Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’il mourut, son décès eut lieu en un endroit nommé al-Ḥubshī, situé à environ six milles de La Mecque – certains avancent douze milles. Les hommes le portèrent alors sur leurs épaules jusqu’à ce qu’il fût inhumé dans la partie haute de La Mecque.

Lorsque ʿĀʾisha arriva à La Mecque, elle se rendit sur sa tombe et declara : « Par Dieu, si j’avais assisté à tes derniers instants, je n’aurais pas pleuré sur toi ; et si j’avais été auprès de toi, je ne t’aurais pas déplacé du lieu où tu es mort. » Puis elle récita les vers de poésie de Mutammim ibn Nuwayra dédiés à la mémoire de son frère Mâlik :
« Nous étions comme les deux compagnons de boisson de Jadhīma pendant un certain temps,
au point que l’on croyait qu’ils ne se sépareraient jamais.
Quand nous nous sommes finalement quittés, il me semble qu’entre Mâlik et moi,
malgré la longueur du temps partagé, nous n’avons jamais passé ne fût-ce qu’une seule nuit ensemble. »

Ce récit a été rapporté par at-Tirmidhī et d’autres (1).

Ibn Saʿd a également rapporté qu’Ibn ʿUmar vit une tente dressée sur la tombe de ʿAbd al-Raḥmān – quʿĀʾisha avait fait ériger après son départ – et il ordonna qu’on l’enlève, disant : « Seules ses œuvres lui serviront de protection. »

Selon de nombreux historiens, il serait décédé cette même année. Il est aussi dit que ʿAbd al-Raḥmān est mort en l’an 53 (de l’Hégire), affirmation partagée par al-Wāqidī, son secrétaire Muḥammad ibn Saʿd, Abū ʿUbayd et plusieurs autres. Selon une autre opinion, il serait décédé en 54. Dieu sait mieux.

• Son histoire avec Laylā bint al-Jūdī, roi des Arabes du Shām

Al-Zubayr ibn Bakkār rapporte, d’après un récit de Muḥammad ibn al-Ḍaḥḥāk al-Ḥizāmī tenu de son père, que ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Bakr aṣ-Ṣiddīq se rendit en Syrie pour y faire du commerce, à une époque où il était encore dans la Jāhiliyya (ère préislamique). Là-bas, il aperçut une femme du nom de Laylā, fille d’al-Jūdī, assise sur une large tenture (2), entourée de ses servantes (3). Il en fut épris.

Selon Ibn ʿAsākir, il la vit dans la région de Buṣrā, et il composa ces vers :
« Je me suis souvenu de Laylā alors que l’étendue nous sépare :
qu’est-ce donc que Laylā, la fille d’al-Jūdī, pour moi ?
Comment une femme ḥārithiyya pourrait-elle accorder son cœur,
elle qui se rend à Buṣrā ou réside à al-Jawābiyā ?
Et comment pourrais-je la rencontrer ? Peut-être nous reverrons-nous
si lors du prochain Pèlerinage elle venait à s’y rendre. »

On raconte ensuite qu’au moment où ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb envoya son armée en Syrie, il recommanda au commandant des troupes : « Si tu t’empares de Laylā bint… » (le récit continue).

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(1) Rapporté par at-Tirmidhī et d’autres.
(2) Tonfiṣa : étoffe ou tapis épais.
(3) Walāʾid : servantes ou jeunes esclaves.

(1) Rapporté par at-Tirmidhî (1055) dans le chapitre des funérailles : « La visite des femmes aux tombes ». Sa chaîne de transmission est faible, car elle comporte la répétition d'Ibn Jurayj, toutefois elle est rapportée par ʿAbd ar-Razzāq dans son Muṣannaf numéro (6535), où Ibn Jurayj précise qu'il a entendu cela directement, ce qui élimine le défaut et confirme le hadith. De plus, cet hadith est mentionné par l'auteur d'Al-Aghānī (15/309) dans la biographie de Mutammim ibn Nawīrah. (2) « Al-Tanfasa » : le tapis ayant une fine frange. (3) « Al-Walāʾid » : les esclaves et les serviteurs. (4) J’ai recherché la graphie correcte dans l’édition imprimée et une erreur s’y est glissée : « fa mālatu bint ». Ce qui nuit au sens.
ولما توفي كانت وفاته بمكان يقال له الحُبْشِي -على ستة أميال من مكة، وقيل اثني عشر ميلًا- فحملَه الرجال على أعناقهم حتى دُفن بأعلى مكة، فلمّا قدمتْ عائشة مكة زارته وقالت: أما واللَّه لو شهدتُك لم أبكِ عليك، ولو كنت عندك لم أنقلك من موضعك الذي متَّ فيه، ثم تمثَّلت بشعر مُتَمِّم بن نُوَيرة في أخيه مالك: وكنّا كَنْدمانَيْ جَذِيمةَ بُرْهةً … منَ الدَّهر حتّى قيلَ لنْ يتصَدَّعا فلمّا تفرَّقنا كأنِّي ومالكًا … لطُولِ اجتماعٍ لم نَبِتْ ليلةً مَعَا رواه الترمذي وغيره (١) . وروى ابن سعد: أن ابن عمر رأى فُسْطاطًا مضروبًا على قبر عبد الرحمن -ضربته عائشةُ بعد ما ارتحلت- فأَمر بنزعه وقال: إنَّما يُظِلُّه عملُه. وكانت وفاته في هذا العام في قول كثير من علماء التاريخ، ويقال: إن عبد الرحمن توفي سنة ثلاث وخمسين، قاله الواقدي وكاتبه محمد بن سعد وأبو عبيد وغير واحد، وقيل: سنة أربع وخمسين. فاللَّه أعلم. قصَّتُه مع لَيْلى بنت الجُوديِّ ملك عرب الشّام قال الزبير بن بكّار: حدّثني محمد بن الضحّاك الحزامي عن أبيه: أن عبد الرحمن بن أبي بكر الصدِّيق قدم الشام في تجارة -يعني في زمان جاهليته- فرأى هنالك امرأة يقال لها ليلى ابنة الجُوديّ على طِنْفِسَة (٢) لها وحولها ولائدها (٣) ، فأعجبته - قال ابن عساكر: رآها بأرض بصرى- فقال فيها: تذكَّرتُ لَيْلى والسَّماوَةُ دونَها … فما (٤) لابنةِ الجُوديِّ ليلى وماليا وأنَّى تُعاطِي قلبَه حارثيَّةٌ … تَؤُمَّنَّ بُصْرى أو تَحُلُّ الجَوابيا وأنَّى تُلاقيها بَلى ولعلَّها … إنِ الناسُ حَجُّوا قابلًا أنْ تُوافيا قال: فلمّا بعث عمر بن الخطاب جيشه إلى الشام قال للأمير على الجيش: إنْ ظفرتَ بليلى بنت
(١) أخرجه الترمذي (١٠٥٥) في الجنائز: باب زيارة النساء للقبور. وإسناده ضعيف، لأن فيه عنعنة ابن جريج، لكن رواه عبد الرزاق في مصنفه رقم (٦٥٣٥) وفيه تصريح ابن جريج بالسماع، فانتفت العلة وثبت الحديث. وأورده صاحب الأغاني (١٥/ ٣٠٩) ضمن ترجمة متمم بن نويرة. (٢) "الطنفسة": البساط الذي له خمل رقيق. (٣) "الولائد": الجواري والخدم. (٤) تحرت رسمها في المطبوع فوقعت فيه: فمالُ ابنة. مما أخل بالمعنى.

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