Sixièmement : Ses ouvrages
[Préambule]
Ibn Kathir vécut une vie scientifique variée et accomplie. Il la commença au sein de sa famille, déjà versée dans la science, puis l’acheva par un enseignement supérieur à Damas la radieuse, célèbre pour ses maîtres et ses grands auteurs. Il s’y trouva entouré de près par son professeur Ibn Taymiyya, son beau-père – le père de son épouse – Abou al-Ḥajjāj al-Mizzī, son maître al-Dhahabī, et son compagnon Ibn al-Qayyim : tous écrivirent des ouvrages, composèrent et charmèrent les oreilles par ce qu’ils dictaient et rédigeaient.
Lorsque Ibn Kathir eut la possibilité d’entrer dans le domaine de l’enseignement par la plus grande des portes, le rang éminent de professeur auquel il accéda l’exhorta à écrire et à composer. Il était tout naturel que la plume d’un hāfiẓ, d’un exégète, d’un historien et d’un juriste tel que lui produise de nombreux livres, aux sujets variés, au style original, au fond avancé : certains brefs, d’autres encyclopédiques et volumineux.
• Il est frappant de constater qu’Ibn Kathir commença à écrire très tôt. Cela apparaît notamment dans la composition du livre « Al-Aḥkām ‘alā Abwāb al-Tanbīh » alors qu’il était encore jeune (1). Son maître, Burhān al-Dīn al-Fazārī, en prit connaissance, l’admira et le loua.
Il en va de même lorsque ‘Izz al-Dīn Ibn Jamā‘a – maître d’Ibn Kathir – arriva à Damas en l’an 725 de l’Hégire. Il fit venir Ibn Kathir et bénéficia de son concours pour l’extraction des hadiths du Rāfi‘ī (2), preuve de son excellence précoce en science du hadith et de sa maîtrise dans l’art d’en vérifier les chaînes de transmission.
La passion d’écrire se maintint chez lui jusqu’après soixante-dix ans, alors même qu’il perdit la vue alors qu’il achevait son grand ouvrage de hadith. Il s’en ouvrit à son élève Ibn al-Jazarī, en lui précisant : « Je n’ai cessé d’écrire dans “Jāmi‘ al-Masānīd” la nuit, malgré la faible lueur de la lampe, jusqu’à en perdre la vue » (3).
• Ses livres connurent une large diffusion de son vivant. Plusieurs copies de son « Ikhtiṣār ‘Ulūm al-Ḥadīth » furent lues devant lui, et sa « Sīra nabawiyya » fut récitée dans la grande mosquée omeyyade, sous la coupole de l’Aigle (4). Son ouvrage « Jāmi‘ al-Masānīd » parvint