Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils se rendaient, lui et son frère ʿAbd Allāh, à Médine. Ainsi, ʿAbd Allāh les comblait de savoir tandis que ʿUbayd Allāh les comblait de générosité.

On rapporte qu’il arriva qu’il fit halte, lui et son serviteur, près de la tente d’un Bédouin. Lorsque celui-ci le vit, il le tint en grande estime et le respecta, admirant sa beauté et son allure. Il s’adressa alors à sa femme en disant : « Malheur à toi ! Qu’as-tu à offrir à notre invité ? » Elle répondit : « Nous n’avons que cette petite brebis (1) dont le lait fait vivre ta fille. » Il dit : « Nous devons absolument l’égorger. » Elle demanda : « Vas-tu tuer ta fille ? » Il répliqua : « Oui, en effet. » Puis il saisit le couteau et la brebis, et se mit à l’égorger et à l’écorcher tout en déclamant sur un ton de rajaz :

« Ô ma voisine, ne réveille pas la fillette !
Si tu la réveilles, elle me pleurera,
et elle m’arrachera le couteau des mains. »

Ensuite, il prépara la brebis en plat, l’apporta et la posa devant ʿUbayd Allāh et son serviteur afin qu’ils prennent leur repas. Or, ʿUbayd Allāh avait entendu la conversation entre cet homme et sa femme au sujet de la brebis.

Lorsqu’il s’apprêta à repartir, il dit à son serviteur : « Malheur à toi ! De combien d’argent disposes-tu ? » Le serviteur répondit : « Il me reste cinq cents dinars de tes frais. » Il reprit : « Remets-les à ce Bédouin. » Le serviteur s’exclama : « Gloire à Dieu ! Tu lui donnes cinq cents dinars alors qu’il n’a fait que t’égorger une seule brebis valant cinq dirhams ? » ʿUbayd Allāh répondit : « Malheur à toi ! Par Dieu, il est plus généreux et plus noble que nous : nous ne lui avons donné qu’une partie de nos biens, tandis que lui nous a offert tout ce qu’il possédait [et il a fait preuve de toute sa générosité envers nous]. »

La nouvelle parvint alors à Muʿāwiya, qui s’exclama : « Qu’Allah loue ʿUbayd Allāh ! De quel œuf est-il donc sorti [et de quel nid a-t-il donc émergé] ? »

Khalīfa ibn Khayyāṭ (4) a dit : il mourut l’an 58. D’autres affirment qu’il mourut à l’époque de Yazīd ibn Muʿāwiya. Abū ʿUbayd al-Qāsim ibn Sallām a déclaré qu’il mourut en l’an 87. Sa mort eut lieu à Médine, bien que certains disent qu’elle eut lieu au Yémen. Il ne transmit qu’un seul hadith.

Aḥmad a dit : « Hushaym nous a rapporté, en disant : “Yaḥyā ibn [Abī] (5) Isḥāq a transmis de Sulaymān ibn Yasār, d’après ʿUbayd Allāh ibn ʿAbbās, lequel déclara : ‘Al-Ghumaysāʾ (6) – ou al-Rumaysāʾ – vint trouver le Messager d’Allah (ﷺ) pour se plaindre de son mari, affirmant qu’il ne parvenait pas à la satisfaire. Peu de temps après, son mari arriva et prétendit qu’elle mentait et qu’elle voulait retourner auprès de son premier mari.’” »

Le Messager d’Allah (ﷺ) déclara alors : « Tu n’as pas le droit de faire cela tant qu’un autre homme n’aura pas goûté à ta douceur » (7).

