Il (le Prophète) le trouva frais, et il porta son regard sur lui. [Aïcha saisit alors ce siwak, le mordit, le rendit plus doux puis le remit au Messager d’Allah (ﷺ). Il s’en servit de la meilleure façon, puis dit : « Ô Seigneur, [place-moi] dans la Compagnie Suprême. » Ensuite, il expira. Aïcha déclara : « Ainsi, Allah a uni ma salive à la sienne ; il est mort entre ma poitrine et mon cou, dans ma maison, le jour qui m’était attribué, sans que je ne lèse quiconque. »] (1)
‘Abd al-Rahmân assista ensuite à la conquête d’al-Yamâma. Ce jour-là, il tua sept hommes. C’est lui qui vint à bout de Muḥakkam ibn al-Ṭufayl (2), l’allié de Musaylima dans son égarement. Muḥakkam était posté à une brèche dans un mur ; ‘Abd al-Rahmân le visa et l’atteignit. Muḥakkam tomba, et les musulmans pénétrèrent par la brèche pour parvenir jusqu’à Musaylima et le tuer.
Il fut également témoin de la conquête du Shâm (la Syrie). Il jouissait d’un grand respect parmi les gens de l’Islam. On lui attribua Laila bint al-Jûdî, la reine des Arabes du Shâm, en butin de guerre, sur ordre de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, par l’intermédiaire de Khâlid ibn al-Walîd, comme nous le détaillerons plus loin.
‘Abd al-Razzâq rapporte, d’après Ma‘mar, d’après al-Zuhrî, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib, qui déclare : « ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr – dont nous n’avons jamais connu le moindre mensonge – me raconta l’histoire suivante : Lorsque la prestation d’allégeance (bay‘a) à Yazîd ibn Mu‘âwiya parvint à Médine, ‘Abd al-Rahmân dit à Marwân : “Par Dieu, vous l’avez transformée en monarchie byzantine (hiraqliyya) et persane (kisrawiyya)”, c’est-à-dire un roi qui transmet le pouvoir à ses enfants. Marwân répliqua : “Tais-toi ! C’est toi qu’Allah a visé par : ﴿Et celui qui dit à ses père et mère : ‘Fi à vous deux ! Me promettez-vous qu’on me fera sortir [de la tombe] ?﴾ [al-Ahqâf : 17].” » Aïcha déclara alors : « Allah n’a rien révélé dans le Coran au sujet de notre famille, hormis le verset dans lequel Il a proclamé mon innocence. » On rapporte qu’elle envoya un message à Marwân pour le réprimander, mentionnant un récit (relatant un blâme contre lui et son père) qui n’est pas jugé authentique.
Al-Zubayr ibn Bakkâr dit : « Ibrâhîm ibn Muḥammad ibn (3) ‘Abd al-‘Azîz al-Zuhrî m’a raconté, d’après son père, d’après son grand-père, que Mu‘âwiya envoya à ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr cent mille dirhams, après que celui-ci eut refusé de prêter allégeance à Yazîd ibn Mu‘âwiya. ‘Abd al-Rahmân refusa (4) de les accepter en disant : “Vais-je vendre ma religion pour un gain terrestre ?!” Puis il quitta Médine pour la Mecque et y mourut. »
Abû Zur‘a ad-Dimachqî (5) rapporte : « Abû Mus’hir nous a relaté, d’après Mâlik, lequel a dit : ‘ ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Bakr s’est éteint au cours d’un sommeil.’ » Abû Muṣ‘ab le transmet aussi, d’après Mâlik, d’après Yaḥyâ ibn Sa‘îd, en ajoutant : « Aïcha affranchit alors des esclaves pour son repos. » Sufyân ath-Thawrî l’a également rapporté, d’après Yaḥyâ ibn Sa‘îd, d’après al-Qâsim, et il en fit mention.