘Abd Allâh ibn Budayl (5). Ces deux derniers (6) se trouvaient aux côtés d‘Alî, tandis que al-Mughîra se tenait à l’écart à at-Tâ’if jusqu’à ce que les deux arbitres (7) fussent désignés, puis il se rallia à Mu‘âwiyya. »

(1) Une omission dans B. (2) Cela apparaît dans l'édition imprimée de BN et constitue une erreur. La mention se trouve dans "Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ" (3/107). (3) "Tārīkh Ibn ʿAsākir" (14/230/B). (4) Rapporté par Ibn ʿAdī dans "al-Kāmil" (2/584) et al-Bayhaqī dans "al-Shuʿab" n° 5268 ; c'est un hadith ḥasan avec une chaîne de transmission. Al-Ḥāfidh a commenté dans "al-Fatḥ" (4/298) qu'il est acceptable. Aussi rapporté par al-Ṭabarānī dans "al-Ṣaghīr" d'après Ibn Masʿūd, al-Ḥākim dans son "Mustadrak" d'après Anas, et Isḥāq ibn Rāhūyah dans son "Musnad" d'après Abū Hurayra. Chacune de ces chaînes présente des critiques, mais leur ensemble montre que le texte a une base authentique, ce qui en fait un hadith ḥasan. Le sens du hadith est que la ruse et la tromperie conduisent leur auteur en Enfer. (5) Une altération dans B en "Hudhayl". L'information se trouve dans "Tārīkh al-Ṭabarī" (5/164). ʿAbdullāh ibn Budayl est le fils de Waraqah al-Khuzaʿī, un compagnon éminent, chef de la tribu Khuzaʿah, réputé pour son éloquence depuis sa jeunesse, tué le jour de Ṣiffīn. (6) Les deux derniers désignent Qays ibn Saʿd et ʿAbdullāh ibn Budayl. (7) Dans l'édition imprimée : "les deux plaideurs".
أوَّه أوه، واللَّه ما أصبحتُ ولا أمسيتُ وقد تركتِ الحقوقُ من مال عَرَابة شيئًا، ولكن خذ هذين العبدَين، قال: ما كنت لأفعل، فقال: إن لم تأخذهما فهما حرّان، فإن شئت فأعتق، وإن شئت فخذ. وأقبل يلتمس الحائط بيده. قال: فأخذهما وجاء بهما إلى صاحبيه. قال: فحكم الناس على أنَّ ابن جعفر قد جاد بمال عظيم، وأنَّ ذلك ليس بمستنكر له، إلَّا أن السَّيف أجلها. وأن قيسًا أحد الأجواد، حكَّم مملوكته في ماله بغير علمه، واستحسن فعلها، وعتقها شكرًا لها على ما فعلت. وأجمعوا على أن أسخى الثلاثة عَرَابة الأوسي [لأنه جاد بجميع ما يملكه، وذلك] (١) جهد من مقلّ. وقال سفيان الثوري: عن عمرو، عن (٢) أبي صالح قال: قسم سعد بن عبادة ماله بين أولاده، وخرج إلى الشام فمات بها، فوُلد له ولد بعد وفاته، فجاء أبو بكر وعمر إلى قيس بن سعد فقالا: إن أباك قسم ماله ولم يعلم بحال هذا الولد إذ كان حَمْلًا، فاقسِمُوا له معكم. فقال قيس: إنِّي لا أغيِّر ما فعله سعد، ولكن نصيبي له. ورواه عبد الرزاق عن معمر عن أيوب عن محمد بن سِيرين، فذكره. ورواه عبد الرزاق عن ابن جُريج: أخبرني عطاء، فذكره. وقال ابن أبي خَيْثمة: حدَّثنا أبو نعيم، حدَّثنا مِسْعَر، عن مَعْبد بن خالد قال: كان قيس بن سعد لا يزال هكذا رافعًا أصبُعَه المسبحة - يعني يدعو (٣) . وقال هشام بن عمّار: حدَّثنا الجرّاح بن مَليح، حدَّثنا أبو رافع، عن قيس بن سعد قال: لولا أني سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "المكرُ والخَدِيعَةُ في النار" لكنت من أمكر هذه الأمّةُ (٤) . وقال الزهري: دُهاة العرب حين ثارت الفتنة خمسة: معاوية، وعمرو بن العاص، والمُغيرة بن شُعبة، وقيس بن سعد، وعبد اللَّه بن بُدَيل (٥) وكانا (٦) مع علي، وكان المغيرة معتزلًا بالطائف حتى حُكِّم الحكمان (٧) فصار إلى معاوية.
(١) سقط من ب. (٢) وقعت في المطبوع بن وهو خطأ. والخبر في سير أعلام النبلاء (٣/ ١٠٧). (٣) تاريخ ابن عساكر (١٤/ ٢٣٠/ ب). (٤) أخرجه ابن عدي في الكامل (٢/ ٥٨٤) والبيهقي في "الشعب" رقم (٥٢٦٨) وهو حديث حسن بسند قال فيه الحافظ في الفتح (٤/ ٢٩٨) لا بأس به. وأخرجه الطبراني في الصغير من حديث ابن مسعود، والحاكم في مستدركه من حديث أنس، وإسحاق بن راهويه في مسنده من حديث أبي هريرة. وفي إسناد كل منها مقال، لكن مجموعها يدل على أن للمتن أصلًا، فهو حسن. ومعنى الحديث: أن المكر والخديعة يؤديان بقاصدهما إلى النار. (٥) تحرف في ب إلى: هذيل. والخبر في تاريخ الطبري (٥/ ١٦٤). وعبد اللَّه بن بديل هو ابن ورقاء الخزاعي. صحابي جليل، انتهت إليه رئاسة خزاعة، وكان فصيحًا لسنًا، قتل يوم صفين. (٦) يعني الأخيرين: قيس بن سعد، وعبد اللَّه بن بديل. (٧) في المطبوع: الخصمان.

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