(1) « Al-Chuwayha » : diminutif de « chāh », désignant une brebis, al-‘Unayza. (2) Entre deux parenthèses, il manque le mot commençant par la lettre « b ». (3) Entre deux parenthèses, il manque le mot commençant par la lettre « ’alif ». Le récit se trouve dans al-Jalīs al-Ṣāliḥ (1/548) et dans l’histoire d’Ibn ‘Asākir, abrégé (15/327-329), avec quelques différences dans le vocabulaire. (4) Dans son histoire (p. 225). (5) Omis dans les sources originelles, nous l’avons complété d’après le Musnad et d’autres. (6) Il y a eu une altération dans (’A) et (Ṭ) en « al-‘Amayṣā’ ». (7) Rapporté par Ahmad dans son Musnad (1/214), il s’agit d’un hadith authentique. L’expression « ḥattā yadhūqa ‘asīlataka » est une allusion au rapport sexuel.
وكان يقدم هو وأخوه عبد اللَّه المدينة، فيوسعهم عبد اللَّه علْمًا ويوسعهم عبيد اللَّه كَرَمًا. وقد روي أنه نزل في مسيبر له مع مولى له على خيمة رجل من الأعراب، فلمّا رآه الأعرابيُّ أعظمه وأجلَّه، ورأى حسنه وشكله، فقال لامرأته: ويحكِ ماذا عندك لضيفنا هذا؟ ! فقالت: ليس عندنا إلّا هذه الشُّويهة (١) التي حياةُ ابنتِك من لبنها، فقال: إنه لا بدَّ من ذبحها، فقالت: أتقتلُ ابنتَك؟ فقال: وإن، فأخذ الشفرة والشاة وجعل يذبحُها ويسلخُها وهو يقول مرتجزًا: يا جَارَتي لا تُوْقِظي البُنَيَّهْ إنْ تُوْقِظيها تَنْتَحِبْ عَلَيَّهْ وتَنْزِعِ الشَّفْرَةَ من يَدَيَّهْ ثم هيَّأها طعامًا، ثم حملَها فوضعها بين يدي عبيد اللَّه ومولاه، فعشّاهما. وكان عبيد اللَّه قد سمع محاورته مع امرأته في الشاة، فلمّا أراد الارتحال قال لمولاه: ويلك ماذا معك من المال؟ فقال: معي خمسمئة دينار فضَلَت من نفقتك، فقال: ادفعها إلى الأعرابي، فقال: سبحان اللَّه! تعطيه خمسمئة دينار وإنما ذبح لك شاةً واحدة تساوي خمسة دراهم؟ ! فقال: ويحك! واللَّه لهو أسخى منّا وأجود، لأنَّا إنما أعطيناه بعض ما نملك [وجاد علينا بجميع ما يملك] (٢) وآثَرَنا على مُهْجة نفسه وولده. فبلغ ذلك معاوية فقال: للَّه درُّ عبيد اللَّه من أي بيضة خَرَج [ومن أي عُشٍّ دَرَج] (٣) . قال خليفة بن خياط (٤) : توفي سنة ثمان وخمسين. وقال غيره: توفي في أيام يزيد بن معاوية. قال أبو عبيد القاسم بن سلّام: توفي في سنة سبع وثمانين. وكانت وفاته بالمدينة، وقيل: باليمن. وله حديث واحد. قال أحمد: حدّثنا هُشيم، حدّثنا يحيى بن [أبي] (٥) إسحاق، عن سليمان بن يسار، عن عُبيد اللَّه بن عباس قال: جاءت الغُمَيْصاء (٦) -أو الرُّمَيْصاء- إلى رسول اللَّه ﷺ تشكو زوجَها تزعمُ أنَّه لا يصلُ إليها، فما كان إلَّا يسيرًا حتّى جاء زوجُها فزعم أنَّها كاذبة وأنَّها تريد أن ترجعَ إلى زوجها الأوَّل، فقال رسول اللَّه ﷺ : "ليسَ لَكِ ذلكَ حتَّى يَذُوقَ عُسَيْلَتَكِ رجلٌ غيرُه" (٧) .
(١) "الشويهة": تصغير شاة، العُنيزة. (٢) ما بين حاصرتين سقط من ب. (٣) ما بين حاصرتين سقط من أ. والخبر في الجليس الصالح (١/ ٥٤٨) وتاريخ ابن عساكر، مختصره (١٥/ ٣٢٧ - ٣٢٩) مع اختلاف ببعض الألفاظ. (٤) في تاريخه (ص ٢٢٥). (٥) سقطت من الأصول، فاستدركناها من المسند وغيره. (٦) تحرفت في (أ) و (ط) إلى: العميصاء. (٧) أخرجه أحمد في مسنده (١/ ٢١٤) وهو حديث صحيح. وقوله: "حتى يذوق عسيلتك" كناية عن الجِماع.

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