Al-Boukhârî a rapporté d’après ʿĀʾisha : « Le Prophète (ﷺ) déclara un jour : “Ô ʿĀʾish, voici Jibrîl qui te présente ses salutations.” Elle répondit : “Que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui. Tu vois ce que je ne vois pas.” (1)
Il est également établi dans le Ṣaḥīḥ d’Al-Boukhârî que les gens attendaient le jour d’ʿĀʾisha pour offrir leurs présents, si bien que les épouses du Prophète (ﷺ) se rassemblèrent auprès d’Umm Salama et lui dirent : « Dis-lui d’ordonner aux gens d’apporter leurs offrandes où qu’il se trouve. » Umm Salama rapporte : « Quand il entra chez moi, je le lui ai dit, et il s’est détourné de moi. Puis elles m’ont de nouveau envoyée, je le lui ai répété, et il s’est à nouveau détourné. Lorsque mon tour revint, je l’en ai informé encore, et il me répondit : “Ô Umm Salama, ne me blesse pas en ce qui concerne ʿĀʾisha, par Dieu, la Révélation ne m’est jamais parvenue alors que je me trouvais sous la couverture d’aucune autre femme parmi vous.” »
On rapporte qu’elles envoyèrent alors Fâṭima, la fille du Prophète (ﷺ), auprès de lui, et elle lui dit : « Tes femmes te demandent l’équité à l’égard de la fille d’Abû Bakr ibn Abî Quḥâfa. » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Ô ma fille, n’aimes-tu pas ce que j’aime ? » Elle répliqua : « Bien sûr. » Il lui dit : « Aime donc celle-ci. » Elles dépêchèrent ensuite Zaynab bint Jaḥch. Elle entra auprès du Prophète (ﷺ), qui se trouvait alors avec ʿĀʾisha. Zaynab parla et s’en prit à ʿĀʾisha [qui se défendit et la réduisit au silence. Le Prophète (ﷺ) regardait ʿĀʾisha] (2) puis déclara : « Elle est la fille d’Abû Bakr. » (3)
Il est par ailleurs relaté que, lorsque ʿAmmâr vint appeler et encourager les gens à combattre Ṭalḥa et al-Zubayr lors de la bataille du Chameau, il monta, accompagné d’al-Ḥasan ibn ʿAlî, sur la chaire à Koufa. Il entendit alors un homme s’attaquer à ʿĀʾisha et lui dit : « Tais-toi, misérable et rejeté ! Par Dieu, elle est bien l’épouse du Messager de Dieu (ﷺ) en ce monde et dans l’au-delà. Mais Dieu vous éprouve pour savoir si c’est Lui que vous allez suivre ou si c’est elle. » (4)
L’imam Aḥmad a dit : « Nous a raconté Muʿâwiya ibn ʿAmr — qui tenait de Zaʾida, lequel tenait d’ʿAbd Allāh ibn Khuthaym, de ʿAbd Allāh ibn Abî Mulayka, et celui-ci de Dhakwân, l’affranchi de ʿĀʾisha — que ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs vint demander la permission d’entrer auprès de ʿĀʾisha. Je m’approchai alors, tandis qu’au chevet de ʿĀʾisha se trouvait son neveu ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Raḥmân. Je dis : “C’est Ibn ʿAbbâs qui souhaite entrer.” Son neveu, ʿAbd Allâh, se pencha vers elle et dit : “C’est ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs, l’un de tes proches pieux, qui te salue et vient te dire adieu.” Elle répondit : “Laisse-moi donc en paix avec Ibn ʿAbbâs.” Il insista : “Ô ma mère, il fait partie de tes fils vertueux, il te salue et veut te faire ses adieux.” Elle dit alors : “Fais-le entrer si tu veux.” Je l’autorisai à entrer. Lorsqu’il fut assis, il s’exclama : “Réjouis-toi !” Elle demanda : “De quoi ?” Il répondit : “Il ne te sépare de la rencontre avec Muḥammad et ceux que tu aimes que le départ de l’âme du corps. Tu as été la plus aimée parmi les femmes du Messager de Dieu (ﷺ), et il n’aimait que ce qui est bon. Un jour, ton collier tomba de nuit à al-Abwâ, si bien qu’au matin le Prophète (ﷺ) et les gens n’avaient pas d’eau. Dieu révéla alors l’āyah du tayammum (5), c’est-à-dire la dispense octroyée à cette communauté à cause de toi. De plus, Dieu a affirmé ton innocence depuis les sept cieux par l’Esprit fidele (Jibrîl), si bien que dans toutes les mosquées de Dieu, ce passage est récité à toute heure du jour et de la nuit.” »